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LA RASD-L’ONU ET SES RESPONSABILITÉS à L’AUBE DE LA NOUVELLE ADMINISTRATION AMÉRICAINE

«Le droit à l’autodétermination du peuple sahraoui»

02 décembre 2020 à 10 h 00 min

Les troupes marocaines viennent de lancer sous les yeux de la Minurso considérée comme force d’interposition de l’ONU une opération militaire dans la zone tampon de Guerguerat.

Le cessez-feu qui a été signé en septembre 1991 après seize ans de guerre, sous l’égide de l’ONU, n’a pas été respecté par la partie marocaine par l’entrée des forces militaires marocaines contrôlée par les Casques bleus de la Mission des Nations unies au Sahara occidental.

Ce en quoi le Polisario considère que cette situation est «une agression flagrante, à laquelle la partie sahraoui répliquera énergiquement, en légitime défense, en défendant sa souveraineté nationale et par voie de conséquence signifierait également la fin de l’accord de cessez-le-feu et enclenchera une nouvelle guerre dans toute la région». C’est pourquoi, «la RASD tient également les Nations unies et le Conseil de sécurité en particulier, pour responsables de la sûreté et la sécurité des civils sahraouis ».

Le référendum prévu qui a été sans cesse repoussé par Rabat en raison d’un différend avec le Polisario sur la composition du corps électoral et le statut du territoire a retardé le processus onusien du droit du peuple sahraoui à l’autodétermination par l’entêtement du Makhzen à vouloir garder dans l’instabilité et la sécurité du vivre-ensemble des peuples de la région.

L’Algérie et la Mauritanie ont appelé les deux parties et exhorté les deux camps à faire preuve de retenue en appelant à l’arrêt immédiat des opérations militaires en attendant la réunion du conseil de sécurité pour mettre fin à la dilapidation des richesses du peuple sahraoui (exploitation du minerai du phosphate et des eaux poissonneuses sahraouies de l’Atlantique) par les contrats que signe le Maroc avec des sociétés étrangères sur une terre qui n’est pas la sienne.

Dans ce contexte de la pandémie où l’humanité souffre, les peuples les plus affectés par le coronavirus n’arrivent pas à se prendre en charge et vivent des aides humanitaires tel le peuple sahraoui. A l’aube de la nouvelle administration américaine où Joe Biden se prépare, on apprend la nomination le 23 novembre 2020 du futur Secrétaire d’Etat en la personne de d’Anthony Blinken par le président élu Joe Biden.

Il est le bras droit pendant vingt ans et membre de sa campagne électorale en 2008 et conseiller en politique étrangère durant celle de 2020. Diplômé de Harvard et de la Colombia Law School, Antony Blinken est un francophone pur avoir passé son bac en France alors qu’il habitait avec sa famille avant de retourner aux Etats-Unis. Il a occupé le poste de conseiller à la sécurité nationale de vice- président Joe Biden durant la présidence de Barack Obama entre 2009 et 2013 avant de rejoindre le poste de Secrétaire d’Etat-adjoint entre 2015 et 2017.

GUTERRES-BLINKEN OU LA FIN DU CONFLIT MAROCO-SAHRAOUI ?

C’est dans cette période que Blinken avait visité en juillet 2016 l’Algérie. Il fut reçu par de nombreux ministres et des membres de la société civile. Il a évoqué plusieurs sujets dont on a retenu le rôle de leadership de l’Algérie dans la région. Sensible aux questions d’indépendance, il sera à l’écoute pour activer une solution pacifique, négociée dont l’enjeu principal est la décolonisation.

Sans anticiper sur l’avenir, il sera attendu sur les questions de paix dans la région du Maghreb et du Sahel en ce qui concerne le droit des peuples à l’autodétermination, notamment le dernier peuple à n’avoir pas été décolonisé, celui du Sahara occidental. L’Algérie et les Etats-Unis connaissent en tant que peuples le mouvement d’indépendance dans leur droit à l’autodétermination.

Le partenariat stratégique entre les deux pays sera certainement abordé dans le futur proche en termes économiques, culturels et géopolitiques pour achever le processus de décolonisation au Sahara occidental et renforcer la lutte contre le terrorisme et le crime organisé dans la partie du Sahel. L’Algérie mettra son expertise dans ce cadre. Elle reste convaincue que de nouvelles perspectives s’ouvriront dans les relations internationales.
Le terrorisme transnational se déploie dans toute la région. Dans un tel climat de méfiance réciproque, où les bruits de bottes risquent de créer une menace réelle pouvant aboutir à une conflagration régionale, l’ONU doit précipiter le processus référendaire au Sahara occidental.

Se pose alors la gestion du problème migratoire qui est symptomatique de l’antagonisme créé par le Maroc consciemment entretenu notamment au Sahara occidental.

Le défi, une fois la question sahraouie réglée, sera la construction du Maghreb des peuples pour en faire une zone de prospérité partagée et d’intégration économique en un groupement régional voisin de la rive nord. Le Maghreb et l’Union européenne trouveront la solidarité dans un développement intégré nécessaire pour ne pas basculer ni dans la violence ni même dans l’émigration clandestine.

Cette nouvelle agression marocaine à Guerguerat est une provocation pour saper le processus référendaire décidé pourtant par l’ONU qui ne se donne pas les moyens de faire appliquer la légalité internationale qu’elle est supposée incarner. C’est sur fond de tension continue que la région doit faire face à de nombreux défis sécuritaires.
Les impératifs de légitime défense sont posés par le Polisario qui accuse le Maroc de vouloir «marocaniser» son territoire. Encore une fois, l’affaire du Sahara occidental ne peut en aucun cas constituer un «casus belli» entre l’Algérie et le Maroc.

Quel que soit l’équilibre stratégique dans la région, la France, l’Espagne et les Etats-Unis peuvent ramener les belligérants à de bonnes intentions dans l’esprit des résolutions des Nations unies pour le règlement définitif à ce conflit. Situation qui tarde à trouver l’issue aux peuples du Maghreb à vivre en paix et en harmonie.

Il faut que le pays frère du Maroc cesse de tourner le dos aux résolutions des Nations unies quant à l’autodétermination du peuple sahraoui, légitime exigence imposée par la communauté internationale.

 

 

Par le Dr Boudjemaâ Haïchour

Chercheur universitaire. Ancien ministre. Ancien parlementaire
aux Affaires étrangères


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