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mardi, 23 octobre, 2018
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Le peuple veut être maître de son destin

10 octobre 2018 à 1 h 56 min

«Il n’y a rien de plus puissant qu’une idée dont l’heure est venue.» (Victor Hugo )

Abdelaziz Bouteflika a balisé la route qui le mènera au règne à vie. Le problème de l’Algérie, qui est sortie de l’ère coloniale pour entrer dans celle de la dictature, résulte de ses dirigeants qui veulent rester longtemps ou à vie au pouvoir, auquel ils ont accédé d’abord par un coup d’Etat par les armes, puis par les urnes.

Au niveau de l’Etat coexistent deux pouvoirs : celui du président de la République ; celui des décideurs de l’armée qui l’ont hissé au plus haut niveau de l’Etat et auxquels il est soumis car ils peuvent le destituer. Qui commande l’armée, centre du pouvoir où s’élabore la politique qui commande le pays. Devant qui est responsable le Président ? L’armée.

Les décideurs de l’armée se sont rendu compte que les trois priorités du président Bouteflika sont : prendre le pouvoir, puis s’attribuer tous les pouvoirs pour le garder et l’exercer, afin de gouverner et de régner sans contrôle, sans partage et sans contre-pouvoir. Pouvoir personnel et culte de la personnalité ont fait de lui l’homme providentiel, idolâtré par ses partisans.

Le président Bouteflika prétendait incarner la fonction présidentielle et réhabiliter son autorité abîmée par ses prédécesseurs, qualifiés de «présidents stagiaires». Il est vite gagné par l’ivresse du pouvoir et il est devenu un monarque omnipotent, passant du régime présidentiel au régime césariste qui est un courant traditionnel du totalitarisme, qui sollicite l’homme providentiel pour redresser le pays.

Il ne se soucie ni de la Constitution qu’il modifie à sa guise, ni des lois du pays, ni des conventions et pactes internationaux ratifiés par le Parlement, plaçant l’Algérie dans le palmarès des violations des droits humains. L’abolition de la limite à deux mandats présidentiels en 2008 prescrits par la Constitution lui permet de conserver le pouvoir à vie.

Le président Bouteflika qui refusait d’être «un trois quarts de président» a réussi, après un long combat qui a commencé en 2005 et s’est terminé en 2013, à reprendre le pouvoir à la hiérarchie militaire avec qui il a composé 10 années durant. En janvier 2013, il a procédé à la dissolution du puissant DRS, Etat dans l’Etat dirigé par le général de corps d’armée Médiène dit Toufik. «Reb El Dzaïr» (le dieu d’Alger), mis à la retraite, qui a fait de lui un roi pour être roi par lui-même.

Il a repris le pouvoir aux militaires pour être le seul pouvoir. Le pouvoir, tout le pouvoir, le pouvoir à vie est désormais entre ses mains. D’une date à l’autre, 19 ans d’un pouvoir totalitaire symbolisent son emprise, sa domination sur le peuple afin d’exercer un contrôle sur sa vie quotidienne, pour obtenir sa soumission politique.

Montesquieu a enseigné que la démocratie reposait sur trois piliers : l’exécutif, le législatif et le judiciaire. Quand les deux derniers se mettent au service du premier, il n’y a pas démocratie mais dictature. Le pouvoir exécutif a fait du Parlement deux Chambres d’enregistrement.

La justice n’est pas un pouvoir de l’Etat mais un instrument du pouvoir. Les cadres, qui sont tous protégés par la justice, bénéficient de l’impunité au sommet de l’Etat. Le président Bouteflika a fait du principe de non-ingérence dans les affaires de l’Etat, conception souverainiste qui a provoqué un affrontement au niveau de l’Assemblée générale des Nations unies, son combat.

La conception souverainiste des droits humains a provoqué un affrontement idéologique. Le 10 décembre 2008 à la 63e session de l’Assemblée générale de l’ONU, Heana Mordache (au nom du Mouvement des non-alignés) et Mohamed Loulichki (délégué marocain représentant le groupe africain) ont déclaré «leur attachement au principe de souveraineté, d’intégrité territoriale et de non-ingérence dans les affaires intérieures des Etats».

Cela a permis des génocides, des crimes de guerre et des crimes contre l’humanité, des exécutions sommaires, des disparitions forcées, des arrestations arbitraires, des jugements prononcés par les juges mais dictés par les Etats totalitaires. Boutros Boutros Ghali, secrétaire général de l’ONU, a déclaré : «Lorsque la souveraineté devient l’ultime argument invoqué par les régimes autoritaires pour porter atteinte aux droits de l’homme et à la liberté des hommes, des femmes et des enfants, à l’abri des regards alors, je le dis gravement, cette souveraineté est condamnée par l’histoire.»

Comme les dictateurs et les despotes du Moyen-Orient et d’Asie mineure, pour qui la mégalomanie et la paranoïa sont des maladies associées, le président Bouteflika régente tout ce qui, dans le pays, délibère et légifère. La popularité des despotes est le résultat des menaces politiques, professionnelles, médiatiques, judiciaires, physiques et sur le contrôle de la population.

Le président Bouteflika va-t-il s’accrocher au pouvoir et briguer un 5e mandat ?

L’utilisation obsessionnelle du concept populiste du 5e mandat est une perversion. Le 5e mandat est l’expression de l’idéologie totalitaire qui fait le récit mythologique du président Bouteflika, homme providentiel qui répond à l’attente des Algériens. Au moment où le pouvoir est à bout de souffle, fracturé par les conflits de clans et une fin de règne chaotique, l’affaire de la cocaïne, les scandales de corruption…, la stratégie qui consiste à ouvrir la porte à la participation du Président à la prochaine élection présidentielle semble la bienvenue.

Le pouvoir n’a pas la capacité d’exister, de survivre en dehors de son fondateur. Ne pas aller au 5e mandat signifie la fin du règne du Président. Un Président qui ne marche pas, ne parle pas, n’écrit pas, un gouvernement divisé où les ministres et le Premier ministre se contredisent, un peuple confronté chaque jour à l’abandon sonne la fin de ce pouvoir. Ce serait la sortie du président Bouteflika de l’histoire avant son entrée. Après lui, la structure politique du pays changera.

Dans le numéro spécial du Canard enchaîné consacré «aux dingues du pouvoir», le président Bouteflika est qualifié de «mort-vivant». Manuel Valls, Premier ministre français, a diffusé l’image du président Bouteflika hagard, incapable d’articuler le moindre mot ou de faire un geste. Pour Bernard Bajolet, «il serait maintenu artificiellement en vie».

La dégradation de son image en Occident est totale. L’Algérie est la risée du monde entier. L’histoire, il faut le répéter, fait de l’homme soit un citoyen avec tous ses droits qu’il exerce, soit un sujet sans droits «colonisé et colonisable», soit un objet qu’on présente à l’occasion au public, un moment, pour prouver qu’il n’est pas mort, qu’il joue pleinement son rôle, que c’est lui qui décide. C’est triste et désolant. Le président Bouteflika attendra le dernier moment pour clarifier sa ligne politique et dire qu’il se sacrifie une fois de plus, à la demande générale, pour redresser le pays du chaos où il se trouve de par sa lourde faute.

Les Algériens qui ont constaté les limites du président penSent qu’un 5e mandat serait une catastrophe

L’application de l’esprit et de la lettre de la révision de la Constitution du 7 février 2016 qui retient seulement deux mandats pour le président de la République, interdit au président Bouteflika de participer à la compétition pour la prochaine élection présidentielle. Il est vrai que cette interdiction n’est pas rétroactive, ne concerne pas l’avenir.

Il y a son engagement moral, mais morale et politique sont contradictoires. Abdou Diouf, resté 19 ans au pouvoir comme président du Sénégal a déclaré : «Les peuples ne peuvent plus supporter que les mêmes restent à la tête de l’Etat trop longtemps, un mandant renouvelé une fois est suffisant.» C’est cette conclusion que le président Bouteflika a retenue dans la révision de la Constitution du 7 février 2016. Mais il refuse de l’appliquer à sa personne.

Preuves et chiffres à l’appui, nombreux sont les spécialistes qui ont tiré la sonnette d’alarme pour dire que le 5e mandat mènera le pays à l’impasse. De par sa maladie grave et durable qui relève de l’article 102 de la Constitution, le président est dans l’incapacité d’exercer ses fonctions qu’il délègue. Il est adulé par ses partisans qui ont la culture du chef, vénéré par les partis de la majorité présidentielle et par les Algériens qui ont abandonné leurs convictions de jeunesse, comme un calife. Le FCE a intérêt à la conservation de l’ordre existant et de la pensée dominante.

Pour la majorité des Algériens, les travailleurs, les pauvres, les intellectuels, les érudits dans leur ensemble, compétents, esprits libres, qui incarnent l’humanisme, inquiets, vidés, accablés par la situation du pays, le président a mené le pays à la dérive et doit céder sa place.

Une profonde déception se fait jour chez eux. Malgré les mensonges — car nous vivons le temps des mensonges — assénés à l’opinion publique qui est d’un bon niveau politique, cette dernière sait que le Président n’a pas la capacité physique et mentale pour assumer ses pouvoirs, répond qu’on ne peut construire une nation sur du sable et que le 5e mandat va accentuer la fracture de la société.

Les libertés publiques, les droits individuels, la liberté de conscience et la liberté de la presse sont pourchassés. Les droits humains sont quotidiennement bafoués, vidés de leur substance, en danger perpétuel de manipulation et de récupération par le pouvoir. Le déficit de l’égalité des droits et des devoirs relève de l’impératif du pouvoir.

Les femmes qui prennent conscience qu’elles ont la capacité d’occuper des postes de haute responsabilité se rendent compte que la sphère politique est réduite et que pour prendre leur destin en main, se faire une place, une juste place dans une société masculine, elles doivent mener un dur combat. La détermination et la conviction favoriseront leur combat. Pour les familles de disparus, elle peuvent pardonner mais après la justice, mais elles ne peuvent effacer ni jamais oublier, car les traumatismes psychiques restent incrustés dans la matière grise pour toujours.

La gestion désastreuse de l’éducation nationale, de la santé, de l’économie avec ses conséquences humaines, l’extension de la pauvreté et de l’exclusion, le chômage, la censure des films (celui sur Ben M’hidi en particulier) sont les échecs les plus retentissants du pouvoir.

Tocqueville rapporte de son expédition en Amérique, il y a près de deux siècles, une mise en garde d’actualité : «Ce qui met en danger la société, ce n’est pas la grande corruption de quelques uns, c’est le relâchement de tous.» Les scandales de la corruption sont si nombreux qu’ils ne scandalisent plus.

Gandhi disait : «Montrer l’exemple n’est pas un moyen de convaincre, c’est le seul.» «Le pouvoir absolu corrompt absolument» disait le philosophe anglais du XIXe siècle, Lord Aston.

De nombreuses affaires de corruption ont compromis des politiques amoraux, des patrons véreux, des janissaires du pouvoir qui organisent la fuite des capitaux. Ils ne sont pas déférés en justice parce qu’ils sont protégés par le pouvoir, alors qu’ils doivent être condamnés avec fermeté, selon la loi. Les clans prédateurs du pouvoir se servent de l’Etat, mais ne sont bien servis que par eux-mêmes, par les trafics d’influence et les détournements de biens publics pour s’enrichir. L’affairisme, concrétisé par la corruption endémique qui a accompagné le président pour régner et garder le pouvoir à vie, est dénoncé par les Algériens.

On assiste à l’émergence de nouvelles et nombreuses initiatives des partis de l’opposition, par application du précepte signé Victor Hugo : «Rien n’est plus puissant qu’une idée dont l’heure est venue.» Les institutions qui sont oppressives, aliénantes, répriment toute manifestation.

La situation politique du pays va amener une évolution des partis de l’opposition qui ont une base stable, cohérente, bien enracinée, car le renouveau, le changement peut venir du profond conflit des clans du pouvoir engagé au sommet de l’Etat et dont le principal enjeu est la prochaine élection présidentielle. Le consensus national sans consensus moral, la division, l’invective et tout ce qui sépare les partis de l’opposition font qu’ils ne peuvent être d’accord que sur le boycott de l’élection présidentielle si le 5e mandat se précise.

Le mensonge et la démagogie imprègnent la campagne qui se déroule pour le 5e mandat

Le 22 avril 2017, Djamel Ould Abbès, qui veut faire du FLN un acteur majeur de la vie politique à l’ombre du Président, a évoqué «le désir des militants de voir le président Bouteflika poursuivre son œuvre». Il dit qu’il est «visionnaire, stratège et tacticien, martyr par son combat légendaire dans les maquis, et son désir est d’entrer vivant dans l’histoire».

Il réduit le FLN à un machine électorale au service du Président. La thèse qu’il soutient avec triomphalisme, pour la place qu’il convient d’accorder au 5e mandat dans le débat politique, correspond à la ligne politique du Président qui a fait réviser la Constitution en 2008 qui limitait à deux les mandats du président, pour avoir le pouvoir à vie. A la tête du pays depuis 19 ans et demi, il entend bien y rester jusqu’à sa mort pour entrer dans l’histoire.

Parce que le pays a besoin de lui pour continuer son immense œuvre. Laquelle ? Celle qui a mené à la régression du pays, à faire appel à la planche à billets pour payer les fonctionnaires en novembre 2017 et payer les retraites en août 2018 et à faire fonctionner la Sécurité sociale. Selon le Quotidien d’Oran du 24 septembre 2018, «entre seulement le mois de mai et août dernier environ 3600 milliards de dinars (25 milliards d’euros) sont imprimés».

Le Président n’a pas fait de l’Algérie un pays émergent, encore moins un pays développé, malgré 1000 milliards de dollars dépensés, qui ont servi en grande partie à construire et consolider son pouvoir au détriment du développement du pays.

Les partis de la majorité présidentielle, qui se plient au 5e mandat, le font par conviction, par faiblesse, par opportunisme ou par intérêt. Ils servent de tremplin aux ambitions du Président, qui incarne à lui seul la stabilité du pays. Pour eux, toutes les questions ne sont pas à poser et toute les vérités ne sont pas bonnes à dire. Le principe hégélien : «La seule vérité de l’intention réside dans l’action» devrait être médité par les partis du pouvoir. A l’inverse ils mentent, c’est une obligation, trompent, déforment, mystifient.

Ils sont dans la pratique de leur pouvoir, sont investis d’une mission, dotés d’une autorité pour masquer la vérité. Leur faire entendre la voix de la raison est inutile. Les flatteries de ces partis, cadres et militants chauffés à blanc, chantent les louanges de Fakhamatouhou à qui ils font allégeance parce que élevé au niveau d’un calife, d’un prophète.

Il faut regarder la réalité en face et la décrire, ne pas diaboliser l’idéologie des démocrates au nom de la pensée unique qui prend le pas sur la controverse politique. Le 5e mandat qui marquera l’interminable règne du Président est une fausse vérité, le temps des mensonges, le mépris du réel. Aucune autre solution n’est laissée à ceux qui défendent la démocratie, la liberté et la justice. Il faut seulement choisir entre le silence et l’humiliation ou la répression.

Comme au temps du colonialisme, il y a deux Algérie. L’Algérie des puissants et des riches toujours plus riches, propriétaires des richesses du pays, qui ont de l’appétit et vont soigner leurs maux d’estomac à l’étranger. Ils se soignent tous en Occident pour la moindre maladie. Il y a l’Algérie des pauvres toujours plus nombreux, qui ne disposent pas des moyens élémentaires d’existence pour acheter les produits de première nécessité de plus en plus chers.

Une inflation à deux chiffres, cancer de la société, réduit le pouvoir d’achat des pauvres, des chômeurs. Une inflation record née du recours abusif à la planche à billets à fait la faillite du Venezuela.

Il est temps qu’un mouvement populaire fasse progresser l’idée que le 5e mandat est inacceptable, dangereux, car il maintiendra le pays dans le statu quo et l’immobilisme. Le 5e mandat va-t-il déclencher une réelle prise de conscience nationale, pour le rejeter ? Au fond des consciences indignées un mouvement de protestation va-t-il dire non au 5e mandat ? Quelle sera la réaction du peuple ? Va-t-il rester inactif, passif, opposer une faible résistance, ou va-t-il se mobiliser, prendre son destin en main, modifier le rapport de force en sa faveur ? Là est le problème !

Il faut entendre et écouter les voix des syndicats autonomes, des médecins résidents, tenir compte de leurs besoins et de leurs exigences. La rentrée sociale est annonciatrice de nombreux conflits sociaux, car après tant d’attente, les revendications multiples des travailleurs ne sont pas satisfaites.

Les élections présidentielles se suivent et se ressemblent avec constance

Le pouvoir n’accepte pas les risques électoraux inhérents à la démocratie, il préfère des élections marquée par la fraude électorale massive qui est un hold-up électoral qui relève du gangstérisme politique, vieille tradition coloniale amplifiée depuis l’indépendance du pays qui lui assure une victoire à la Pyrrhus sans risque et sans gloire.

Le sentiment du peuple, s’il y a un 5e mandat, est que le Président se fera élire au premier tour, car le pouvoir a confisqué les élections. Il sera réélu avec un score soviétique. Un cri de protestation contre cette élection trafiquée montera de toutes les régions du pays. La seule inconnue reste le taux de participation. Il sera très faible car les Algériens ne participeront pas de manière massive à ce scrutin qui ne sera qu’une formalité. Le scrutin sera marqué par un nouveau record d’abstention. L’élection présidentielle mérite un débat sérieux de haute qualité.

Le peuple algérien, qui aspire à devenir maître de son destin, veut des élections honnêtes et transparentes, pour faire arriver aux postes de responsabilité de toutes les institutions élues de l’Etat, des femmes et des hommes dévoués, compétents, honnêtes, afin de rendre le pouvoir à ses détenteurs légitimes. Pour combien de temps le pouvoir va-t-il encore confisquer les suffrage universel ?

Le président Bouteflika a destabilisé l’armée

La mainmise du Président sur l’armée s’est faite en 2004, après sa réélection pour un 2e mandat, la mise à la retraite de général de corps d’armée Mohamed Lamari qui lui était hostile et son remplacement par Ahmed Gaïd Salah. Les discours de ce dernier comme les éditoriaux de la revue El Djeich, ne ccessent de rappeler leur fidélité et leur loyauté au président Bouteflika. Pour asseoir et consolider son autorité, Gaïd Salah, chef d’état-major de l’armée et vice-ministre de la Défense ne cesse de casser le militaire par le militaire comme on casse la noix par la noix.

Comment expliquer le limogeage de Saïd Bey qui a dirigé la 1re Région militaire durant la décennie 1990 et la 2e Région militaire d’Oran ? Comment explique la déchéance du général-major Chentouf, chef de la 1re Région militaire, proche du cercle présidentiel et destiné à remplacer Gaïd Salah à l’état-major de l’ANP ?

Comment expliquer les limogeages opérés qui ont pris l’ampleur d’un séisme, de généraux de la haute hiérarchie militaire qui ont occupé des postes très importants : généraux des 5 Régions militaires, commandements de gendarmerie, des forces terrestres et d’aviation, secrétaire général du ministère de la Défense ?

D’autre part, comment expliquer la déchéance du général Abdelghani Hamel qui envisageait de postuler à la plus haute fonction de la République ? Il est de notoriété publique que Ahmed Gaïd Salah et Abdelghani Hamel sont des adversaires acharnés.

La nécessité de réunir l’ANP et la DGSN sous le commandement militaire, prouve que la crise multidimensionnelle qui traverse le pays est grave car il y a vacance de pouvoir.

La vengeance, les règlements de compte, la haine, ne sont pas la règle dans l’action politique. Cela est dit en termes élégants. Les raisons de ces limogeages seraient la prochaine élection présidentielle et la corruption révélée par l’affaire de la cocaïne. Les clans du pouvoir sont divisés, opposés, ne sont même pas d’accord sur le 5e mandat.

Les généraux et commissaires de police limogés et les Algériens très nombreux qui leur sont dévoués ne restent pas inactifs. Cela explique la résistance du président de l’APN aux partis et députés de la majorité présidentielle qui demandent sa démission parce que ceux qui, nombreux le soutiennent, leur font contrepoids.

Il faut une vision de l’avenir de l’Algérie

Il faut voir plus loin que la situation actuelle, penser à l’avenir. Revenons à notre passé, tout notre passé, penchons-nous sur notre présent et réfléchissons sur notre avenir. Quel est l’Etat d’esprit des Algériens à l’égard de leur passé ? C’est l’attachement de l’être humain à son vécu, ses racines berbères, l’amazighité, sa culture, sa langue, conjugués avec la démocratie.

L’histoire est un lieu de débat où la vivacité des échanges s’accompagne de connaissances sur les origines, la formation du territoire, la nation, l’identité qui se définit par la terre des ancêtres. Massinissa, Jugurtha, Kahina et tous les autres, ces héros qui ont bravé tous les dangers au péril de leur vie, nous fascinent et nous inspirent avec leurs légendes. L’engouement pour le passé fascine parce qu’il éclaire le présent et l’avenir.

Le passé de résistance, de sacrifices, de souffrances du peuple algérien au colonialisme français est un moment crucial de l’histoire de ce pays, avec les acteurs de cette histoire. Le prix du sang qu’il ont payé nous impose d’être fidèles à leurs mémoires et de continuer leur œuvre.

Le peuple algérien veut devenir maître de son destin,car c’est en lui que réside la souveraineté, la légalité et la légitimité.

L’Algérie, qui a subi un long pouvoir totalitaire, entrevoit au crépuscule qui s’étend sur lui, l’aube de la démocratie. Quelle place va occuper la démocratie dans l’Algérie du futur ? L’Algérie doit entamer un processus de transition démocratique pour se donner un horizon politique basé sur la construction d’une démocratie juridique qui consacrerait le régime du droit et de l’Etat de droit et apporterait la crédibilité et la stabilité dont le pays a besoin pour réaliser son développement. Elle doit édifier une démocratie fondée sur la justice, la liberté, la dignité humaine, les droits humains.

Quelle sera la place qu’occupera l’Algérie en Afrique du Nord, en Afrique, au Moyen-Orient, en France, en Europe et dans le monde ? Absente sur le plan international, elle doit faire entendre sa voix sur le plan régional et mondial. Clémenceau, citant Démosthène disait : «On ne subit pas le salut, on le fait, on le fabrique de ses mains.» Le sursaut viendra des jeunes, garçon et filles, qui exprimeront le ras-le-bol de la société.

Avec 76 millions d’habitants en 2050 sur cette terre d’Algérie, il ne s’agit plus de se poser la question des nuisances, mais de mesures à prendre pour limiter l’émigration. Des millions de migrants seront rejetés de tous les pays, les Hauts-Plateaux et le Sahara ne sont pas développés pour leur fournir du travail. L’énergie solaire est présente et attend, elle aussi, d’être mise au service de la population. 

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