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L’Algérie ciblée par la «guerre de quatrième génération»

20 février 2021 à 10 h 39 min

A la veille du 2e anniversaire du 22 Février, il faut plus que jamais rester vigilant face aux tentatives de détournement des acquisitions du hirak par l’infiltration d’éléments ennemis de la démocratie en Algérie.

Depuis plus d’un an, les ennemis de notre pays ont mis en application un plan connu par les experts sous le nom de «guerre de quatrième génération». L’ANP, en coordination avec l’ensemble des services de sécurité, a mis en place d’efficaces contre-mesures pour éliminer cette menace. Toutefois, toutes ces mesures ne pourraient être pleinement efficaces si elles n’étaient pas soutenues par une solidarité réelle et effective de l’ensemble des forces vives de notre peuple.

C’est pourquoi cet article vise non point à dramatiser ou angoisser, mais plutôt à informer notre opinion publique sur les dessous de cette nouvelle guerre.

Dans un précédent article, j’avais lancé un «appel à l’unité nationale» face aux dangers réels qui
menacent notre pays.

D’aucuns n’y ont vu que le côté sécurisation de nos frontières. Or, l’Armée nationale populaire (ANP), véritable colonne vertébrale de l’Algérie, n’a jamais cessé d’assurer constamment la sécurité de notre territoire national, non seulement au niveau de nos huit frontières terrestres, marines et aériennes, mais également par l’élimination des poches résiduelles de terroristes infiltrés chez nous.

Des experts militaires étrangers, notamment américains, ont classé l’ANP au rang de 2e puissance militaire en Afrique sur la base de plusieurs paramètres. Ils soulignent notamment la qualité supérieure de nos armements, mais aussi et surtout le haut niveau de formation et d’efficacité de notre personnel militaire toutes catégories confondues, et ce, sur la base du choix du qualitatif plutôt que du quantitatif. Seule l’Egypte est classifiée comme première puissance militaire en Afrique en raison notamment du nombre de personnel militaire largement supérieur à notre effectif.

Face à la capacité de nos forces armées de contenir et déjouer toute agression armée, et 1’expérience tirée de l’extraordinaire épopée d’une Armée de Libération Nationle et d’un peuple faiblement armés, combattant avec succès une des plus puissantes armées de l’OTAN, près de huit ans durant, il fallait trouver une forme plus subtile et moins visible de guerre pour détruire définitivement une Algérie qui gêne par sa fidélité aux principes.

Mais la garantie de la sécurité de notre pays par l’excellence de nos forces armées ne saurait être assurée sans l’appui total de notre peuple. C’est pourquoi la nouvelle stratégie des puissances qui cherchent à déstabiliser, voire à balkaniser l’Algérie, est le recours à ce qui est appelé «Guerre de quatrième génération», telle qu’explicitée devant un aréopage d’officiers de l’OTAN réunis en 2018 en Israël. Le conférencier n’était autre que le professeur retraité, Max G. Manwaring, ancien professeur à l’Institut d’études stratégiques de l’US Army War College.

L’essentiel de la méthode préconisée est d’affaiblir de l’intérieur l’Etat ciblé en lieu et place de l’ancienne intervention militaire, contournant ainsi la capacité de réaction de son armée. Avant d’expliciter en détail cette nouvelle menace, il faudrait d’abord souligner que ce n’est, pour ceux d’entre nous qui l’ont connu dans les rangs de l’ALN, qu’un remake autrement plus sophistiqué de l’ancienne pratique de l’armée coloniale connue sous le nom d’action des Services Psychologiques de l’Armée.

En effet, face aux coups de boutoir de l’ALN, ces services ont tenté, sans succès d’ailleurs, d’affaiblir le soutien du peuple au FLN~ALN par des méthodes visant à créer le doute chez notre population, et qui allaient de la «bleuite» à l’impression de faux documents et de fausses copies d’El Moudjahid, en passant par les soi-disant «œuvres sociales» de Madame Massu et ses «dons de machines à coudre» aux femmes enfermées dans des «camps de regroupement».

Fortes de cette première expérience, certaines puissances ont décidé de mettre au point un plan plus élaboré et moins coûteux en hommes et en matériel. Ce plan s’appuie sur deux axes : action à partir de l’extérieur, puis manipulation d’éléments à l’intérieur même du pays visé. Une première mise en œuvre a été partiellement mise à exécution et a abouti au démembrement de l’ex~Yougoslavie et aux conséquences que l’on sait en Syrie et presque réussie dans un pays frère voisin, la Tunisie. Grâce à l’intervention salvatrice de nos services de sécurité, il a été fait échec à la tentative de destruction de l’Etat algérien, mais aux prix du sang de milliers de victimes de la «décennie noire».

La guerre de quatrième génération s’articule autour de ces deux axes. S’agissant de notre pays, le premier axe s’appuie sur une action à partir de l’étranger. Tout d’aborder procéder à un encerclement, aussi étanche que possible, de notre pays par des pays voisins hostiles où hébergeant volontairement ou non des bases d’actions ou des éléments provocateurs contre notre territoire.
A notre frontière Ouest, depuis 1962, l’hostilité du makhzen est constante.

En parlant du Maroc, il faut toutefois faire la distinction entre le peuple marocain frère que nous respectons et l’appareil repressif du makhzen qui s’est distingué par la repression brutale du hirak dans le Rif au nord du royaume et au Sahara occupé. Cet appareil agressif et expantionniste s’est d’abord manifesté contre notre pays par une agression armée en octobre 1963, puis par le parachutage d’armes à Cap Sigli, et enfin par l’invasion du Sahara occidental comme tête de pont face à Tindouf, clé de voûte des velleités d’atteinte à la sécurité de notre pays et à son intégrité territoriale. Cette hostilité s’est vu aujourd’hui considérablement renforcée par la collaboration secrète puis, aujourd’hui officielle, avec l’entité sioniste.

Il ne fait aucun doute que l’Algérie est, de l’aveu même et public du sinistre assassin du peuple palestinien Benjamin Netanyahu, la cible prioritaire d’Israël. L’envoi de ce dernier, à son voisin et complice, de spécialistes militaires et la fourniture d’armement de dernière génération (drones et matériel de guerre électronique) apparaît comme complément au «cadeau» de l’ami socialiste François Hollande sous forme d’un satellite espion, à la grande colère de l’Espagne elle-même.

Et ceci non seulement pour aider une armée d’occupation incapable de faire face aux assauts de l’Armée de Libération saharaouie, mais également pour jeter une base d’action contre notre pays. La construction, avec le know-how sioniste, d’une base militaire des FAR marocaines à moins de trente kilomètres de notre frontière sud-ouest en est la preuve.

A notre frontière Sud, le versement par les services français d’une rançon de plusieurs millions d’euros aux terroristes activant au nord Mali a servi non seulement au renflouement des caisses du terrorisme, mais a surtout contribué à la libération, réactivation et infiltration en Algérie de terroristes notoirement connus. Seules la vigilance de notre armée et sa présence sur le terrain ont permis l’identification, la capture ou l’élimination de nombre d’entre eux qui se préparaient à relancer des unités terroristes au nord de Notre pays.

A notre frontière Est, la guerre civile destructrice de l’Etat libyen, telle qu’organisée par un ex-président français et son complice sioniste et philosophe de pacotille Bernard Henri Lévy, est une menace directe non seulement pour la nation tunisienne, mais également pour notre pays du fait de l’infiltration de terroristes par notre longue frontière avec la Tunisie et la Libye.

Indépendamment de la sensibilité de notre longue frontière maritime, Israël et ses alliés occidentaux ont veillé à parachever cette ceinture d’encerclement de notre pays par la multiplication de représentations diplomatiques et autres bureaux de liaison dans quelques pays voisins, ces ambassades bureaux de liaison servant de bases opérationnelles pour le Mossad.
Le deuxième axe s’appuie à la fois sur une offensive des médias étrangers ou supposés maghrébins mais aussi et surtout en coordination avec des néo¬mercenaires d’origine algérienne.

Les médias, notamment français et marocains, tels CNews, France 24 et autre AurasTV, ex-Magharibia, ont fait de l’Algérie leur cible favorite. Leurs programmes se basent surtout sur de prétendus documents et assertions nauséabondes de prétendus historiens. Tel est le cas de l’historien Bernard Lugan, largement rétribué pour répandre le slogan du makhen que «l’Algérie n’existait pas avant sa création par la France».

C’est pourquoi les pères fondateurs de l’Organisation de l’Unité Africaine dans leur grande sagesse ont inscrit le principe irrévocable de «l’intangibilité des frontières», principe contre lequel le Maroc avait formulé des réserves du fait de son affirmation de la marocanité de la Mauritanie et du Sahara occidental en faisant sien le concept de frontières naturelles de Tanger au fleuve Sénégal. Malgré cela, et en appui de la volonté d’expansionisme d’un Etat voisin, il ne se passe pas un jour sans que certains médias français ne programment des attaques permanentes visant les musulmans de manière générale et l’Algérie de manière particulière, par la diffusion vicieuse de fake-news : «Diffamez, diffamez encore et toujours par le mensonge, il finira par devenir réalité aux yeux des ignorants».

Lors des négociations d’Evian, le chef de la délégation algérienne, Krim Belkacem, ministre du GPRA, connaissant la finesse de Saad Dahleb en matière de diplomatie, lui avait confié le soin de négocier les ultimes termes de l’accord. Le ministre français annonçait alors que le président de Gaulle avait décidé de «l’octroi» de l’indépendance à une Algérie constituée des 3 départements français d’Alger, Oran et Constantine. Quant au Sahara, il constituerait un ensemble sous tutelle française et où Dahleb, homme du Sud né à Ksar Echellala, jouerait un grand rôle.

Le regretté Saad Dahleb, rahimahou Allah, eut cette réponse cinglante : «Je ne suis pas du Sud, je suis d’Algérie», menaçant même le négociateur français de renforcement de la lutte armée si la France persistait à créer et perpétuer le démembrement de l’intégrité territoriale de l’Algérie par l’amputation de partie de son territoire millénaire.
De Saad Dahleb au colonel Mouhand Oulhadj, le peuple algérien a constamment fait échec à toute tentative de balkanisation du pays.

On ne peut conclure sur ce deuxième axe sans mentionner cette arme redoutable et invisible qui vise notre plus précieux capital, notre jeunesse. Il s’agit de la drogue et des psychotropes. Année après année, le makhzen tire d’énormes bénéfices de la culture, le conditionnement et la vente du canabis (hashish) dont il inonde le monde. Au demeurant, l’agence des Nations unies spécialisée en la matière a classé le Maroc premier producteur et exportateur de ce végétal. L’Algérie constitue une cible de choix pour cette drogue infiltrée par nos frontières ouest principalement et sud accessoirement. Ces derniers temps, notre pays subit aussi l’attaque par l’infiltration et la vente de drogues dures, telle la cocaïne. Un élément létal qui, ajoutant à la consommation de drogue, est l’absorption d’alccol acheté au marché noir et souvent frelaté, menant à un effet destructeur de notre jeunesse et parfois à une issue fatale.

Des criminels avérés, sans considération pour la santé de nos citoyens et sans scrupules, tirent profit de la fermeture d’établissements de vente légale de boissons en créant un réseau de vente illicite d’alcool. Ce marché clandestin est tenu par une mafia génératrice d’une nouvelle classe de riches, futurs millionaires et rois de la corruption. Les bénéfices tirés de la vente illicite d’alcool, de contrebande ou d’alcool frelaté, associé à la prise de drogue, non seulement constituent-ils aux yeux de la loi des actes criminels, mais ils enrichissent les «marchands de mort», détruisent à petit feu notre jeunesse, mais servent également les ennemis de notre pays en finançant des opérations criminelles ou terroristes, pensées par les tenants de cette nouvelle guerre.
ln fine, l’objectif de cette guerre asymétrique de quatrième géneration a été, est et reste l’implosion de l’Algérie, à l’image de l’ex-Yougoslavie. Pour ce faire, l’argent étant le nerf de la guerre, de puissants moyens financiers ont été mobilisés pour payer et stipandier les agents dormants ou actifs à l’intérieur et à l’extérieur de l’Algérie. Les principaux corrupteurs et sponsors, agissant par des institutions financières créées à cet effet, ont pour noms Israël et le makhzen.

C’est ainsi que les services secrets marocains ont activé des filiales au sein de banques européennes tant à Paris qu’à Londres pour financer des groupes terroristes ou potentiellement séparatistes, non sur les fonds propres de ces banques, mais sur des fonds d’argent blanchi fournis par la Attijari International Bank où un holding de sa majesté l’émir des croyants est actionnaire majoritaire. Offensive médiatique, tentative de dresser des ethnies ou groupes linguistiques les uns contre les autres, mobilisation d’agents dormants ou mercenaires, ambiguïté des positions politiques de certains Etats, tout est mis en œuvre pour détruire l’Algérie, dernier bastion au Maghreb de la défense des peuples opprimés ou sous occupation et leur droit à l’autodétermination.

Toutefois, les promoteurs de cette nouvelle guerre asymétrique, la guerre de quatrième génération, ont omis une arme puissante et fondamentale pour la défense de l’Algérie : celle de la capacité du peuple algérien, toutes appartenances politiques ou sensibilité dans le corps social confondues, à oublier les divergences ou les éléments conflictuels qui le traversent pour s’unir dans une solidarité sans réserve chaque fois qu’il sent que sa liberté, sa souveraineté ou l’intégrité de notre territoire national sont menacées. Le ressort patriotique salvateur s’est toujours manifesté, de l’agression des Forces armées royales marocaines en octobre 1963 jusqu’à la menace créée par les retombées de l’agression d’El Guergarat en territoire occupé de la République sahraouie.
Il est temps aujourd1hui de mettre nos divergences futiles de côté pour ressouder le peuple autour de son Armée nationale populaire.

Car c’est bien l’ANP qui est visée en premier pour sa capacité à affronter victorieusement toute agression d’où qu’elle vienne et en raison de ses racines profondes dans ce peuple qui a enfanté la glorieuse Armée de Libération Nationale.

Il est également temps de réagir aux espoirs de nos ennemis de voir nos divergences et nos problèmes de malvie mener à des troubles graves et des affrontements qui feraient couler le sang sacré de patriotes algériens. Il est donc urgent de répondre à la main tendue du président Tebboune pour un dialogue fécond entre peuple et dirigeants, un dialogue interne franc, direct et inclusif excluant les visées politiques stériles de ceux qui placent leurs intérêts égoïstes et étroits au-dessus des intérêts légitimes de cette grande Nation algérienne fière de l’héritage glorieux que nous ont laissé nos aïeux et nos chouhada.

Solidarité, unité nationale et vigilance de tous les instants sont le secret de notre survie dans la liberté et la souveraineté de l’Algérie Eternelle. Avec l’aide d’Allah et l’engagement sans faille de tout notre peuple, nous affronterons avec détermination toutes les formes de menaces et serons à jamais invincibles.

 

Par Noureddine Djoudi 

Ambassadeur

 


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