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samedi, 08 août, 2020
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En rappelant la célèbre phrase de Didouche Mourad : «Si nous venons à mourir, défendez nos mémoires.» Cette célèbre phrase nous inspire amplement en tant que citoyen pour esquisser la rédaction de cette modeste contribution.

L’Algérie d’hier- du 1er Novembre 1954 – et d’aujourd’hui

03 novembre 2017 à 12 h 00 min

Car toute nation est fière de son histoire, elle se construit et assoit son unité nationale. En effet,l’Algérie célèbre ce mois de novembre le 63e anniversaire du déclenchement de la lutte armée à minuit, le 1er novembre 1954 sur le territoire. Cette date la plus prestigieuse que le peuple algérien commémore chaque année, qui a mis fin à une colonisation de 132 ans au prix du sang de un million et demi de martyrs.

Oui, le peuple algérien se souvient de cette époque auquel il a consenti les plus grands sacrifices sur tous les fronts de la guerre qui ne peuvent s’effacer de sa mémoire et l’histoire ne l’oubliera jamais, car ce jour-là, le peuple algérien a écrit une des plus belles pages de son histoire, il y a eu aussi la mobilisation des étudiants et des intellectuels algériens pour le combat libérateur qui rayonnait sur le monde, à la mesure de sa grandeur et de ses espoirs qui nous ont permis de vivre libres et indépendants aujourd’hui.

Cette célébration est l’occasion pour les Algériens et les Algériennes de se recueillir à la mémoire de ses fabuleux martyrs et ces hommes qui ont préparé novembre 1954, qui ont tenu leurs engagements envers la cause nationale aux multiples sacrifiés concédés, notamment  au prix de leur sang et de leur jeunesse en abandonnant leurs parents, leurs enfants, leurs terres, leurs biens ou leurs études.

C’est un moment solennel dans l’histoire de l’Algérie indépendante qui aborde la célébration du 1er Novembre, l’un des chantiers de la mémoire collective qui reste encore en suspens. Sans la volonté politique de relancer les grands débats sur l’écriture de l’histoire de la guerre de Libération nationale par des plumes intègres et sincères parmi les intellectuels et chercheurs indépendants pour la transmission de la mémoire authentique, car les Algériens et Algériennes doivent connaître leur histoire authentique, afin d’arracher de l’oubli ce qui s’est passé durant la Révolution. L’avenir du pays ne pouvant se construire sans la connaissance et la reconnaissance de l’histoire.

La lutte de Libération nationale était bien celle d’un peuple dominé, exploité, meurtri, mais surtout déterminé à arracher son indépendance. Il est donc grand temps de réunir les témoignages dispersés et restituer les faits et les événements oubliés pour tenter de créer des liens entre ces hommes de la glorieuse Révolution et les nouvelles générations, afin qu’il n’y ait pas de rupture dans la mémoire collective.

Dans le sillon de la guerre de Libération nationale, l’Algérie, après son indépendance dans les années 1970, avait lancé de grandes idées sur les matières premières pour un nouvel ordre économique mondial. Un acquis porteur de grandes perspectives socioéconomiques pour l’horizon 1990, pour lequel l’Algérie a bel et bien été classée, après l’Espagne, l’un des premiers pays industriels du continent africain et devenue «la Mecque des révolutionnaires» où elle apportera sa contribution active à l’indépendance des pays opprimés et aura conquis des espaces géopolitiques, notamment leadership du mouvement des pays Non-Alignés, d’Afrique, du monde arabe et de l‘OPEP, où règne l’accélération de la renaissance, du développement économique et culturel, pour une Algérie que nous percevions en devenir un pays développé dans l’histoire du cinquantenaire de l’indépendance de notre pays.

L’idéal pour lequel sont morts nos martyrs n’a pas encore été atteint, puisque notre pays est demeuré avec une dépendance quasi-totale des importations de ses besoins et une économie fortement rentière, «les Algériens et le prix du baril de pétrole». Ce qui a exclu toute perspective pour hisser l’Algérie au rang d’un pays développé et édifier un Etat fort et respectable dans le monde. La vraie question qui est posée est celle visant à rétablir l’avenir économique de l’Algérie : peut-on parler aujourd’hui d’un 1er novembre économique ?

Malheureusement, ce n’est pas le cas de notre belle Algérie et glorieux pays, parce que c’est une réalité dans la mesure, où on constate que nos responsables et nos élus qui, après s’être installés au pouvoir, oublient vite ces héros de la Révolution et les sacrifices concédés des générations post-indépendance des années 1960-1970 témoins de l’engagement d’une génération au service réellement de l’Algérie indépendante après le départ massif des cadres européens et qui ont su concevoir et développer une expérience profitable pour rétablir l’économie du pays et préserver le patrimoine public pour la collectivité nationale et par laquelle ils ont été au-devant de la scène de l’Algérie future.

Chlef fut le berceau de la Révolution algérienne qui n’a pas encore livré tous ses secrets sur les martyrs et moudjahidine ayant marqué la résistance dans la région d’Orléansville et l’histoire de notre pays par leur bravoure et leur héroïsme, mais qui, hélas, ont été oubliés jusqu’à devenir inconnus par la génération d’aujourd’hui. Ils sont pourtant morts pour l’indépendance du pays.

En effet, comment peut-on après tous ces sacrifices et cet engagement oublier une famille historique qui compte 18 valeureux combattants entre chahid et moudjahid de première heure portant la voix de l’Algérie combattante. La maison natale,située à Ardh El Beidha, à 3 km de la ville de Chlef, à qui cette grande famille révolutionnaire a tant donné et que Chlef soit fière d’avoir donné au pays, pour son indépendance, de vrais moudjahidine.

En attendant un geste «politique», plus que symbolique des autorités locales de la wilaya de Chlef et du ministère des Moudjahidine, de mettre l’accent sur la nécessité à la prochaine commémoration de marquer l’événement pour ériger une stèle à leur mémoire, au souvenir de leurs sacrifices concédés, de leur poids et leur rôle dans la glorieuse Révolution. Et enfin, la création d’un musée sur l’histoire de la guerre de Libération nationale dans la région de Chlef, dédié aux jeunes générations et les historiens pourront puiser pour approfondir leurs idées et renouer avec l’histoire authentique de notre pays.

Comme l’attestent des témoignages auprès de leurs anciens compagnons d’armes et membres de leur famille. La région de Chlef avait eu sa part de martyrs  : elle en a donné près de 600 et de condamnés à mort, dont trois exécutés à la prison de Serkadji : il s’agit  de Maamar Sahli, Mikioui et Ziane D’Elfi.

Comme aussi, celui du douloureux souvenir en juin 1845  : Les enfûmades du Dahra commises par l’armée française, anéantissant des populations civiles qui se réfugiaient dans les grottes pour fuir les combats. Des figures marquantes de la Révolution algérienne ont donné leur vie à la patrie. Des noms comme : le commandant Si Djilali Bounaama, Hassiba Ben Bouali, les sœurs Bedj, Khaldi Benali, Djouba M’hamed, les frères Khatib, les frères et cousins Khelif et la liste est longue.

Les frères et cousins Khelif ont pris le maquis, alors qu’ils étaient très jeunes. Ils comptent parmi les figures historiques et marquantes de la Révolution algérienne dans la région. Ils sont issus d’une même famille attachée à la terre, ils ont donné leur vie et leur jeunesse à l’Algérie «pour faire lever sur le pays le soleil de l‘indépendance».ils sont toujours présents dans les cœurs et les mémoires des habitants de Chlef.
Le premier à être tombé au champ d’honneur est Khelif Benouali dit Si El hadj M’hamed, né en 1926 à Ardh El Beydha (ex-Saint Facteur) commune d’Orléansville, Chlef aujourd’hui.

C’est le fils de Miloud et de Hadj Ali Aïcha. Il compte parmi les héros de notre guerre de Libération, marié, il a laissé derrière lui trois enfants, pour rejoindre en 1956, à l’âge de 30 ans, les rangs de l’ALN, opérant en Wilaya IV dirigée par le colonel Si Youcef Khatib. Activement recherché par les forces coloniales, il est passé par des périodes très dures en parcourant les montagnes en hiver dans le froid et la neige de la plaine du Chéliff, du Dahra, du djebel Zaccar, les monts de Theniet El Had et de l’Ouarsenis.

Après avoir effectué son cycle primaire et coranique, il s’intégra au mouvement national à l’âge de 20 ans et n’a cessé d’être depuis, actif et dynamique dans la voie du militantisme et de la lutte révolutionnaire, pour l’éveil des consciences dans le milieu des jeunes. Il se trouvait au premier rang de ceux qui répondirent présent à l’appel du devoir national pour la libération du pays.

En 1959, ses qualités de compétence, de noblesse et d’abnégation et sa haute morale révolutionnaire, lui firent grâce à ses qualités de stratège, il fut désigné commissaire politique dans la région d’Orléansville, l’actuelle Chlef, a mené plusieurs opérations dans la région du Dahra et des monts de l’Ouarsenis en faveur des forces nationales contre des objectifs vitaux où il démontra sa foi et son courage pour la réussite de la Révolution où il se consacra à une intense action politico-militaire, notamment en véhiculant les idéaux de la Révolution et organisant l’action militante parmi la population ainsi qu’en mettant sur pied un réseau puissant de fidayîn, de liaison et de logistique.

En outre, il s’est attelé au soutien et à la prise en charge des familles de moudjahidine et de chouhada, voire les démunis parmi la population, et ce, jusqu’à sa mort en compagnie de son adjoint Si Allal, survenue le 19 février 1962,soit à cinq mois de l’indépendance du pays, en plein cœur de la ville où l’armée française, agissant sur renseignements, a, tout de suite encerclé la villa où il s’était réfugié (appartenant à la famille Ouled Larbi connu sous le nom Rekab),avant de se replier en compagnie de son adjoint Si Allal dans un local appartenant à Marie Antoinette (photographe), puis dans un bain maure appartenant toujours à ladite famille, aujourd’hui détruit par le séisme de 1980, où ils réussissent à brûler tous les documents en leur possession avant de résister héroïquement aux soldats qui les encerclaient.

Ce jour-là, nos deux martyrs succombent en héros au champ d’honneur à la fleur de l’âge, les armes à la main,après un terrible accrochage qui a eu lieu à Orléansville en plein cœur de la ville où en effet, ils avaient tenu tête aux forces armées durant toute la nuit et une journée et créèrent ainsi l’événement politique et militaire et furent reconnus comme de grands héros de l’armée de Libération nationale.

De l’avis des habitants de Chlef, ils étaient sans conteste un modèle de vertu et de courage extraordinaire, car leur mort, si elle fut des plus tragiques mais aussi combien fut-elle glorieuse : les deux martyrs avaient refusé de céder aux propositions faites par le préfet de l’époque Ourabah et par les forces armées coloniales qui leur avaient promis la vie sauve s’ils se rendaient. Les deux valeureux moudjahidine avaient préféré se sacrifier pour la libération du pays. Ils reposent au carré des martyrs du cimetière des chouhada situé à la sortie ouest de Chlef, sur la route d’Oran.

Le deuxième n’est autre que son frère Khelif Abdelkader, dit Si El Ayachi, né en 1931 à Ardh El Beydha (Chlef).  Le moudjahid Khelif, dit si El Ayachi, s’est engagé jeune au sein de la lutte armée dans la 3e et 4e zones de la Wilaya IV, où il assuma les fonctions au sein de l’ALN de chef de section sous le commandement du chahid Si Djillali Bounaama et intégré comme acteur direct de la guerre de la Libération nationale, notamment dans la compagnie opérationnelle du commando de Bissa qui a sillonné les monts de l‘Ouarsenis, Zaccar, Khemis Miliana, Aïn Defla, Dahra et Ténès.

Il a fait ses débuts dans la Révolution en épousant les idées nationalistes du parti (PPA), à l’âge de 18 ans. Il intégra en parallèle les rangs de l’Organisation secrète (OS) en 1951,chargé de missions pour les attentats contre les objectifs civils et militaires et la formation militaire dans les rangs de l’ALN dans le maniement des armes aux côtés de Moussa Boufarit, Boughrab El Ouazani, Omar Benmahdjoub,Youcef Babou, son cousin Khelif Mohamed, vers la fin de l’année 1954.

Dans son actif militaire, l’on peut citer les batailles qu’il avait engagées avec son groupe de commandos contre l’armée française, alors qu’il était chef de section, l’on évoquera aussi les accrochages et les embuscades de Ténès, Khemis Miliana, Zaccar, El Abadia, Aïn Defla,Theniet El Had où il infligea aux forces armées coloniales de lourdes pertes en hommes et en matériel.

Après l’indépendance, le moudjahid Khelif Abdelkader a occupé d’importantes fonctions, dont celle de coordinateur à l’APC de Chlef jusqu’à sa mise à la retraite en 1983, et comme responsable de la kasma FLN de Chlef de 1962 à 1965. Il est resté fidèle à son idéal révolutionnaire au sein de l’Organisation nationale des moudjahidine (ONM) avant d’être rappelé à Dieu à l’âge de 81 ans.

Ce moudjahid de la première heure vivait simplement chez lui et tous ceux qui l’ont connu rapportent qu’il était très sociable et un homme de principe : ils disent aussi qu’il ne parlait jamais de lui-même, qu’il disait «vrai» et qu’il était doté d’une culture et de valeurs humaines, ce qui lui a valu l’admiration et l’estime de ses compagnons. Sa compagnie était recherchée jusqu’aux derniers instants de sa vie.

Enfin, ce combattant a laissé trois enfants mariés et pères de famille, dont deux garçons, Noureddine et Sid Ahmed, et une fille Freha. Il est inhumé au cimetière de Sidi Laroussi, route d’Oran Chlef-Ouest où il repose désormais depuis 2012 aux côtés de ses parents.
Le troisième est Khelif Boualem.

C’est dans un accrochage avec les forces coloniales aux environs des montagnes de l’Ouarsenis qu’il fut arrêté, les armes à la main à quelques mois de l’indépendance. Lors de sa détention, il subit d’horribles atrocités avant d’être incarcéré à la prison d’Orléansville et condamné à la peine capitale.

Le quatrième, qui a pris les armes, aux côtés de ses anciens compagnons d’armes, pour lutter contre l’occupant français, est le moudjahid Zarzour Abdelkader, surnommé Si Khaled durant la lutte de Libération nationale. Il est né le 6 novembre 1938 à Bénichaieb w. de Tissemsilt.

Il rejoint les rangs de l’armée de Libération nationale (ALN) en 1956 à l’âge de 28 ans dans les monts de l’Ouarsenis. Ses innombrables qualités, notamment, un grand art de combat, lui ont valu d’être promu au grade de chef de zone dans la région de l’Ouarsenis sous le commandement de Si Djilali Bounaama de la Wilaya IV.

Il est connu pour avoir pris part à différentes batailles qui lui ont fait franchir tous les obstacles, gravir les plus hautes montagnes, endurer les pires épreuves, il avait dû supporter les pires douleurs et souffrances et les avaient surmontées, il a participé à différentes actions héroïques contre l’occupant comme, entre autres, les célèbres batailles de Bab Bekkouche, opération Jumelles (Ouarsenis), accrochage à Garboussa (Sendjass) w. de Chlef, au cours desquelles le moudjahid a fait preuve d’un grand art de combat. A l’indépendance, le défunt continue son activité militante avec la même foi révolutionnaire et occupa la fonction de cadre paramédical au sein de l’hôpital de Chlef jusqu’à la fin de sa vie, il est inhumé en février 2006 au cimetière de Sidi Ali M’hamed à Harchoune, w.de Chlef.



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