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vendredi, 15 novembre, 2019
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«De l’énergie, la véritable» (1)

09 septembre 2019 à 8 h 45 min

Plus que les sources d’énergie que représentent les hydrocarbures conventionnels, les formes non fossiles, nouvelles, renouvelables, innovantes, propres, alternatives, écologiques, vertes ou douces de l’énergie, et par-delà les autres sources non conventionnelles d’énergie comme les pétroles et les gaz de schiste, l’énergie la plus vitale, la seule et la vraie pour toute nation, est bien l’énergie humaine.

Parce qu’elle est humaine, cette énergie est par essence intelligente ; infiniment plus intelligente que ne pourrait l’être la plus avancée des applications de l’Intelligence artificielle (IA) à l’heure où la planète entière bascule vers le tout connecté après avoir investi le tout numérique.

Et parce que l’intelligence humaine n’a pas de limites connues à en juger par l’interminable Odyssée de l’Homme dans sa quête de vérité sur lui-même et la longue épopée de ses découvertes qui ont marqué les âges, la ressource que constitue l’énergie humaine est elle-même inépuisable ; de même qu’elle a vocation à demeurer renouvelable aussi longtemps que l’Habitant de la planète Terre n’ira pas à sa propre perte en reniant la Nature dont il doit assumer l’évidence qu’elle est son berceau de toujours et son unique Alma Mater.

L’intégrale au sens de la sommation mathématique des énergies intelligentes que peuvent développer individuellement et collectivement chacun et chacune des quelque 35 millions d’Algériens et d’Algériennes qui ont plus de 16 ans, est, pour l’essor de l’Algérie, un atout à nul autre comparable.

Ceci pour peu, bien évidemment, que l’Etat leur libère les espaces d’action dans lesquels ils s’affranchiraient du mal-être intime susceptible de les brider dans leur désir de vivre pleinement leur citoyenneté dans le contexte de leur siècle, la volonté légitime pour chacun de se construire lui-même et de s’accomplir en tant que personne qui entend marquer d’empreintes vertueuses indélébiles le chemin de son existence.

Dès lors que ces espaces d’action seront libérés, les opportunités qu’ils se créeront par eux-mêmes et pour eux-mêmes en étant accompagnés par l’Etat bienveillant, réveilleront les trésors d’inventivité qui sommeillaient en eux et permettront aux talents cachés d’éclore.

Ils s’épanouiront très vite à mettre au service de la communauté leurs facultés créatrices, leurs compétences et souvent aussi leurs dons ; leurs capacités à penser et innover seront révélés au monde et l’esprit d’initiative qui hibernait en eux sera par la grâce de Dieu fécondé.

Ils seront enfin admirés pour leurs mérites et pour ce qu’ils sont réellement : des citoyens de la République, qui, même frondeurs, souvent rebelles et ayant en tous cas l’orgueil à fleur de peau, aiment leur pays à en mourir, choisissent de construire leur avenir en partageant le destin collectif d’une Nation unie dans laquelle ils se reconnaissent, rejettent le mal et la division quels qu’ils soient et d’où qu’ils viennent, et sont riches de valeurs spirituellement fondées sur leur propension innée au Bien.

Le but, le droit et le devoir des jeunes, des moins jeunes et des innombrables bonnes volontés que compte la Nation algérienne comme forces vives, étant de marcher d’un pas déterminé à la conquête du progrès sous toutes ses formes, voie royale vers ce bonheur auquel aspire légitimement notre peuple.

Certes, il peut advenir que cette énergie potentielle devienne une fois libérée torrentielle, qu’elle déborde soudain de puissance voire de brutalité, ou même qu’elle provoque ici et là des crues qui pourraient endommager nos cultures et compromettre des moissons sur lesquelles trop d’espoirs ont été placés.

Nul drame ni de honte en pareils débordements qui sont le propre de la jeunesse sous toutes les latitudes et toutes les longitudes du monde.
S’il advenait par mégarde que de tels troubles soient vécus, ce sera à l’Etat algérien, fort de ses institutions préalablement relégitimées par le peuple, usant de ses pouvoirs régaliens consacrés par une Loi fondamentale repensée, de reprendre en tant que timonier de la République les rênes de l’initiative, en engageant au nom du bien commun et de l’intérêt général les travaux qu’il juge nécessaires pour endiguer les flots qui montent.

Il faudra alors opposer la sagesse du verbe qui apaise à la virulence des mots que peut enfanter la colère ; trouver l’étroit chemin de crête entre le Droit et la Raison, entre la fermeté et la mansuétude ; sortir intelligemment du dilemme éthique entre la lettre de la Loi qui légalise le geste de celui qui l’applique stricto sensu et son esprit qui bénit l’âme en s’ouvrant à la morale intérieure de celui qui la défend.
Car, je l’ai toujours souligné, l’occasion m’est ici donnée de le réécrire : «Si force doit impérativement revenir à la Loi, la Loi n’a pas pour seul argument la force !».
Il faudra alors convaincre les esprits par la sincérité du propos et l’éloquence d’un message clair, un message d’espoir nourri à l’aune de l’humilité, qui rassure par les vérités parfois douloureuses qu’il assène mais dignement plus qu’il n’envoûte par les promesses mirifiques qu’il serait tenté de semer pour créer l’illusion.
Contenir ce faisant, raisonner et canaliser l’énergie libérée sans rien gâcher de sa remarquable vitalité, sans rien perdre de sa force salutaire, sans rien gaspiller de son précieux potentiel.

Pour que le cours des choses redevienne sereinement demain ce qu’il a vocation à être, en Algérie comme ailleurs : ‘‘un long fleuve tranquille’’». Comme ce Don paisible cher à Mikhaïl Cholokhov. Pareil à cet oued comme il en existe plus de mille chez nous, peu importe qu’il ait pour nom Chlef, Soummam, Isser, Seybouse, Tafna ou Mekerra.

Pareil à cet Oued en crue qui serpente entre nos montagnes avant de se perdre dans les brumes silencieuses qui couvrent à l’aube naissante le paysage d’un vaporeux manteau blanc et, une fois le voile dissipé par les premiers rayons d’un soleil éclatant, réapparaît dans toute sa splendeur pour se perdre à nouveau là où il est né dans l’immensité de ces hautes plaines steppiques aux couleurs chatoyantes tantôt d’un vert pâle et poussiéreux, tantôt dorées comme nos blés en juillet, qui déversent leur horizon sur les grands espaces de notre Sud en étalant leur fascinante beauté à perte de vue.

Pareil à cet Oued où viennent échouer les échos, qui arrivent de la Vallée renvoyés par les reliefs en bribes amplifiées et saccadées au rythme des bourrasques de vent, de la complainte amoureuse à peine audible, que chante d’une voix aiguë, mélancolique mais si attachante une jeune paysanne algérienne quelque part, on ne sait où, loin, très loin, si loin que cela semble venir de nulle part, certainement dans l’une de ces lointaines campagnes qui étrennent à la vue du voyageur la douce harmonie de leurs champs de blé inondés de lumière et que bordent, depuis toujours à en croire la mémoire de nos vieux paysans, ces paisibles rangées d’oliviers ou ces haies de cyprès aux couleurs vert sombre qui pointent fièrement leurs cimes vers le ciel.

Pareil à cet oued qui se laisse longuement admirer par le regard ébloui que portent sur ses méandres vos yeux plissés par la lumière sous votre main portée en visière, pendant que sous le chant strident et incessant des cigales, le souffle brûlant du sirocco vous caresse sensuellement le visage et vous dessèche un peu plus cette peau qui dès l’enfance est déjà hâlée par les chaleurs écrasantes de l’été comme par la rigueur des nuits hivernales sur nos Hauts-Plateaux.

Pareil à cet oued qui célèbre la vie là où nonchalamment et majestueusement il passe, fertilise de ses riches alluvions les berges souvent tourmentées de notre existence et féconde notre Terre bien-aimée en illuminant de perspectives radieuses l’horizon de générations entières d’Algériennes et d’Algériens.

Par le Dr Boualem Tatah , Directeur général à l’Assemblée populaire nationale ; ingénieur polytechnicien et Docteur en génie atomique/INPG, France.

 

Notes :

1) – Ce texte constitue la postface d’une étude de 200 pages réalisée par l’auteur à l’usage des parlementaires sur l’énergie et les gaz de schiste.
2) – Lauréat de la prestigieuse distinction américaine de «Colonel du Kentucky», pour avoir œuvré à rapprocher les institutions législatives de l’Algérie et des Etats fédérés américains. [Cette haute distinction américaine a été accordée, avant le Dr B.Tatah, à des personnalités aussi illustres que l’ancien Premier ministre britannique Winston Churchill, les anciens présidents américains Lyndon Johnson, Ronald Reagan et Bill Clinton, ou encore au boxeur Mohamed Ali natif du Kentucky].


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