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Enfin, vint l’ADN ! ou l’origine du peuple berbère

15 juillet 2019 à 9 h 00 min

Ces derniers mois, avec une force insoupçonnée, le peuple algérien a montré son unité comme jamais dans son histoire. Oui, le 22 Février est devenu une date aussi importante que le 1er Novembre 1954 ou le 5 Juillet 1962.

D’où vient que d’El Kala à Tindouf, de Tamanrasset à Alger, de Kabylie aux Aurès, le même élan, la même détermination déferlent le mardi et vendredi depuis 5 mois. C’était comme si une force insoupçonnée, gravée dans les tréfonds de la mémoire du peuple s’était libérée.

Nous n’avons pas pu nous empêcher de faire un rapprochement entre la conjonction de facteurs politiques (déterminants) historiques (nécessaires) et les données pré et protohistoriques et parmi lesquelles les plus récentes, les facteurs génétiques.

Depuis l’harangue historique de Ben Bella (nous sommes arabes, arabes, arabes !) qui, avec le recul historique résonne de façon pathétique, les tentatives de division du peuple algérien n’ont guère cessé depuis l’indépendance et ont été une constante dans l’exercice du pouvoir en place depuis 1962.

Kabyles, Chaouis, Mozabites , Touareg ont attiré les foudres du pouvoir alors qu’ils avaient maintenu contre vents et marées et les vicissitudes de l’histoire la singularité de la culture originelle et la langue amazighe plusieurs fois millénaire.

L’histoire (pré et protohistoire), l’anthropologie, la paléontologie, l’ethnologie ont montré l’unicité et l’origine des peuples d’Afrique du Nord. Plus récemment, l’étude de la génétique des populations a confirmé l’homogénéité des populations du Maghreb.

Malgré les invasions transitoires ou durables (romaine et autres) ou les colonisations (arabe, turque et française) l’homogénéité du génome berbère s’est maintenue.

Les travaux des équipes algériennes (Alger, Constantine, Annaba), ainsi que ceux de nos voisins marocains et tunisiens ont permis de démontrer que le génome des populations des trois pays (il n’y a pas eu de travaux en Libye et en Mauritanie) est homogène à 86%, dépassant ainsi le taux de la Finlande, considérée jusque-là comme la population restée la plus isolée (en dehors de certaines populations insulaires).

Toutes les méthodes utilisées en génétique des populations (haplogroupes, haplotypes, polymorphismes, ADN chromosomique, patrilinéarité et ADN mitochondrial) convergent vers le même résultat.

Plus encore, les très nombreuses mutations dites fondatrices ou privées (spécifiques à une population) liées à des pathologies (neurologiques, dermatologiques ou ORL, les plus étudiées au Maghreb) n’ont jamais été retrouvées dans les pays d’où elles étaient supposées être originaires ni ailleurs : péninsule Arabique (Yémen) Liban, Syrie, Palestine (pays de Canaan).

L’exemple le plus démonstratif nous est fourni par une forme génétique de la maladie de Parkinson, très fréquente au Maghreb.

La mutation responsable G1920S a été recherchée par nos collègues du Monde arabe (un Saoudien nous disait : «On doit en trouver, puisque vous venez de chez nous !) : aucun cas de Parkinson dû à cette mutation maghrébine n’y a été retrouvé.»

Récemment, une étude d’un collègue marocain (Pr Bouhouche) démontre que cette mutation berbère est retrouvée aussi bien chez les arabophones que chez les berbérophones. Cette mutation est apparue il y a environ 5000 ans.

Bien entendu, les cultures arabe et française ont modelé à des degrés divers les sociétés du Maghreb, mais elles restent extrêmement proches, pour ne pas dire similaires.

On peut espérer qu’un jour l’unicité originelle et la similarité des sociétés ouvrira la voie à une grande fédération des pays du Maghreb. Il est grand temps que les pourfendeurs de l’amazighité, comme certain(e)s parlementaires indignes, comprennent qu’ils la portent en eux, gravée dans leur génome.

L’histoire retiendra que la jeunesse algérienne a initié cette révolution pacifique du sourire et a entraîné tout le peuple comme un seul homme dans ce hirak, portant l’espoir d’un pays qui va renaître avec des institutions véritablement démocratiques, où il n’y aura de place que pour la méritocratie.


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