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Economie du tourisme en Algérie, quelle issue ?

28 août 2018 à 11 h 18 min

Les politiques nationales menées depuis maintenant 30 ans n’ont pas pu créer une croissance suffisante pour être en mesure de soutenir un environnement propice à l’activité et au développement touristique en Algérie.

A l’heure actuelle, cette préoccupation est plus justifiée que par le passé pour se lancer dans une politique nouvelle d’ajustement et de réforme en raison de la situation inquiétante qui ne cesse de se dégrader pour compenser cette baisse drastique du tourisme dans notre pays et le déficit important des recettes touristiques pour le budget de l’Etat, ou encore l’intégration économique dans l’exploitation des ressources touristiques des collectivités territoriales pour la mise sur pied d’un marché touristique régional dans le cadre des différentes politiques de développement local.

En effet, la destination Algérie n’a pas beaucoup d’échos auprès du marché, à l’image des pays voisins : la Tunisie et le Maroc qui avancent à grands pas dans le tourisme international avec respectivement 8 millions et 10 millions de touristes étrangers chaque année et les entrées de capitaux ont fortement augmenté dans ces pays .

Pourtant, ces derniers moins bien nantis par Dame Nature qui se sont imposés comme des destinations des plus séduisantes et des plus concurrentielles, pendant que notre pays peine à trouver sa voie, sachant que les Algériens continuent d’affluer vers la Tunisie voisine, qui ont atteint une moyenne de 7000 entrées par jour et de continuer à attirer de plus en plus de touristes étrangers, et ce, malgré le problème de l’insécurité qui s’était posé ces dernières années avec les attaques terroristes.

Pourtant, l’Algérie se caractérise par une offre touristique abondante et diversifiée, d’un important potentiel d’attractivité, notamment gorgée de grands sites naturels et culturels historiques exceptionnels, des complexes touristiques, des stations thermales et un littoral riche et diversifié s’étalant sur une bande de plus de 1200 km, et qu’à côté les prestations offertes ne soient pas à la hauteur du visiteur.

Ces merveilles en termes de paysages naturels, parmi les plus beaux dans le monde, ne demandent qu’à être découvertes par les visiteurs qui ne manqueront pas d’être séduits, à l’exemple de l’émission télévisée de «Thalassa» réalisée par la chaîne française TV5 ou «L’Algérie vue du ciel» on dit que c’est un paradis sur terre.

Les signes d’essoufflement du tourisme algérien sont apparus durant la décennie 80’ et une régression durant la difficile période des années 90’. En effet, dans un secteur aussi stratégique que le tourisme, l’Algérie a été pendant ces décennies vue comme un pays sans culture touristique et accusant un déficit managérial dans ce domaine, où le tourisme populaire demeure la première forme du secteur.

S’il est vrai que l’infrastructure touristique s’est enrichie ces dix dernières années de quelques hôtels essentiellement urbains, mais leurs modes de gestion ne sont pas appropriés pour faire de notre pays une véritable destination touristique. Des formules originales devront être recherchées pour l’amélioration de la gestion du tourisme et la valorisation des professions du tourisme et de l’hôtellerie pour une prestation de meilleure qualité.

Ce qui doit nous interpeller aujourd’hui, car l’Algérie riche en ressources naturelles, en paysages, en histoire, demeure cependant le pays le moins visité du monde et de moins en moins capable de véhiculer une meilleure image d’une véritable industrie du tourisme, une notion mesurable sur l’économie, sur l’environnement et le bâti. De ce fait, notre pays est de moins en moins capable de retenir les visiteurs pour une prestation de meilleure qualité.

L’urgence d’une réforme du secteur pour une amélioration de sa compétitivité et l’attrait des capitaux étrangers pour stimuler la croissance et l’investissement, au moment où des pays vivent du tourisme. Une réforme qui suppose de reformuler l’équation de la place et le rôle qu’aura à l’avenir le secteur du tourisme dans notre pays.

Car le tourisme est un phénomène social, culturel et économique qui implique le déplacement de personnes vers des régions ou des endroits situés en dehors de leur environnement habituel. Selon la définition de l’Organisation mondiale du tourisme (l’OMT), dont l’Algérie est membre depuis sa création en 1976, un touriste est une personne en déplacement hors de sa résidence principale pour une durée d’au moins une nuit.

Sans trop s’étaler sur la problématique de la culture touristique presque inexistante chez nous, le tourisme s’impose aujourd’hui, dans l’application des politiques nationales et locales, comme une alternative de grande importance comme activité économique et sociale, car le tourisme constitue la meilleure clé de réussite pour notre développement durable à forte valeur ajoutée en termes d’emplois et source de devises fortes au financement de l’économie nationale.

C’est dire l’importance de ce secteur qui pourrait apporter une contribution importante à la solution du problème à la dépendance aux hydrocarbures, dont l’Algérie est demeurée fortement dépendante. Un défi à relever pour l’économie du tourisme ; il serait en effet l’un des facteurs déterminants de toute dynamique socio-économique susceptible de faciliter la transition entre la fin de l’ère du pétrole plus cher et le début de celle d’une économie de création de richesse.

Notamment, le tourisme a un effet d’entraînement du développement territorial et d’attractivité de nos régions, tels que le transport, les communications, l’artisanat, le commerce, le bâtiment, le médical ou santé, le sport et enfin d’accroître l’attractivité de nos régions.

Ceci, à notre sens, permettrait sans doute d’enclencher une dynamique d’investissement d’avenir pour l’Algérie. Cet effort ne peut être concrétisé que par la participation de l’épargne privée, notamment d’investisseurs nationaux professionnels et surtout des Investisseurs directs étrangers (IDE).

Ainsi, le secteur touristique doit à l’avenir induire des effets importants sur les activités de transformation, car l’intégration à l’économie nationale reste une voie tangible pour la pratique dans le futur d’un prix stable et compétitif de la prestation touristique pour la promotion effective de notre tourisme à l’instar des pays voisins.

La situation touristique à l’époque de l’Algérie indépendante, il n’est pas superflu de le rappeler, c’est au cours de l’année 1966 que la première politique touristique algérienne fut adoptée, appelée «Charte du tourisme». Cette charte a permis la construction de grands pôles touristiques et celle du tourisme balnéaire, de montagne, forestier et saharien.

Au-delà de l’actualité qui agite aujourd’hui le secteur, l’offre touristique surpassait celle de nos voisins vers la fin des années 1970, ce qui a constitué une curiosité sur le plan international ; le flux des touristes étrangers a connu en moyenne une croissance annuelle de 10% et le dinar algérien s’est apprécié pour 1,20 FF en 1974 pour atteindre 1,88 FF en 1985 pour 1 DA. L’Algérie, devenue un pays plus vivant que jamais, Alger est surnommée «La Blanche».

Le tourisme algérien était à la mode dans les années 1970, qui rapportait environ 12% des recettes des exportations hors hydrocarbures à travers la construction de stations thermales et zones touristiques de classe mondiale étaient complets chaque été avec l’arrivée de nombreux charters de touristes de toutes nationalités, dont entre autres : le complexe de thalassothérapie à Sidi Fredj, Moretti, Sidi Fredj, Zéralda, Tipasa, Club Med, Matares, les Andalouses à Oran, les Hammadides à Tichy, El Mourdjane à El Kala, le Rocher à Séraïdi, le Plaza international à Annaba, les Zianides à Tlemcen, et enfin les hôtels sahariens (Biskra, Bou Saada, El Oued, Touggourt, Ouargla, Ghardaïa, Laghouat, El Goléa, Timimoun, Béni Abbes, Taghit, Béchar, Aïn Sefra…

Enfin, rappelons que l’Algérie est un fleuron du tourisme africain et arabe des années 1970 et 1980, encadré avec 7 pôles d’excellence : le pôle touristique d’excellence Nord-Est : Annaba, Tarf, Skikda, Guelma, Souk Ahras, Tébessa… ; le pôle touristique d’excellence Nord-Centre : Alger, Tipasa, Boumerdès, Blida, Chlef, Aïn Defla, Médéa, Bouira, Tizi Ouzou, Béjaïa… ; le pôle touristique d’excellence Nord-Ouest : Mostaganem, Oran, Aïn Témouchent, Tlemcen, Mascara, Sidi Bel Abbès et Relizane ; le pôle touristique d’excellence Sud-Est : Ghardaïa, Biskra, El Oued, Menéa… ; le pôle touristique d’excellence Sud-Ouest : Adrar, Timimoune et Béchar ; le pôle touristique d’excellence Grand Sud : Tassili, Illizi et Djanet ; le pôle touristique d’excellence Grand Sud : Hoggar, Tamanrasset.

L’Algérie a besoin aujourd’hui d’une vision claire et d’une stratégie nationale d’ouverture et cohérente qui vise un rôle stratégique du secteur du tourisme, où le secteur privé doit jouer le rôle le plus important pour la promotion de grands pôles touristiques et celle du tourisme balnéaire, de montagne, forestier et saharien. L’objectif est de permettre l’impérieuse nécessité d’un développement touristique territorial comme un instrument stratégique de gouvernance économique locale.

En effet, dans un secteur aussi stratégique que le tourisme, il est impératif d’entamer une réflexion sous l’angle d’une nouvelle approche quant aux conditions et étapes à respecter dans le cadre d’une politique cohérente qui tienne compte tant de l’aspect économique territorial que de l’aspect spatial et de l’équilibre régional pour «faire de l’Algérie une destination touristique d’excellence».

Pour cela, la prospection et la protection de l’ensemble des sites ainsi que la détermination de zones touristiques devront faire l’objet d’une attention particulière en vue de créer une répartition judicieuse des implantations touristiques avec de nouvelles formules originales tournées essentiellement vers le tourisme international à travers la promotion de l’Investissement direct étrangers (IDE),visant à développer et améliorer l’activité touristique en Algérie.

Cependant, on relève quatre faiblesses majeures du tourisme algérien qui se trouvent aujourd’hui au cœur de la stagnation, à savoir :

– faiblesse des marchés intérieurs des destinations algériennes s’inscrivant dans une perspective de développement et d’attractivité des régions ;

– faiblesse de la segmentation des produits touristiques algériens ;

– faiblesse de la communication qui se pose avec acuité ; il est nécessaire de trouver le bon canal pour promouvoir le tourisme en Algérie  ;

– enfin, il y a le faible rôle que jouent la plupart des agences de voyages dont l’activité consiste beaucoup plus à fournir des touristes algériens à des destinations étrangères qu’à promouvoir celles du pays.

Ces faiblesses qui contrastent presque totalement avec l’évolution du tourisme mondial et surtout avec le potentiel touristique du pays. En effet, l’Algérie regorge d’un important potentiel d’attractivité touristique, avec un littoral riche et diversifié, de grands espaces naturels protégés, archéologiques, d’une culture et de traditions d’une grande richesse et un patrimoine de toutes les époques présent sur l’ensemble du territoire.

Ces merveilles ne demandent qu’à être découvertes par les visiteurs qui ne manqueront pas d’être séduits par des élus locaux qui n’accordent pas l’intérêt qu’il mérite au tourisme et qui ferait de lui une destination phare par excellence, à l’image des pays voisins. La Tunisie et le Maroc avancent à grands, où pas moins de 8 millions de visiteurs chaque année se rendent.

Le secteur du tourisme en Algérie contribue aujourd’hui à hauteur de quelque 2% du produit intérieur brut (PIB), avec 5% environ du total de l’emploi dans notre pays, des taux qui restent «très faibles» au regard des potentialités que recèle le secteur. Par contre, le tourisme marocain et tunisien contribue à hauteur de quelque 10% du PIB.

La relation tourisme et développement territorial fait l’objet de questionnements critiques

– Quel rôle pour les élus locaux afin de développer et promouvoir l’offre touristique locale pour développer une économie locale et la destination Algérie pour relancer la dynamique d’intégration économique dans l’exploitation des ressources touristiques des collectivités territoriales dans le cadre des différentes politiques de développement local ?

– Pourquoi les Algériens optent-ils pour la Tunisie ?

– Quel est le rôle des agences de voyages dans le tourisme local ?

– Pourquoi les clubs algériens de football professionnels choisissent-ils chaque année les pays étrangers pour leur préparation ?

d’ailleurs, ces destinations sont devenues des lieux privilégiés des dirigeants des clubs algériens pour accueillir les stages d’intersaison de leurs formations respectives aux dépens des potentialités climatiques et touristiques du pays.

La grande crise du tourisme que nous vivons oblige désormais la mise en place des régions touristiques pour une meilleure gouvernance territoriale qui seront placées sous l’autorité d’un conseil constitué de membres élus et de l’administration locale ainsi que des partenaires professionnels (investisseurs) et structures adaptées tant privées que publiques (agences de voyages comme le Touring Club d’Algérie, ONAT et d’experts indépendants (élites locales) et de représentants de la société civile, dont la révision des codes de wilaya et communal en cours, de réaffirmer que le tourisme comme l’un des axes majeurs du développement local par souci de promouvoir la destination touristique Algérie interrégions sont de hauts lieux de l’histoire de l’Algérie et du Maghreb, entre autres : la grande et la petite Kabylie, le grand Sud, l’Oranie, l’Atlas blidéen, Miliana, Theniet El Had, l’Ouarsenis, Tiaret, ou encore les oasis, la Saoura, la vallée des M’zab.

Rappelons que l’offre touristique dans ces régions a un important potentiel d’attractivité, notamment celles gorgées de grands sites archéologiques historiques de toutes les époques et naturels d’une beauté extraordinaire et un littoral avec de superbes plages au décor naturel et d’un relief diversifié de forêts, de grands espaces naturels protégés et d’un patrimoine culturel de toutes les époques et des dizaines d’autres destinations plus merveilleuses les unes que les autres.

Elles sont aujourd’hui le fleuron du tourisme algérien et considérées comme un tremplin pour le tourisme local en Algérie, un levier majeur pour véhiculer une meilleure image pour promouvoir la destination Algérie sur la scène internationale.

Ceci dit, il faut se développer, en plus du classique hadj et omra et se tourner vers la promotion du tourisme intérieur, il ne manque que les structures adaptées tant privées que publiques (agences de voyages, le Touring Club d’Algérie, l’ONAT…) pour proposer par exemple des séjours organisés qui font découvrir les diverses et merveilleuses régions de l’Algérie, ce beau pays qui ne cessera de surprendre par la splendeur de ses paysages et décors.

Nous avons tout pour devenir le moteur du tourisme en Afrique dans un pays considéré comme étant la réponse à ce défi qui se trouve d’abord dans ce que tout le monde sait : les chiffres parlent d’eux-mêmes : 2,5 millions de kilomètres carrés, c’est cinq fois la superficie de la France, disposant d’une bande côtière de plus de 1200 km avec de superbes plages au décor naturel et d’un relief diversifié de forêts et de grands espaces naturels protégés et un patrimoine culturel, de sites archéologiques historiques de toutes les époques et des dizaines d’autres destinations plus merveilleuses les unes que les autres, 3e producteur de pétrole en Afrique (derrière le Nigeria et l’Angola) et 12e exportateur de pétrole et 4e exportateur de gaz à l’échelle mondiale et parmi aussi les grands producteurs de minerai de fer, de phosphate dans le monde.

Par ailleurs, dans notre contribution, nous avons choisi à titre illustratif de présenter la ville de Chlef, une région côtière, à 200 kilomètres de la capitale.

Située dans une position stratégique au cœur du centre-ouest du pays, Chlef, la ville des oranges, appelle à une halte obligée en quête d’un lieu de repos ou de rencontre entre les gens de l’ouest et du Centre à des fins personnelles, professionnelles ou pour affaires.

C’est la ville la mieux située au carrefour de deux grands axes routiers, Alger (la capitale) et Oran (la deuxième ville d’Algérie), qui relie notamment l’Algérie de l’Ouest à celle de l’Est. Elle s’ouvre au sud sur les Hauts-Plateaux et au pied des monts de l’Ouarsenis, et au nord le littoral et les monts du Dahra qui surplombe la ville de Chlef. A l’ouest sur les wilayas de Relizane et Mostaganem, et à l’est sur les wilayas de Aïn Defla et Tipasa.

Avec ses 13 daïras et 35 communes, Chlef compte aujourd’hui plus d’un million d’habitants et se place ainsi au 9e rang des grandes villes du pays (après Alger, Oran, Tlemcen, Constantine, Annaba, Batna, Blida, Sétif) et l’une des plus riches régions du pays après la Mitidja, les hauts-Plateaux et la Soummam, enfermant notamment sa grande richesse en eau en toute saison et d’énormes ressources naturelles et de formidables potentialités agricoles, offrant ainsi des perspectives économiques, agricoles, touristiques et de l’artisanat prometteuses.

Du point de vue du relief, elle comprend trois régions naturelles diversifiées : les chaînes montagneuses du Dahra (de 600 m d’altitude) au nord et l’Ouarsenis au sud (près de 2000 m d’altitude), la vallée du Chéliff au centre et disposant d’une bande côtière de plus de 120 km. Elle est gorgée de grandes richesses naturelles et de formidables potentialités agricoles et industrielles.

Elle est traversée d’est en ouest par l’oued Chéliff, le plus long d’Algérie, avec ses 750 kilomètres. En vérité, Chlef peut se relancer comme capitale du tourisme d’affaires, notamment de par ses atouts géographiques et commerciaux pour charmer les investisseurs, les hommes d’affaires, les commerçants.

Car Chlef est le grand carrefour de transit et d’échange du commerce en plein développement ; encore plus, le tissu industriel sera renforcé cette année par la création de deux zones industrielles dans les communes de Oued Sly et Boukadir, ainsi que trois zones touristiques sont projetées sur le littoral de Ténès au niveau d’El Hamadia, Mainis et Tigheza.

En plus des banques nationales, beaucoup de banques étrangères sont représentées à Chlef et sont le poumon du développement économique régional. Selon les affirmations des historiens, la ville remonte au début de l’occupation romaine en Afrique du Nord, connue alors sous le nom de Castelum Tinginitum, ensuite Orléansville, El Asnam et Chlef en un peu plus d’un siècle.

En s’installant dans la vallée du Chéliff au premier siècle de l’ère chrétienne, les Romains choisirent l’actuel emplacement de la cité pour y bâtir une ville de garnison. Une ville millénaire qui traduit le passage de plusieurs civilisations : romaine, islamique, ottomane, française et bien sûr le royaume de la grande dynastie berbère des Maghraoua avant les Turcs.

Baptisée officiellement Ech Cheliff en vertu du décret n° 81-106 du 26 mai 1981, elle évoque par son nom les racines de l’oued Chéliff, anciennement El Asnam ; le site de l’ancienne Castelum Tinginitum à l’époque romaine avait la particularité de rassembler parmi les ruines de nombreuses sculptures sur pierres, d’où son appellation El Asnam, puis Orléansville élevée au rang de préfecture à l’époque de la colonisation française. Elle fut créée par décret le 31 décembre 1856, et Ferdinand Duboc est élu premier maire de la ville.

Après l’indépendance, la ville reprend son nom d’origine El Asnam, en vertu de l’ordonnance n°63-421 du 28 octobre 1963. La ville de Chlef, née de sa position géographique, est une région riche d’un patrimoine millénaire, notamment ses vestiges et la plus ancienne église d’Afrique inaugurée en 426 par Saint-Réparatus qui traduisent le passage de plusieurs civilisations (romaine, islamique, ottomane et bien sûr française).

La wilaya de Chlef constitue un creuset patrimonial culturel et historique qui a participé à l’enrichissement de la civilisation arabo-musulmane. Selon Ibn Khaldoun, avant les Turcs, El Asnam, l’actuelle Chlef, a été le royaume de la grande dynastie berbère des Maghraoua. Le XVe siècle verra l’arrivée des Ouled Kosseir, une tribu Djouad (noblesse militaire) dite d’origine Koraïchite (des Beni makhzoum) qui devient l’une des tribus les plus puissantes et les plus riches de la vallée du Chéliff.

La ligne ferroviaire a été inaugurée par les trains en provenance d’Alger et d’Oran en 1870, suivie de celle Chlef-Ténès qui est abandonnée aujourd’hui à son triste sort. Elle est la cinquième ville au monde à avoir introduit l’électricité en 1886.

La poudrière d’El Asnam fait office aujourd’hui de musée, où tous les vestiges y sont exposés : les pièces archéologiques présentes à l’intérieur de la poudrière et dans sa petite cour reflètent de manière succincte l’histoire millénaire de la vallée du Chéliff. Et enfin sa prestigieuse médersa (école) Khaldounia, située au centre-ville de Chlef, dont «la construction remonte à 1944» et qui a été financée par des notables et bienfaiteurs de la ville.

C’est une école qui fut un véritable pôle du savoir où s’enseignaient notamment la jurisprudence religieuse, la grammaire, les mathématiques, l’astronomie, l’histoire, la géographie, la culture arabo-islamique. La zaouïa de Medjadja fut fondée au XVIe siècle et contribuera à l’enseignement de l’islam dans toute la région.

Autant la wilaya de Chlef pourrait devenir une future capitale régionale compte tenu de sa situation géographique, comme grand carrefour de transit et d’échange du commerce en plein développement et aussi de par l’importance de ses ressources et potentialités, notamment agricoles : les plaines du Chéliff (Haut Chéliff, Moyen Chéliff et Bas Chéliff) qui constituent des périmètres à haut potentiel de production, touristique et une ville en pleine expansion industrielle qui est composée essentiellement par les industries du ciment, de plastique et caoutchouc, de céramiques, des mines et carrières, de production de GPL (butane et propane), verre, marbre, placoplatre industriel, cloisons amovibles, panneaux solaires, lait et dérivés, concentré de tomate, jus de fruits, huiles d’olive…

Chlef est aussi liée chaque année au festival de la marionnette, l’organisation du festival scolaire et à la célèbre fête des oranges, car elle est connue pour être la ville des agrumes de bonne qualité, des blés d’or, vignobles, oliviers, légumes, apiculture, arboriculture.

Il existe trois ports de pêche à Ténès, ville réputée pour sa sardine de haute qualité, deux autres à El Marsa et Beni Haoua, ainsi que deux stations de dessalement d’eau de mer (Ténès et Beni Haoua) qui alimentent une grande partie des populations de la wilaya. En plus de ses potentialités, sa richesse touristique se justifie davantage compte tenu de l’existence d’un relief diversifié et de forêts de pins d’Alep.

Chlef est desservie par un aéroport civil international, situé à environ 10 km au nord de la ville, desservant la ville de Chlef et sa région (wilayas de Chlef, de Relizane, de Mostaganem, de Tissemsilt, de Tiaret et de Aïn Defla), la ligne ferroviaire qui relie Alger à Oran, ainsi que par plusieurs voies routières et plusieurs infrastructures hôtelières modernes allant d’une à quatre étoiles. C’est aussi le lieu d’Algérie le plus réputé pour la chasse, car le gibier y est abondant.

Il serait vain de parler de Chlef sans évoquer le devoir de mémoire. D’abord, la mémoire de nos martyrs : «Qui se souvient de l’histoire de l’Algérie se souvient de l’héroïne Hassiba Ben Bouali, cette jeune fille d’El Asnam, l’actuelle Chlef.»

Puis d’anciens maires de la ville, hommes d’une conduite exemplaire et d’une grande modestie, qui nous ont depuis quittés. Ils ont joué un rôle positif dans la société et l’Etat algériens et ont mis leur savoir et leur mandat d’élu au service de la société et l’intérêt suprême du pays pendant l’indépendance, faisant d’eux des militants d’honneur, comme : les Djabbour Cherif, Chorfa Belkacem, Benali Ameur, Aoufène Bouaïssi, Belhadj Sinini M’hamed (vice-président), Akeb Daoudj (dit Khelifa le boxeur) et enfin le préfet d’Orléansville, Sadek Ourabah.

Mais aussi d’illustres érudits qui ont mis leur savoir au service de la société, tels que le mufti cheikh Bouabdelli, cheikh Boudali dit El Farissi, cheikh Atba, cheikh Saïdi, Hadj Brahim Achit, cheikh El Medjadji, cheikh Mahdi, cheikh Djazouli, Aït Hamouda, cheikh Dahmani, Bouali Kouadri et tant d’autres.

Nous ne pouvons terminer sans une pensée dédiée à notre cher et regretté Ahmed Wahbi, qui a consacré une chanson spéciale au deuil du séisme de 1954 d’El Asnam (hozni alyk y a El Asnam) ainsi qu’à Paul Robert, éditeur français né à Orléansville (Chlef) où il a fait ses études primaires et secondaires, puis supérieures à la Faculté centrale d’Alger. Il est universellement connu aujourd’hui comme l’auteur du dictionnaire le petit Robert.

Son père et son oncle, ex-maire de la ville, ont grandement contribué à la reconstruction d’Orléansville avant et après le séisme de 1954. 


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