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La malédiction de la rente pétrolière a éclipsé la bénédiction de la création de richesse

08 janvier 2019 à 8 h 38 min

L’erreur ne devient pas vérité parce qu’elle se propage et se multiple ; la vérité ne devient pas erreur parce que nul ne la voit.» (Mahatma Gandhi).

La rente pétrolière nous a gavés de biens et services à en gaspiller autan que la consommation ; elle a par ailleurs introduit le désarroi d’un mauvais système rentier où le chômage, l’inflation, la malvie, le piston, la corruption, la pauvreté, la hogra et la misère ont fait la norme des prédateurs. Depuis que les cours du pétrole ont commencé à péricliter, au cours de l’année 2016 et vers la fin 2018, et suite aux crises de récession au niveau international, l’Algérie (pays, Etat, système, pouvoir et régime) déjà en déclin économiquement, financièrement, culturellement et politiquement, devrait s’attendre prochainement à la chute du système, du pouvoir et du régime qui ne cessent de s’accélérer pour laisser place à la mise en place de l’instrumentalisation de l’appareil de l’Etat ou seule son autorité est soumise à la loi ; car la situation du pays, son image et son rang dans le monde se dégradent sans cesse en l’absence de l’Etat et de ses institutions et du manque de vision et de stratégie.

Face à cette situation qui s’apparente au syndrome hollandais «dutch disease», ou plus exactement une forme de malédiction et non une bénédiction des matières premières qui est un phénomène économique qui relie exploitation de ressources naturelles (pétrole, gaz, or, minerais…) et déclin manifeste du développement industriel et technologique. Ce phénomène est suscité visiblement par l’accroissement des recettes d’exportation (presque 98% de recettes des hydrocarbures), qui à son tour provoque l’appréciation de la devise. Le résultat est que dans les autres secteurs, les exportations deviennent moins favorables et moins importantes que les importations. Le syndrome est une maladie et le virus de cette maladie est bien la rente (entendre par là esprit politique et culture rentière).

Devant cet état de fait, le pays pourrait ou risquerait de basculer dans un chaos social, un désordre économique et une discorde financière sans précédent, pires que ceux qu’ont connus ceux qui ont vécu les événements de 1988 (chute des prix du pétrole et rareté des biens et services). Le bateau Algérie tel qu’il est géré actuellement, par une main prédatrice, risque de nous mener vers la faillite qui est proche car ses prémices sont bien réelles. Le prix du pétrole et la réserve des devises en baisse expliquerait mieux les mauvais choix qui nous attendent demain.

Comment tirer la sonnette d’alarme ?

En tant que citoyen lambda algérien, j’espère et j’estime que, par cette modeste contribution, j’ai peut-être ce privilège et même ce droit de savoir et de dire ce que je sais de ce qui se passe réellement dans mon pays… J’aimerais connaître aussi les mesures effectives, nécessaires et utiles qui pourraient éventuellement même vous aider positivement afin de nous protéger. Je les avancerais quand même si nos gazettes quotidiennes prennent la peine de les véhiculer pour que les citoyens, les intellectuels, les responsables, les universitaires, les administrateurs, les élus, les ministres enfin l’Algérien tâtent le bien-fondé et le mauvais fait de la situation actuelle.

Sachant que l’activité financière du pays se déverse comme une boule de feu dans le psychique du citoyen lambda algérien, dans l’étymologie de l’intellect algérien, dans la sociologie et enfin dans la religion modélisée par la plèbe à barbe.
L’utilité est qu’il ne faut jamais perdre de vue une chose importante : dans des périodes aussi désorbitées socialement, déroutées économiquement, déstabilisées financièrement et désaxées culturellement que celles dont nous vivons «normalement» en cette période de rente pétrolière, des fortunes se font anormalement et se défont normalement ; car gagner de l’argent sans travailler est considéré par l’homme sincère comme une activité malsaine.

Tandis que les Algériens voient leurs misérables épargnes partir en fumée via l’inflation, la baisse de la valeur du dinar et l’improductivité qui ne trouve pas son lieu de naissance, par contre des affairistes «khobzistes» parviennent quand même pour un temps à protéger leur patrimoine via le blanchiment d’argent et même à l’accroître pour un temps.

Si vous me le permettez cher lecteur, j’aimerais vous aider à en faire partie dans la suite de ma petite réflexion. Avant d’enchaîner sur le cours de mes idées, je m’arrêterais sur une histoire venant du pays des Mandarins où l’esprit «confuciusien» avait devancé la déchéance d’une société.

Pour détruire une société (peuple) dans un pays donné, il suffirait de «médoc-riser» son système éducatif, dévaloriser le bien, vénérer le mal et généraliser la déliquescence, l’immoralité, la pestilence, la malhonnêteté, la corruption… Et dans une ou deux décennies, cette société sera transformé en peuple d’ignorants, qui ne sait ni comment moraliser la gouvernance ni comment faire une économie de valeurs ajoutée. Ce peuple serait forcement régenté par des resquilleurs, des malfaiteurs et des truands pour lesquels le sens du travail, de l’effort et du mérite n’aurait plus de place ni de sens. Par conséquent, la malédiction vient de notre mauvaise éducation ! Blaise Pascal avait bien dit : «On est juste quand on est fort et la force c’est la science donnée par l’école à l’humanité et à l’homme qui fera la société.»

Je m’excuse d’avance parce que je vais peut-être vous circonvenir, j’aimerais que vous sachiez une chose très importante. Ce que vous allez savoir à partir de cette petite contribution ce ne sont pas de simples présages, des messages de détresse qui n’ont aucune facilité de se réaliser. Si vous estimez que nos dirigeants et nos responsables ont le pouvoir de tout régler d’un coup, vous pouvez cesser de continuer de lire ce compte-rendu.

Les travailleurs pauvres

«Plusieurs causes expliquent ce phénomène : faiblesse des salaires, décroissance, improductivité, chômage… Mais un élément structurel majeur le met en perspective : la tertiarisation du prolétariat. En effet, ce nouveau prolétariat des services constitue une immense armée de réserve apparue avec la désindustrialisation de notre pays ; ils sont devenus les soutiers de l’économie mondialisée.» (Gaël Brustier).

Je n’ai pas de chiffres officiels à vous révéler, mais quelques constats réels dérivés font bien l’affaire. Ce sont des données publiques, accessibles à tous via internet et les médias. Il suffit de les prendre en considération – au-delà de la langue de bois bien sûr et du politiquement correct – pour s’apercevoir que ces informations pointent toutes vers une réalité implacable. Il est tout à fait normal et acceptable, par respect aux opinions larges et diverses, que certains pourront éventuellement écarter d’un revers de la main, cette réflexion est tout à fait «normale» comme disent les lambdas algériens.

Il est certain et même «normal» de vous avancer certaines prévisions que certains ne prendraient pas en considération, bien qu’ells se vulgarisent à travers les «une» de notre presse quotidiennes.
Je suis retraité, économiste de formation. Mes travaux n’ont jamais été motivés par des institutions (banques, ministères,entreprises, administration…)

J’ai ruminé mes idées longtemps, j’ai poussé mes idées jusqu’au bout. Mes conseils sont déposés gratuitement dans le creux de l’oreille des citoyens et mon principal but et de vous faire voir la façon de faire fructifier votre patrimoine et de transmettre, pour partage à qui de droit, ce savoir modeste.

En examinant l’impact des politiques économiques actuelles sur le quotidien des lambdas et sur le patrimoine des Algériens, beaucoup, comme moi, réfléchissent passivement sur l’incapacité du pouvoir, du système, du régime et de l’Etat à se réformer pour laisser place a un état de droit. Ceci ne peut être fait que par un véritable «homme d’Etat».

Actuellement, le seul critère de mesure, la productivité positive c’est celle de la «fabrique de pauvres » puisque la situation sociale et économique s’est dégradée, à tel point que je me suis mis à dire ce qu’ il en est visuellement.
La rente pétrolière a forcé les transferts sociaux pour une paix sociale qui dépend du prix fluctuant du marché pétrolier. La distribution de l’argent s’est faite gratuitement, au détriment de l’économie et du travail, ce qui pousse le pouvoir à grignoter son capital. Le budget alloué aux transferts sociaux (produits alimentaires, habitat, santé, éducation, eau-gaz-électricité, carburant) dépasse 10 puissance 3 milliards de dinars, ce qui risque de représenter presque le quart du budget de l’état si je ne me trompe pas, pour cette année 2019.

La loi de finances nous le dira. L’absence de rationalisation des dépenses favorise le gaspillage, la médiocrité et toutes formes d’atteinte aux richesses nationales en passant par la corruption.
Les révolutionnaires intelligents, qui ont une antithèse philosophique, ont le cran et le courage de remettre en question la situation de statu quo par le «politiquement correct» et les médias impertinents pour mieux sensibiliser et mobiliser la «masse laborieuse».

Nous nous concentrons sur les idées. Notre objectif est de faire circuler et de promouvoir les idées qui peuvent, selon nous, rendre le pays bien meilleur, mais aussi, à l’inverse, de révéler et exposer les idées dont nous pensons qu’elles sont dangereuses.

Le pire est à venir, cela est certain, la chute de la rente pétrolière nous l’annoncera douloureusement. Je suis convaincu que la crise que nous traversons aujourd’hui affectera profondément notre niveau de vie et notre rang dans le monde.

Critères de la faillite annoncée

En 1988, l’Algérie était dans le rouge. La dette intérieure algérienne était, en juin 2008, de 814,4 milliards de dinars ; elle a donc augmenté de 64,4 milliards de dinars entre juin et décembre 2009, soit l’équivalent de 11 milliards de dollars à fin décembre 2009 (selon Google). Cette dette représente l’ensemble des créances sociales (salaires des fonctionnaires, par exemple), commerciales et fiscales. La dette intérieure est insensible aux écarts de change car elle est majoritairement libellée en dinar algérien. Elle représente 9,2% du PIB (source : wikipedia). La dette intérieure publique connaît une tendance à la hausse.

Durant les années 1980, l’économie algérienne a connu des difficultés sérieuses. En effet, la baisse du prix du pétrole de 1986 a porté un coup dur à une économie quasiment rentière. C’était la période des plans antipénurie et de stabilisation. En 1990, l’Algérie a engagé des réformes structurelles pour accéder à l’économie de marché – pardon, à l’économie de bazar !

En 2016, la politique «après-pétrole» reste toujours une chimère. L’économie algérienne demeure fortement dépendante de la rente pétrolière, la principale source de revenus du pays, sans parvenir à se diversifier et à mettre en place une industrialisation compétitive.

Il est à noter que 2017 a été une année charnière pour le pays et c’est peut être à ce moment-là que la dette publique risquait de dépasser un seuil inacceptable pour le portefeuille de l’Algérien lambda, en plus de la suppression de certaines subventions et de l’ajout de taxes pénalisantes. Ce sont désormais des dizaines de milliards de dinars de dette que nous traînerions… à rembourser par chaque Algérien. C’est terrible à dire, mais ce n’est pas le plus grave. La retraite serait versée déficitairement à échéance lointaine, en commençant par des petits retards de versement ; les budgets des collectivités locales, des wilayas, des ministères risquent de ne plus trouver la provision nécessaire pour couvrir les traitements et salaires car les recettes régressent et l’inflation augmente !

Il faut que vous sachiez à quoi servent vraiment vos impôts – du moins pour ceux d’entre vous qui payent l’impôt car la désobéissance fiscale et le défaut de versement des cotisations mèneront le pays vers le précipice.
La logique est simple : chaque fois que le déficit budgétaire s’aggrave (dépenses supérieures aux recettes, besoins plus importants que l’offre)l’Etat doit obligatoirement emprunter de l’argent , par le biais de l’endettement externe (endevises) et interne (planche à billets). Et qui dit emprunt externe dit intérêts (service de la dette). Plus la somme empruntée est conséquente, plus les emprunts sont élevés… Nous connaissons déjà la leçon, elle a été apprise durant les années de la fin du siècle passé ou le service de la dette était plus important que le capital. Aujourd’hui, devant la situation économique du pays, l’emprunt devient colossal et évident parce que nécessaire… et les intérêts seront si importants que la rente risque de ne pas les couvrir.

Par conséquent, la dette et le service de la dette, c’est l’Algérien qui la paye via les impôts, pour le simple remboursement des intérêts. Pour le principal, c’est autre chose, elle serait normale si cette dette était utilisée utilement, pour la création de richesse, de bien être et de prospérité de l’Algérien ; elle est anormale dans le cas où la mafia s’en est servie à sa guise pour se divertir ailleurs.

Cercle vicieux

Désormais, les impôts ne serviront plus à assurer un service public déjà médiocre. L’ éducation, la défense, les infrastructures, le logement, la santé, l’administration, la justice… tous les services de l’Etat seront financés à crédit par manque d’argent.
Il s’agit par ailleurs de taxer fortement le produit de votre travail pour rembourser une dette qui s’alourdira dans les années à venir, si nous ne changeons pas de stratégie, de modèle et de projet de société pour créer de la richesse par le travail, unique issue de secours et planche de salut.

Si nous voulions sortir de ce cercle vicieux, il faut faire d’immenses sacrifices. Voyez-vous, un pouvoir ne peut pas s’approprier toute la richesse (rente pétrolière) du pays. Il faut bien qu’il nous reste de quoi acheter du pain pour se nourrir, des habits pour se vêtir, des médicaments pour se soigner, des maisons pour se loger, des voitures pour se déplacer, des livres à lire, des gadgets pour s’amuser…. Et cela ne peut se faire qu’avec du travail utile à valeur ajoutée.
Ainsi pour payer ses dettes, l’Etat ne peut donc puiser que dans ses recettes : c’est-à-dire ce qu’il prélève comme impôt sur les entreprises et les salaires des citoyens.

Rappelez-vous de notre dette d’hier : elle était de 31 milliards de dollars et elle nous avait mis dans de sales draps ; aujourd’hui on pense déjà à s’endetter sans jamais penser à bien travailler. Il faudrait donc à l’Etat plusieurs années de recettes pour

rembourser la dette nationale, ceci en arrêtant tout service public : plus de justice, plus de police, plus d’école, plus d’armée, plus d’hôpitaux, plus de médecins… ni même de fonctionnaires pour faire rentrer les impôts !
Le secteur public pèse trop lourd dans la balance, il faut donc l’amoindrir. Mais comment ? Il faut déjà se préparer à l’écrasement de la classe moyenne en passant par la «fabrique des pauvres».
Pour trouver un peu d’argent, il n’y a qu’à taxer les plus riches ! Avec tous ces nouveaux riches qui ne payent pas d’impôts, on peut débusquer assez de milliards pour résoudre une partie de nos problèmes, tout en compressant l’éventail du système salarial.

Etre riche, dans une société respectable, devrait être régulé par une norme sociale selon laquelle on est passible d’être imposable sur un revenu/mois et un patrimoine. Less taxes prélevées sur les riches et les hauts salaires peuvent procurer une recette supplémentaire et diminuer le problème. De cette manière, le pays pourrait avoir des statistiques sur les plus riches, donc taxables. Les pauvres, eux, auront disparu des statistiques puisqu’ils ne cotisent pas, ils consomment à partir du social, de la même façon qu’on raye les chômeurs découragés des statistiques de l’emploi.

En pratique, ce serait tout simplement l’étouffement de la classe moyenne : elle deviendrait de fait la victime systématique des politiques d’austérité et de taxation, provoquant son appauvrissement via la «fabrique des pauvres» tandis que les plus modestes, ployant eux aussi sous le fardeau fiscal, seraient bien en peine de grimper dans l’échelle sociale. Il est d’ailleurs dramatique de constater que la jeune génération actuelle est la première depuis le XXe siècle à savoir que son niveau de vie ne sera pas supérieur à celui de ses aînés car l’investissement productif est absent ; le logement, l’emploi, le mariage sont des barrières infranchissable et la voiture est un capital décès !

Croissance

En conclusion, nous pouvons dire qu’un pays sans classe moyenne est un pays pauvre. Un pays dont la classe moyenne diminue s’appauvrit. Et vous allez me dire : qu’est-ce que vous faites de la croissance alors ?
Parler de «croissance» démographique, croissance économique, croissance financière, croissance monétaire, croissance de richesse, de valeur ? Il est vrai que, «normalement», selon une certaine logique, la seule autre façon de rembourser les dettes seraient que l’Etat augmente ses recettes fiscales grâce à la croissance de la richesse (plein emploi-essor économique).

Pour cela, parler de croissance économique veut dire un système économique créateur de valeur ajoutée supérieure à la croissance démographique, une richesse permettant de faire vivre toute la population et de dégager un surplus servant à effacer la dette… Par conséquent, avoir un capital dont la productivité permet de faire le plein-emploi et de de l’accumulation du capital un outil de création de valeur et de richesse…

La population a tendance à vieillir doucement, à voir le nombre de retraités ; les gains de productivité existants deviendront marginaux et la caisse de retraite risque de ne plus pouvoir répondre à la demande. Pour se tirer d’affaire, la croissance doit dépasser le déficit ! Dès que la croissance est inférieure au déficit, l’insolvabilité augmente automatiquement.
Remarque pertinente : jamais un pays n’est devenu riche en augmentant les impôts. Mais comme l’absence de croissance ne permet pas d’augmenter les recettes, c’est la seule voie à ne pas emprunter. Hélas, partant d’une pression fiscale record, elle deviendra vite insoutenable.

Le secteur public devient une charge de trop dans la balance par ses mauvais services bien rémunérés avec PRI en plus ! Cela est également mauvais pour la croissance, sachant que le secteur public a été anéanti par une liquidation forcée par le FMI et une privatisation insensée.

Il faut en être conscient : l’Algérie est un zombie financier, tout juste capable de faire face au remboursement des intérêts de sa dette via la rente pétrolière, mais incapable d’assumer le remboursement du principal par la sueur des travailleurs. Nous sommes déjà financièrement morts. D’autan que l’acte d’importer est plus aisé et plus rémunérateur que celui d’investissement, qui est embourbé dans une bureaucratie utile pour la mafia de l’import.
Nos autorités prennent un risque énorme en toute connaissance de cause en s’endettant. L’Etat risque de placé l’avenir de notre nation dans des mains externes : des fonds étrangers, des spéculateurs, des institutions bancaires. Creusons un peu notre jugeote ! Nos créditeurs (oligarchies) eux-mêmes sont en piètre forme. Ils sont pourtant désormais le seul rempart qui nous protège d’un effondrement pur et simple de notre système. Dans la mesure où la croissance deviendrait négative, nos villes et nos cités se retrouveraient coupées de leurs approvisionnements en eau, en électricité…

La réserve monétaire, constituée d’un surplus de la rente, assure juste pour un temps les équilibres financiers. Cette réserve dépend à 100% de la rente pétrolière, elle aurait pu être meilleure si c’était un surplus de la productivité du capital. Les hôpitaux, les transports ne fonctionneraient plus à un rythme qui permet de booster l’économie… Les écoles risquent même de fermer car le budget ne supporterait pas le poids financier de l’éducation.

Les entreprises à inputs externes ne pourraient plus tourner et beaucoup de produits de grande consommation risquent de faire des mécontents comme l’eau de désalinisation, l’électricité… Les salaires cesseraient d’être versés et cela ressemblerait à ce qui s’est passé récemment en Grèce. Le salaire minimal a baissé en valeur et les autres segments de salaires ont été gelés, voire carrément réduits par l’inflation et l’érosion du dinar, tandis que les impôts augmentaient via les prix.

Avec l’augmentation du tarif de la vignette, des prix de l’essence et de la voiture, les Algériens n’auront plus les moyens d’avoir un véhicule neuf et feront attention de rouler inutilement, les prix réels forceront les mauvaises habitudes et la bonne monnaie chassera la mauvaise (indexation des prix à l’euro). Ils seront aussi de plus en plus nombreux à dépendre du système D, vivant au jour le jour d’échanges, de charité, de marché noir, de marché informel, de marché illicite, de trabendo… voire de vol et de business.

Les services publics prennent un sacré coup : la collecte des déchets est désormais un problème de plus, générant une saleté continue, blessant l’environnement. Les hôpitaux ne seront plus en mesure d’assurer la santé des Algériens, les patients obligés d’apporter leurs propres draps, leur médicaments, voir leurs seringues… Les opérations risquent d’être réalisées peut être même sans anesthésie, les budgets vont subir des coupes drastiques… Au plus fort de la crise, le taux de suicides, d’accidents et de cas d’hypertension augmentent avec le rythme de la misère qui se nourrit des coûts supérieurs aux revenus.

Cette année 2019, l’annonce de nouvelles mesures d’austérité risque de faire basculer le pays dans le chaos : manifestations, émeutes, boutiques vandalisées, incendies… Les medias ont tendance à avoir une pensée pour l’Etat question argent et une pensée pour le peuple question marché ! C’est déplaisant, je sais… Surtout dans la mesure où la plupart des Algériens, aujourd’hui, ne réalisent pas à quel point nous sommes proches d’un «black-out monétaire» si la rente pétrolière tarit, la monnaie de singe ne permettant pas de faire face aux importations car les inputs des produits algériens viennent de l’extérieur et le taux d’intégration de nos produits manufacturés est dépendant de l’import.
Ce sont des conseils et des informations d’un citoyen lambda devant autant de chocs financiers et économiques.

Sombres perspectives

Lorsque les marchés de biens rationneront la nourriture, lorsque nos retraites disparaîtront car la Caisse nationale de retraite) ne trouvera plus de pourvoyeurs, lorsque nos avantages sociaux seront supprimés, y compris les subventions… alors qu’arrivera-t-il au pays en tant que nation ?

Pouvez-vous imaginer ce genre de scènes dans toute l’Algérie de demain ? Alors que les jeunes peuvent utiliser les réseaux sociaux pour organiser une manifestation n’importe où en quelques minutes, sinon créer un réseau pour la harga.Alors que presque la moitié de la population ne paie pas d’impôts directs et dépend de l’aide du gouvernement ?

Avec l’esprit d’assistanat – nous attendons que l’état nous donne un logement, un emploi, une retraite, un couffin de Ramadhan, une part de notre gâteau Algérie, un baril de mon pétrole à moi ! – le chômage, chez les 18-30 ans, atteint une proportion intolérable. Blanche Algérie, Ansej, ANEM et autres dispositifs d’emploi sont non évalués et l’argent est détourné vers une valeur négative, produisant plus de charges que de produits. Combien de temps pensez-vous que les gens tiendront sans commettre des vol ou recourir à la violence lorsqu’ils ne pourront plus manger ? Pas bien longtemps !

Nous avons déjà vu ce genre de crises se dérouler partout dans le monde entier. Lorsqu’on observe les dégâts que de tels événements peuvent causer, il n’est pas étonnant que nos gouvernants soient prêts à tout pour les empêcher. Mais comment ?

Le pire est bien les dommages matériels, encore pire que la violence et enfin encore pire que les pénuries alimentaires… de tels événements ont un pouvoir stupéfiant qui peuvent dépasser même l’ampleur d’une catastrophe naturelle.
Le pouvoir de non seulement faire disparaître votre patrimoine et la stabilité à laquelle vous êtes habitué c’est pour cela qu’on nous montre souvent l’exemple de la Lybie, de l’Irak, de la Syrie … sans jamais nous dire il faut imiter le bon sens des pays les plus avancés.

Il faut penser a notre mode de vie lui-même : les traditions, la valeur des choses transmises sur des générations et des générations qui ont disparu sous l’effet de la mauvaise gestion de la rente pétrolière.
Des familles se sont effondrées alors que les jeunes se retournaient contre les plus vieux, des femmes ont été forcées à se prostituer pour survivre, des mères mendiaient pour nourrir leurs enfants, des nouveaux gangs politiques (baltaguia) s’entretuaient dans les rues. Imaginez cela dans notre pays d’aujourd’hui, alors que notre culture elle-même est fragile et tout opium ferait l’affaire, les jeunes semblant être en guerre contre nos traditions.

Il serait impossible d’obtenir de l’essence dans les stations-service. Les rayonnages des magasins commenceraient à se vider, les boulangeries n’auront plus de farine.Les propriétaires ne peuvent obtenir de prêts immobiliers. Les obligations perdent toute valeur devant une baguette de pain ou une boite de lait pour nourrisson. Les marchés se ferment rarement. Les prix, incontrôlables, font des «montagnes russes». Les gens descendent dans la rue, demandant à ce que le gouvernement agisse. Les grèves paralysent nos institutions. Les émeutes détruisent des foyers, des boutiques, voire des quartiers entiers. Ce que dis, en revanche, c’est que quand ce genre de phénomène se déclenche, les choses tournent très mal, très rapidement. Et on ne pense jamais que ça nous arrivera. Personne.

C’est la nature humaine : votre cerveau lui-même ne vous permet pas de croire qu’un désastre peut se produire. Même en présence de preuves limpides qu’un bouleversement majeur guette… Même lorsque le simple bon sens avertit que le danger est proche… La plupart des gens se convainquent que ça ne peut pas arriver.

Et pourtant, pourtant ! Même les intellectuels pensent que notre État-providence qui distribue des crédits non remboursables (effacement de la dette) ne peut pas continuer ainsi, que nous pouvons continuer à emprunter en l’absence de la rente pétrolière et dépenser de l’argent sans rendre compte…

Mais peu de ces mêmes gens réalisent que nos gouvernants, au niveau le plus élevé, mènent une lutte désespérée pour maintenir ce système en place. Or, le fait est qu’ils ont désormais utilisé tous les outils habituels à leur disposition. Ils ont injecté des milliers de milliards de dinars dans le système. Quelle marge de manœuvre leur reste-t-il si le système cale ? Une véritable arme de destruction massive. Elle permet à notre gouvernement de passer à une toute nouvelle forme de gestion de la dette publique.

C’est très simple. Le pouvoir algérien joue le rôle de la «cigale ayant chanté»… Mais les algériens eux-mêmes ne savent pas jouer le rôle de la «fourmi». Des fourmis qui mettent de côté une épargne de leur revenu. De l’argent épargné, mis de côté, pris sur les dépenses quotidiennes, pour assurer votre avenir, protéger votre famille en cas de coup dur, rendre votre retraite plus confortable. Mais aussi un gisement de richesse irrésistible pour nos dirigeants.
Des dirigeants pris au piège de la dette, coincés par leurs engagements populistes et démagogiques, dans l’incapacité – par manque de courage ou simplement parce que c’est socialement et humainement impossible – d’augmenter suffisamment les impôts pour combler les déficits…

Ailleurs, posséder de grosses sommes en cash est considéré comme une «activité suspecte». Si vous effectuez un gros retrait dans le pays, la banque est obligée, de par la loi, de remplir un rapport sur vous et de le transmettre aux autorités.
Terrorisme, argent sale, travail au noir, trafics en tous genres… Les autorités devront associer désormais le cash à la criminalité et à l’insécurité. Elles tentent d’en faire une chose «sale», dangereuse… voire carrément dépassée. Ce sont là des manœuvres délibérées pour mettre en place un contrôle total sur l’argent sale et sur la vie des citoyens de manière générale.

Des cas ont existé dans des pays d’Europe et en Australie, où de tels chocs économiques durent des années. Ici, la «ch’kara» est devenu le mode de payement, on ne compte pas l’argent chez ces gens-là Monsieur ! On pèse l’argent Monsieur !
Les prix font des «montagnes russe » incontrôlées… Des grèves paralysent les services de l’Etat et font fermer les services publics, les hôpitaux ne peuvent pas obtenir de médicaments, les gouvernements deviennent de plus en plus désespérés et violents (état policier)… Est-ce que cela arrivera aujourd’hui, ou demain, ou dans un mois ?Je n’en sais rien. Personne ne sait quand, mais cela se reproduira très certainement !

Ce que je sais est qu’il est impossible de s’en tirer en créant de la fausse richesse avec de la fausse monnaie.
Le crédit ne peut pas être gratuit. Il y a toujours un prix à payer. On échange toujours quelque chose contre autre chose et pas gratuitement comme le «contrat d’association» avec l’Europe pour son unique profit. La promesse de payer un jour ne suffit plus lorsque celui qui promet ne rembourse jamais et creuse sa dette.

Quand ?

Je ne veux donc pas vous laisser sans vous offrir un moyen de rester au courant des développements de cette menace croissante. Une sorte de passeport pour notre pays, un pays qui n’est pas gouverné par le financièrement correct, ou la ligne officielle (état de droit), ou des médias partisans (liberté d’expression), ou des idées dangereuses (dictature, despotisme…). Voyez-vous, pour notre pays,pour l’économie, pour nos dirigeants, la vérité du peuple est ailleurs, et tout cela est loin d’être terminé. Il reste beaucoup de choses à découvrir. Et pour vous, c’est un «fauteuil au premier rang» pour anticiper et comprendre certains des changements économiques les plus importants de notre histoire qui veulent s’isoler des idées fausses dont nous sommes constamment bombardés et découvrir quelque chose de neuf (véritable opposition).

Pour ceux qui savent que la vérité est ailleurs » et ont simplement besoin d’un moyen de la trouver, des conseils et des placements pour sécuriser l’argent face à l’inflation, à l’augmentation des impôts et à la baisse du pouvoir d’achat est une règle que l’Algérien va goûter amèrement.La fabrique du pauvre, pour ceux dont le pouvoir d’achat ne permet pas de subvenir au minimum de leurs besoins d’une part et d’autre part pour ceux qui ont amassé de l’argent par des moyens non conventionnels et ne savent pas l’investir pour la création de richesse. Nous avons effacé nos instituts de formation et de technologie qui ont été développés durant les années 70. Point d’observatoire de l’économie nationale pour la prévision et pour l’orientation stratégique.

La stratégie économique qui devrait être prise en considération se situe entre plusieurs modèles  :

– Pour un juif la pauvreté est intolérable.

– Pour un chrétien, c’est la richesse qui l’est.

– Pour un musulman, «khayra el omor awsatouha». Le juste milieu n’a pas encore été conceptualisé !

Par Benallal Mohamed , ancien cadre

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