Chachnaq symbole de cohésion et de convergence nord-africaine | El Watan
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(Contribution au débat)

Chachnaq symbole de cohésion et de convergence nord-africaine

09 février 2021 à 11 h 27 min

Ecrire sur l’histoire suppose des connaissances, une sensibilité, et un point d’appui dans le temps et dans l’espace. L’histoire est une science « humaine », pas une science naturelle pour ce détaché totalement de son objet d’étude. De ce fait, l’homme ne peut être entièrement étranger et insensible au passé, au présent et à l’avenir de son peuple.

User de sa plume, sous couvert d’une histoire savante et normée, pour amoindrir son peuple et son pays n’est pas nouveau chez quelques uns de nos historiens et intellectuels, tant ils sont encore nombreux les adeptes de l’école coloniale qui a tout fait pour persuader les algériens en particulier, les maghrébins en général qu’ils n’ont aucunement participé à la civilisation humaine.

A cet effet, la polémique nait après l’inauguration de la stèle de Chachnaq à Tizi Ouzou doit être mise à profit pour clarifier quelques approches et interrogations qui demeurent entières.

Aussi, je profite d’un article tendancieux de M. Sidi Mohamed Negadi, professeur en histoire médiévale à l’université de Tlemcen qu’il a réservé à une conférence que j’avais animé en 2018 à la maison de culture de Tizi Ouzou pour contribuer à ce débat qui doit être élargi à d’autres sujets qui touchent à la réécriture du récit national.

QUI EST CHACHNAQ ?

C’est la question que pose le professeur Sidi Mohamed Negadi pour débuter son texte, avant d’entamer sa réponse par cette phrase : « Les informations que nous donnons sont tirées du « Livre des Rois » et sont rapportées par l’égyptologue Arthur Weigall ».

Première observation : M. Sidi Mohamed Negdi reconnait d’emblée qu’il n’a pas pris connaissance de l’ancien testament qu’il cite en référence, mais qu’il se réfère à la lecture faite par une tierce personne en l’occurrence Arthur Weigall, égyptologue et journaliste anglais. S’il avait pris le temps de le faire avant d’aborder la rédaction de son article, il aurait su que l’ancien testament, dans sa partie « Livre des Rois » ne parle nullement des origines de Chachnaq, ni de sa prise de pouvoir et de la fondation de sa dynastie. L’ancien testament parle plutôt de la conquête de Jérusalem par ce roi, « avec lui un peuple innombrable des Libyens, des Sukkiens et des Éthiopiens »(1) , peuples composants son empire et son armée.

Après une présentation très approximative des origines de Chachnaq, il conclue avec beaucoup de certitude : « Nous ne trouvons dans aucune autre documentation une quelconque allusion à son origine libyenne ». Il utilise « aucune autre documentation », sans citer aucun des livres qu’il aurait consultés et qui se rapportent à l’histoire ancienne de l’Afrique du Nord. De ce fait, il est clair qu’il a travaillé uniquement sur l’ouvrage d’Arthur Weigal, l’exploitant dans l’objectif de nier « toute histoire » aux peuples de notre région.

Or, les documents qui soulignent l’origine libyenne de ce roi sont nombreux, et les musés de Louvre, de Londres et de Berlin possèdent diverses pièces qui l’attestent.

Dans son « Encyclopédie de l’Egypte ancienne », composé de 10 tomes, Salim Hassan, considéré comme le père de l’archéologie égyptienne, a consacrée le tome 09 à « La fin de la 21 dynastie et le pouvoir de l’Etat libyque en Egypte jusqu’à l’émergence de l’époque éthiopienne.. »(2) Le titre de ce tome est lui-même une affirmation sans équivoque de l’origine Libyenne de Chachnaq.

Dans « L’histoire ancienne de l’Egypte », Nicolas Germal ne dit pas moins, il cite le refus des prêtres de Taiba de reconnaitre Chachnaq comme roi car étranger ; ils ne le reconnaissaient que comme « Grand Chef des Machaouiches-amazighs » avant de se plier devant son pouvoir pour le saluer comme l’aimé de dieu Amon. A relever que les gouverneurs amazighs des régions ont continué à porter les noms et les plumes d’ornement qui les distingués jusqu’à l’avènement de 25 dynastie éthiopienne, d’après plusieurs sources.

Je crois que le professeur Sidi Mohamed Negadi aurait dû prendre connaissance des travaux de ses collègues : le Pr Taklit Mbarek Selouati ou le Dr Oum El-khir Laggoune qui a soutenue sa thèse sur le pouvoir des amazighs dans l’Egypte pharaonique au Caire, devant un jurée de spécialistes du pays du Nil sans que personne ne remette en cause ses conclusions ; ou encore, le chercheur l’algéro-égyptien Nacer Mohamed Ismail, spécialiste de la période pharaonique.

L’AMALGAME SHESHONK – CALENDRIER

« ON VOUDRAIT BIEN COMPRENDRE PAR QUEL HASARD UN EVENEMENT CONCERNANT UNIQUEMENT LES EGYPTIENS POURRAIT-IL ETRE UN EVENEMENT FONDATEUR DU CALENDRIER CHEZ LES LIBYENS ? » S’est-il interrogé !

Le plus grand problème qui peut se poser à un chercheur est son incapacité à replacer les événements dans leur contexte, dans le cadre d’une vision globale qui se projette naturellement dans l’avenir. Certes, Chachnaq a gouverné au nom de l’Egypte, mais son empire a englobé une partie de la Libye, le Soudan, la Syrie, la Palestine et le Liban. Quand je dis Libye, je parle de tout le territoire allant de la partie occidentale du Nil jusqu’à l’Atlantique comme l’avait écrit Hérodote, et non de la Libye avec ses frontières actuelles.

Chachnaq était l’homme de son époque, et celle-ci ne peut être regardée avec les lunettes de l’Etat-national d’aujourd’hui, ni pensée avec la vision sectaire qui commence à s’accaparer de quelques esprits. Chachnaq était amazigh, comme Alexandre le Grand était macédonien, comme Omar Ibn Al-Ass était arabe et Salah Eddine El-Ayoubi kurde. Ces hommes dépassent les frontières de leurs naissances et gouvernances pour devenir des mythes, des symboles auxquels se reconnaissent des peuples et des nations.

C’est partant d’une vision qui replace notre pays dans une aire historique et civilisationnelle qui est la sienne, et qui l’engage à assumer toutes les dimensions de son identité que nous pourrons saisir l’importance de faire de Chachnaq le symbole d’une histoire à revisiter et à réécrire pour la dépouiller des odeurs colonialistes qui étouffent notre présent et hypothèquent notre avenir. Commencer la datation de l’année agricole amazighe par son arrivé au trône dans cet empire en déclin n’est que justice rendue à ce Roi exceptionnel que des forces malintentionnées ont tout fait pour l’effacer de la mémoire du monde. Il faut reconnaitre d’ailleurs, que sans le travail du mouvement amazigh, ce grand Roi allait rester dans l’ombre de l’oubli tant beaucoup de chercheurs ont voulu réduire son importance en l’occultant sciemment.

« Etranger en Egypte », « Egyptien au Maghreb », sa position de symbole unificateur ne cadrait pas avec les logiques sectaires et les divisions qui régnaient sous la dicté d’un Occident qui refuse obstinément de lâcher sa proie africaine. C’est pour cette raison que Chachnaq, comme symbole, dérange ceux qui ont perdu, ou qui n’ont jamais eu de rêves de grandeurs, et bien évidement, ceux qui tirent profit de cette situation d’éclatement qui caractérise les pays de la rive sud de la méditerranée.

« ELLE (LA RAISON DU CHOIX DE CHACHNAQ) SEMBLE LIEE A L’ACADEMIE BERBERE CREEE A PARIS … IL S’AGISSAIT DE TROUVER UNE FAILLE DANS LE SYSTEME CULTUREL DE L’ALGERIE, FAILLE QUE LA FRANCE A COMMENCE DE CREUSER A PARTIR DE 1880 LORS DE L’APPLICATION PAR JULES FERRY DE LA POLITIQUE DE L’EDUCATION PUBLIQUE EN VIGUEUR EN ALGERIE. IL FALLAIT METTRE EN EXERGUE LES SUPPOSEES DIFFERENCES ETHNIQUES ET CULTURELLES ENTRE ARABES ET BERBERES ».

Ce paragraphe exprime toute la difficulté que rencontre une certaine élite à actualiser ses visions et à les adapter à la modernité politique. Elle s’entête à garder le même paradigme malgré les bouleversements internes et externes et les dégâts qu’il a occasionné.

Que viennent faire les arabes en 950 Avant JC en Afrique du Nord ? Pourquoi à chaque fois qu’il y’a célébration du fait amazigh, il y’a réactivation de ces histoires à dormir debout de la France manipulant les amazighs contre leur propre pays ? La France a-t-elle crée les amazighs ? L’existence de la France est-elle antérieur à celle de la Numidie ? La France coloniale a-t-elle œuvrée pour la création du royaume amazigh de l’Algérie ? Qui n’est pas amazigh par la langue, ou par la culture, ou par la mentalité dans cette Algérie rebelle à toutes les dominations ? A ce sujet, lorsque M. Sidi Mohamed Negadi affirme au sujet de Ammar Neggadi, l’enfant prodige de Merouana : « De par le nom qu’il porte, il ne peut s’agir d’un Chaoui. Son nom se réfère à la fraction des Angad issue de la tribu Arabe des MakilãÚÞá stationnée à la plaine des Angad aux frontières nord entre l’Algérie et le Maroc ! », il ne saisi pas la portée véritable de son propos. «… si la lignée d’Ammar Neggadi est d’extraction « arabe » et qu’il se vivait Amazigh, c’est que la puissance des mécanismes d’intégration propres à la société Amazighe n’est pas qu’une vue de l’esprit… » Commente à juste titre un ami sur Facebook, militant et journaliste. Cela d’un côté, d’un autre côté, un arabophone qui assume la totalité de l’histoire nationale et la revendique est le citoyen model d’une Algérie qui assume toutes les dimensions de sa personnalité sans occulter aucune.

Revenant à notre propos pour souligner que les projets de l’empire colonial n’ont jamais été simples comme beaucoup l’imaginent et foncent têtes baissées dans les pièges tendus par l’action psychologique de l’hexagone.

En décidant de la mise en place d’un royaume arabe en Algérie, en dépensant des efforts titanesques pour convaincre l’Emir Abdelkader de le diriger, Napoléon III ne le faisait pas parce qu’il aimait les arabes, la langue arabe ou l’Emir, mais il considérait que les intérêts de la France sont dans la création artificielle d’un Etat vassale. Le refus entêté de l’Emir de céder à la volonté de l’empereur français lui a couté une propagande bien dosée qui a fini par faire de lui un traitre, avec ses 17 années de résistances. A ce effet, il faut reconnaitre qu’à défaut d’une clarification des visées des laboratoires coloniaux et d’une mise en contexte claire, les algériens ont fini par mordre à l’hameçon et se sont met à détruire leurs propres symboles, préparant les conditions de l’achèvement de leur Etat-national. Beaucoup d’idées, de visions qui s’échangent sur le marché national des imaginaires sont des purs produits des officines coloniales rabâchés à longueurs de journées par des voix qui se réclament tant de l’authenticité, que de la démocratie !

S’atteler aujourd’hui encore à réchauffer la thèse des complots colonialistes sans avoir la hauteur de vue pour identifier les opérations mises en œuvres dès 1833 avec les bureaux arabes, dont le premier est celui d’Alger mis en place par le capitaine Juchault, avant d’être généralisés et officialisés en 1844, le Royaume arabe en 1860, l’arabisation de l’environnement avec le code musulman de 1931 qui a transformé les « Asifs » en « Ouads » et les « Ait » en « Ben », faussera constamment l’étude de ce passé oh combien déterminant. Ce processus qui visait à substituer à l’amazighité de la terre et des esprits l’identité exclusivement arabe, voulait mettre les conditions favorables au triomphe du projet de « La France est la Continuité de Rome ».

EXPLICATION : pour que la France soit la continuité de Rome (Les sociétés savantes, dans le domaine de l’archéologie ont orienté leur recherches exclusivement pour démonter le passé paléochrétien – Période romaine et chrétienne- de l’Algérie pour justifier leur présence sur cette terre en fabricant une conscience coloniale) l’amazighité qui a résisté à la présence romaine avec Jugurtha, Takfarinas et d’autres héros devait disparaitre. L’arabité, postérieure à Rome, donc illégitime de point de vue Français était le moyen le plus indiqué pour le permettre. Les études orientalistes ont saisi la formation de la société algérienne et les failles que la colonisation peut exploiter pour régner durablement, et celle-ci ne s’est pas gênée d’autant plus que son premier projet n’était pas une colonisation de peuplement, mais une mise de l’Algérie sous tutelle de Mohamed Ali !

C’est ce projet complexe, diabolique qu’à saisi Cheikh Mebarek El-Mili lorsqu’il se met à rédiger son œuvre sur « L’histoire de l’Algérie ancienne et nouvelle », de même pour Toufik El-Madani et Ammar Imache qui ont fait appel à l’histoire amazighe pour sécuriser le mouvement de résistance et lui donner son assise inébranlable.

« Si la France est la continuité de Rome, la résistance du peuple algérien à la colonisation française est la continuité de la résistance Amazighe à Rome ». A la thèse colonialiste, l’antithèse nationaliste était à la hauteur de l’enjeu de l’heure qui était l’existence même de la nation Algérienne. C’est cette vérité que le professeur en histoire de la période médiévale n’ose même pas réfléchir, car otage d’une école coloniale qui conditionne beaucoup de chercheurs et leur impose les limites à ne pas franchir.

Ceci dit, il faut affirmer une fois pour toute que ni « la politique arabe de la France », ni « sa politique berbère » n’engagent les algériennes et les algériens ! Ceux-ci étaient les victimes de ces violences et pas les coupables. Dans ce sens, au lieu de redonner vie à des stéréotypes mesquins, idéologiquement périmés, il faut rendre un vibrant hommage au peuple qui a fait échec à cette politique colonialiste de division pour se lever comme un seul homme le 01 novembre 1954. Il faut s’incliner avec émotion et respect devant la mémoire de Bessaoud Mohand Arabe, Ammar Neggadi qui ont pris les armes pour accomplir l’œuvre historique d’arracher l’indépendance du pays et qui ont continué, par la suite, à se battre pacifiquement pour lui rendre son identité plusieurs fois millénaires au lieu de chercher à les amoindrir.

Il est temps de se mettre du côté de la nation. L’Algérie a besoin d’unité, de paix interne pour faire face aux menaces qui la guettent. Le processus de la remise en cause des Etats hérités des mouvements de libérations est un danger éminent qu’il faut à tout prix juguler.

Militant de l’algérianité, nous sommes prêts à débattre, à discuter, à échanger là où nos contradicteurs se sentent le plus à l’aise, à l’université ou ailleurs. Ce n’est pas un défi que nous lançons par esprit belliqueux, mais une promesse d’œuvrer ensemble afin de tirer notre peuple de cette confusion qui attente à sa cohésion mentale et intellectuelle. Aller vers la fondation d’une histoire consensuelle est possible, elle est à notre portée, à condition que l’amour de l’Algérie soit le sentiment le plus partagé par tous.

« MONSIEUR AMMAR NEGGADI A-T-IL ETE MANIPULE A SON INSU, DANS L’ECHIQUIER FRANÇAIS ? » S’interroge le professeur Sidi Mohamed Negadi.

Il y’a un manque manifeste de mesure et de prudence dans cette question qui vise à jeter le discrédit sur un homme d’honneur, et à travers lui, sur des hommes qui lui ont permis de vivre librement dans son pays. Comme Ammar Neggadi qui est parti en exil, la dictature a jeté les meilleurs des hommes comme Boudiaf, Ait Ahmed, Khider, Mofdi Zakaria hors des frontières. La dictature idéologique, imposée conjointement par Nasser et De gaule à un pays sorti fragiliser d’une guerre sans merci, a fait des dégâts énormes.

A cet effet, j’invite M. Negadi à méditer la déclaration de feu Abdelhamid Mahri à ce sujet. « L’arabisation nous a été imposée par le général De Gaulle », avait indiqué l’ex SG du FLN lors d’une émission donnée à Hassad El-Taqafa (3) de la Radio culturelle. L’arabisation de De Gaule est une arabisation politique qui a fait de la langue arabe une momie au lieu d’un instrument de savoir ; un outil de domination idéologique en s’attaquant aux autres langues au lieu de se développer avec elles dans une interaction féconde. De Gaule savait qu’avec une telle option de stérilisation de la langue arabe, l’école algérienne allait produire l’élite de l’impasse historique qui refuse aujourd’hui encore de sortir du tunnel de l’unicité.

« ADMETTONS MAINTENANT, NE SERAIT-CE QUE POUR UN INSTANT, QUE LE CALENDRIER BERBERE, DATE DE L’INTRONISATION DU XXII° PHARAON EN EGYPTE C-A-D VERS 950 AV. JC »

Ici, le professeur fait un amalgame entre la datation, l’an zéro du calendrier et le début effectif de celui-ci. Le calendrier Jalali de Perse ne commence pas en 634 avec l’an du Hidjir, ni le calendrier arabe d’ailleurs. Le début de la datation est une convention pour fixer la vie humaine dans le temps. Au lieu de situer les années par les événements, l’année de l’éléphant pour les arabes, l’année de la sécheresse pour les amazighs par exemple, les hommes ont décidé de dater les années en s’accordant sur l’an zéro. Comme tous les peuples du monde, les amazighs ont le droit de choisir un événement, un symbole pour commencer leurs datation. Yennayer qui est appelé dans quelques localités des Aurès « Ass n Ferɛun » (le jour du pharaon) a incité Ammar Neggadi à chercher et à proposer la monté au trône de Chachnaq comme l’an zéro de l’an amazigh.

« DANS QUELLE LANGUE CE CALENDRIER A-T-IL ETE TRANSCRIT ? SUREMENT PAS EN TAMAZIGHT PUISQUE CETTE DERNIERE APPELLATION N’A VU LE JOUR, « CHEZ VOUS », QU’EN 1990 ».

« … cette dernière appellation n’a vu le jour « chez vous » qu’en 1990 ! » Voilà comment le professeur Sidi Mohamed Negadi compte faire obstacle à la politique colonialiste, en adoptant et en socialisant sans état d’âme sa matrice : « deviser pour régner ! »

Il doit savoir que « chez nous », c’est l’Algérie, de l’Est à l’Ouest, du Nord au Sud, sans distinction d’aucune nature. Chez nous c’est Tlemcen, ville d’Ighmourasen, Roi amazigh Ziyanides ; c’est Ait Snous, symbole parmi d’autres de l’unité culturelle de l’Algérie et de sa richesse.

Il doit réaliser que Tamazight était toujours là, bien avant l’arrivée des phéniciens et des romains sur nos côtes. C’est dans cette langue que Mmi-s n Tmurt (Ibn Toumert) a traduit les sens du Coran, que Cheikh Aheddad, grand guide de la Rahmaniya qui a lancé la révolte de 1871, a expliqué la religion musulmane dans des manuscrits qui attendent d’être publiés.

Il doit se résoudre à la vérité que la langue Tamazight n’est pas une fabrication du « laboratoire colonial » comme s’amusent à le répéter « les fabriqués de la Cité de Londres », elle est parlée encore aujourd’hui à l’Oasis de Siwa en Egypte, au Mali, au Niger, en Mauritanie…

Professeur en histoire médiévale, il devait avoir connaissance de l’ouvrage de Abou Zakaria El-Firani(4) , du livre des noms de Ibn Tunert(5) , ou de la « Description de l’Afrique » de Hassane El-Wazzan dit Léon l’Africain qui parle de la langue amazigh comme (awal amazigh).

QUELQUES REMARQUES SUR L’EXPOSE DU CONFERENCIER, écrit-il

« NOUS AVONS PERDU BEAUCOUP DE GUERRES» : LES GUERRES PERDUES PAR LES BERBERES NE SONT PAS DUES A L’ETENDUE DU TERRITOIRE, MAIS AU SYSTEME CLANIQUE, QUI REFUSE L’ALTERITE, ET AU MODE DE VIE DES POPULATIONS. IL FAUT ATTENDRE LE TROISIEME SIECLE AV. JC ET SOUS LA PRESSION CONJUGUEE DES CARTHAGINOIS ET DES ROMAINS, POUR VOIR LA PREMIERE FUSION ENTRE TRIBUS ABOUTISSANT A LA CREATION DU ROYAUME DE SYPHAX EN MAURETANIE CESARIENNE, SUIVI QUELQUES ANNEES PLUS TARD PAR L’EFFORT D’UNIFICATION REALISE PAR MASSINISSA EN NUMIDIE ».

L’hypothèse de Sidi Mohamed, peut compléter la mienne dans quelques-uns de ses aspects, mais sans la nier bien évidement. Quant aux royaumes amazighs, il doit savoir qu’ils étaient là depuis toujours. Meryey a régné en 1200 avant JC, Hairbas (6) a offert une parcelle de terre à la princesse phénicienne Elyssa pour la fondation de Carthage en 814 Avant JC. Bien avant Rome et Carthage, Gaia, le père de Massinissa était là avec d’autres rois et reines comme Tinhinane. Certes, Syphax, et surtout Masinissa, sont les plus connus, les « plus algériens » pour être dans l’esprit de l’Etat-nation, mais pas les premiers. Nos royaumes ne sont pas nés sous la pression de Rome et de Carthage comme il l’écrit, ils étaient antérieurs à la naissance du royaume romain et à l’arrivée d’Elyssa en méditerranée occidentale.

« QUELLES SONT VOS SOURCES POUR AFFIRMER QUE LES TECHNIQUES DE GUERRE LES PLUS AVANCEES SONT NEES CHEZ LES BERBERES », m’interpelle-t-il.

Dans le livre « Le Maghreb ancien », de Mohamed Bayoumi Mahra, édité par La maison de la connaissance universitaire d’Alexandrie, nous pouvons lire à la page 98 que les Mashaouashs ont utilisé les chars de guerre, et lors de leur défaite face à Ramsès III au environ de 1160, celui-ci a récupéré 93 unités.

Au Ve siècle, Hérodote écrivait que les Garamantes faisaient la chasse aux Éthiopiens troglodytes sur des chars à quatre chevaux (IV, 183). Plus loin, il dit clairement que « c’est des Libyens que les Grecs ont appris à atteler à quatre chevaux » (IV, 189) (07). D’ailleurs, le commun des algériens peut faire le rapprochement entre ces informations écrites et gravées et les chars sahariens tel qu’ils sont représentés dans les peintures et gravures du Tassili.

Quant à sa méprise que les amazighs n’ont jamais remporté une bataille contre les romains, je ne vais pas la traiter, car elle relève simplement de la haine de soi et pas d’autre chose.

« Ville à vendre, tu périrez si tu trouvais un acheteur », disait le mythique Jugurtha en regardant la ville de Rome. L’Algérie par contre, ne sera jamais vendue, tant sa place est grande dans le cœur de ses enfants fiers de l’affiliation de son Armée aux grands Aguellids Numides.

Drapé dans sa dérive de division des algériens, Sidi Mohamed Negadi tente une manipulation sournoise lorsqu’il m’accuse de dénigrer l’armée nationale quand j’ai dit lors de ma conférence : « L’armée nationale, avec tous les moyens dont elle dispose, peine à sécuriser des frontières aussi étendues que les nôtres, que dire alors des temps anciens ? » Au professeur de nous dire quelle est cette armée au monde qui ne souffre pas devant les conflits sur ses frontières, devant les contrebandiers des l’armement et de la drogue, devant l’immigration clandestine et les infiltrations terroristes lorsque celles-ci, pour notre pays, sont de l’ordre de 6 511 Km partagées avec sept pays voisins dont la presque totalité sont instables.

On ne feigne pas de défend l’ANP en cultivant la discorde et le mensonge, en privant les algériens de toute raison de fierté en leur passé.

« Au lendemain du recouvrement de la souveraineté nationale, le 5 juillet 1962, l’armée Algérienne se retrouva le dépositaire légitime d’une longue et riche histoire militaire, qui prend source de l’Antiquité et se prolonge jusqu’aux guerres menées par les rois et chefs numides contre l’occupation romaine, » lit-on sur le site du ministère de la défense nationale. « Et parmi les grandes batailles que l’Armée Algérienne avait mené durant la deuxième guerre punique, la bataille de Zama (202 av.J.C) qui illustra le génie militaire du roi Massinissa et la valeur de la cavalerie numide ».(8)

Sans aucun doute, la sécurité national que garantie l’ANP est multidimensionnelle et est l’affaire de tous les algériens : elle est culturelle, intellectuelle, spirituelle, économique et autres. A cet effet, il est désolant de relever que dans son article réquisitoire, M. Mohamed Negadi n’a utilisé que la dénomination coloniale « berbère », alors que nous la réfutons catégoriquement, car nous sommes des Amazighs, des hommes libres et dignes.

Dans ce sens, la rupture avec l’école coloniale dans l’écriture de notre passé est impérative. « Décoloniser l’histoire » tel que préconisée par Mohand-Chérif Sahli devient une urgence absolue. « Décoloniser l’histoire » doit être sur tous les frontons de tous les départements d’histoire de nos universités.

« EN SUS VOUS AFFIRMEZ QU’ATHENES EST NEE CHEZ NOUS !! CETTE DERNIERE EXISTAIT BIEN AVANT CARTHAGE, ET LES GUERRES QUE LES GRECS ONT GAGNEES CONTRE LES PERSES SONT ANTERIEURES AUX ROYAUMES BERBERES ».

Le professeur Negadi confond entre la déesse Athéna et la ville d’Athènes. Les villes ne naissent pas dans un lieu pour être transportés ailleurs, les humains, oui. Dans ma communication, j’ai avancé l’hypothèse que Athéna est née à Syrte, d’où l’attachement et l’admiration que lui voue la population locale. Pour illustrer cette vénération, lisons cette traduction de Stéphane Gsell d’un passage d’Hérodote qui parle de la fête annuelle de la célébration d’Athéna : « … les jeunes filles se partagent en deux troupes et se battent les unes contre les autres avec des pierres et des bâtons, disant qu’elles suivent une coutume instituée par leurs pères en l’honneur de la divinité que nous appelons Athéna… ». D’après toujours Hérodote, c’est en Afrique du Nord que fut préparée pour la première fois l’égide dont est revêtue la déesse Athéna. (Hérodote IV, 189).(9)

« QUELLES SONT VOS SOURCES SUR CHISHNAQ ? LE LIVRE DES ROIS NE DONNENT PAS LES DETAILS QUE VOUS AVEZ EVOQUE », m’interpelle le professeur. .

En lisant cette confession, je ne me suis pas empêché de sourire, avec sympathie bien évidement. Le professeur en histoire médiévale confirme qu’il n’a lu, au sujet de ce grand roi, que le seul livre d’Arthur Weigal. Ainsi, il confond entre la Thora, livre religieux des juifs et l’encyclopédie de l’histoire du monde.

Pour qu’il fasse son idée sur Chachnaq, je l’invite à lire entre autres :

– Encyclopédie de l’Egypte ancienne, de Salim Hassan, composée de 10 tomes.

– Des études sur l’histoire ancienne de la Libye, de Dr Mustapha Kamel Abdelalim

– L’histoire ancienne de l’Egypte, de Nicolas Germal.

– Les amazighs en Egypte, des temps les plus reculés aux dynasties amazighes, de Taklit MebarekSlaouti.

– L’Etat des amazighs dans l’Egypte pharaonique, de Oum Lkhir Laggoune.

– Le Maghreb ancien, de Mohamed Beyyoumi Mehran et beaucoup d’autres ouvrages.

« EN QUOI LES ACTIONS DE CHISHNAQ AU MOYEN ORIENT PEUVENT-ELLES INFLUER SUR LES BERBERES ? »

En réponse à cette question, je lui propose trois questionnements pour réfléchir dessus afin d’arriver à trouver une réponse à la sienne :

1- Pourquoi Napoléan III, en revenant au pouvoir après son exil Londonien, avait lancé son projet du royaume arabe de l’Algérie ? De qui tient-il cette idée ?

2- Pourquoi les sociétés de productions du film « Le Gladiateur » ont présenté le Numide comme un esclave, portant le nom de notre Roi savant « Juba » ?

3- Pourquoi les responsables de la communauté juive d’Algérie ont refusé l’appel d’Abane Ramdane à rejoindre la révolution et ont pris fait et cause pour le colonialisme barbare ?

« … (VOUS COMMETTEZ BEAUCOUP DE MAL). C’EST CE QUE TRADUIT AUJOURD’HUI LES MEFAITS D’ISRAËL (OCT. 73 AU SINAÏ, ET EN 2006 AU SUD LIBAN FACE A HIZBOLLAH). L’ACTION D’ISRAËL EN SYRIE, EN CISJORDANIE ET A GHAZA EST PLUS QUE NEFASTE… ».

Comme pour beaucoup de ses semblables, le « professeur » cite les méfaits d’Israël, l’attaque verbalement mais, travaille consciemment ou inconsciemment pour la réalisation de ses dessins. Ces techniques héritées de Laurence d’Arabie et des services de sa majesté ne trompent que ceux qui veulent l’être. Pour les qualifier, je dis « camouflage des mauvaises intentions dans un habit de moine ». Je ne le juge pas en tant que personne, mais je juge les visions et les dires.

A cet effet, il doit nous répondre avec franchise et sincérité : « En s’embarquant dans cette croisade haineuse contre Chachnaq, vise-il à lui faire payer sa prise de Jerusalam en 925 Avant JC ? L’attaque-t-il parce qu’il avait pris vers l’Afrique du Nord les trésors de Salamon ? Veut-il le déqualifier comme symbole parce qu’il a conquis les royaumes de Juda et d’Israël même si, de part sa grandeur et son respect pour le roi prophète Salamon, il n’a pas profané le temple ?

Il est temps que les vérités se disent, que les pourfendeurs de l’amazighité déclinent leurs motivations réelles et les raisons profondes de leurs hostilités maladives à une culture de résistance qui a permis à l’Algérie de rester debout. Oui, la confusion doit laisser place à la clarté pour une prospective à la hauteur des ambitions des martyrs de l’indépendance et de la liberté.

C’est dans l’ouverture des grands chantiers de débats qui visent à sécuriser la nation que la liberté d’expression doit prendre tout son sens, pas dans la remise au goût du jour des idées sectaires et des schémas de pensée qui ont conduit le pays vers l’impasse.

« CHACHNAQ N’APPARAIT PAS DANS LE CORAN. LE CORAN FAIT ALLUSION A LA PREMIERE PRISE DE JERUSALEM PAR NABUCHODONOSOR EN 586 ET A LA DESTRUCTION DE SON TEMPLE, ALORS QUE CHISHNAQ VIVAIT AU DIXIEME SIECLE. VOUS AVEZ LA, MANIFESTEMENT, UNE CONFUSION AU NIVEAU DES DATES DANS LE TEXTE SACRE DU CORAN ».

Le plus modeste des musulmans sait que le saint Coran ne cite aucune date, ni aucun nom dans Sourate El-Isra à l’exception de celui de David, comme pour situer, d’ailleurs, l’aire de la transgression à la quelle fait référence la Ayat 04. A aucun moment, le Coran ne mentionne le nom de Nabuchodonosor qui apparait, par contre, chez Ibn El-Kathir et autres savants qui ont tenté d’interpréter les « Ayates » 04 et 05, pas plus. D’autres ont parlé du Calife Omar Ibn Lkhettab, comme moi j’avais parlé de Chachnaq.

J’explique rapidement mon hypothèse : le « professeur » parle de la première prise de Jérusalem ! Et bien, celle de Chachnaq en 925 Avant JC est de loin antérieure à celle de Nabuchodonosor en 586 Avant JC que je sache, cela en ce qui concerne la chronologie. La raison de la prise de cette ville sainte plaide pour Chachnaq et non pas pour Nabuchodonosor : le premier a pris Jérusalem parce que son roi Roboam a péché contre l’Eternel : « – Lorsque Roboam se fut affermi dans son royaume et qu’il eut acquis de la force, il abandonna la loi de l’Éternel, et tout Israël l’abandonna avec lui. La cinquième année du règne de Roboam, Schischak, roi d’Égypte, monta contre Jérusalem, parce qu’ils avaient péché contre l’Éternel. Il avait mille deux cents chars et soixante mille cavaliers ; et il vint d’Égypte avec lui un peuple innombrable, des Libyens, des Sukkiens et des Éthiopiens. Il prit les villes fortes qui appartenaient à Juda, et arriva jusqu’à Jérusalem » (10), alors que Nabuchodonosor a attaqué Jérusalem en représailles au refus du roi Sidikia, son vassale, de payer sa contribution annuelle. La première raison relève de la relation verticale de l’homme avec Dieu, la deuxième raison participe de la relation horizontale entre les hommes. Aussi, en lisant attentivement le passage de l’ancien testament, on s’aperçoit que Chachnaq était « le bras de l’Eternel » avec lequel il a sanctionné le peuple d’Israël qui a péché, après la mort de Salamon.

Dans la Aya 04, il est dit : « Par deux fois vous sèmerez la corruption sur terre et vous allez transgresser d’une façon excessive ». Ici, transgresser n’exprime pas à mon avis العلو qui est la puissance excessive. Passons et posons la question qu’il faut : « A quelle moment de l’histoire le peuple d’Israël a atteint le summum de sa puissance ? ». La réponse est évidente : « Au temps de David et de Salamon ! »

Qui a pris Jérusalem dans ce contexte de la force des enfants d’Israël, quelques temps seulement après la mort de ces rois-prophètes : Chachnaq, Nabuchodonosor ou Omar Ibn El Khatab ? La réponse est aussi évidente que la première : C’est Chachnaq qui a pris Jérusalem après la mort de Salamon et la prise du pouvoir par son fils Roboam.

A la prise de Jérusalem par Nabuchodonosor, le royaume de Juda était faible, et Sedikia(11) son roi était vassale du roi d’Irak, ce qui signifie que le peuple d’Israel n’était pas au summum de sa puissance, même chose d’ailleurs pour Ibn El-Khatab qui à prit Jérusalem alors qu’elle était sous occupation romaine. A observer que le texte de l’ancien testament ne parle pas de Chachnaq comme « Pharaon », synonyme de tyrannie et de défi de l’éternel dans l’esprit religieux, mais comme « roi », avec ce que cela suppose comme puissance et sens de justice.

« POUR FAIRE ŒUVRE D’HISTORIEN, VOUS DEVRIEZ FAIRE PREUVE DE PLUS RIGUEUR ET DE PROBITE DANS VOTRE DEMARCHE », me conseille-t-il en guise de conclusion.

Je suis écrivain, je pense l’histoire de mon pays pour comprendre les raisons profondes de ses crises successives et les possibilités de les dépasser. Je ne suis pas historien de formation comme M. Sidi Mohamed Negadi qui a vraiment besoin, plus que tous, de la rigueur et de la probité intellectuelle et scientifique pour honorer l’Université qui l’emploie. Qu’il revient en ces instants, deux années après, sur une conférence que j’avais animée en 2018 pour chercher des failles dans mon exposé n’est pas innocent, ni fortuit, mais soyons positifs et disons qu’il m’a permis d’apporter des éclairages que j’espère utile aux lecteurs.

Conclusion

Pour conclure cette contribution au débat, je réitère l’idée qu’à travers Chachnaq, nous ne cherchons nullement à rentrer en compétition avec quiconque, ni à s’accaparer l’histoire d’aucun pays, ni d’aucune nation. Conscients des enjeux qui agitent le monde, nous sommes convaincus que seule l’unité des peuples d’Afrique du Nord autour d’un projet de complémentarité stratégique pourra garantir leur stabilité.

Amazigh, égyptien, nord-africain, Chachnaq est un héritage commun, un symbole de l’unité et de la cohésion à promouvoir, comme Arius d’ailleurs qui doit reprendre sa place dans l’histoire de notre région afin de nous permettre de déchiffrer les processus et les étapes de sa formation pour oser penser ensemble un avenir de dignité pour nos enfants.

« L’Afrique aux africains » disait le grand Aguellid Massinissa. Nous sommes toujours sur cette voie de l’honneur. « La liberté ne se négocie pas, elle se défend », aurait dit le mythique Jugurtha qui aura bientôt sa stèle à Tipaza.

Brahim Tazaghart
Ecrivain, éditeur et militant de l’Algérianité
Bgayet/Bejaia : le 28 janvier 2021

1- L’ancien testament.

نهاية الاسرة 21 و حكم دولة اللوبيون لمصر حتى بداية العهد الاثيوبي-2

3- L’expression du 15 11 2006.

4- كتاب البربرية للعلامة أبو زكريا اليفرني، وهو يقع في أكثر من 800 صفحة،-وجدت عديد النسخ منه نسخت بين 1000 و1300 ميلادية، وهو كتاب في الفقه حرر بالامازيغية وفيه ذكر ل »تمزيغت » باعتبارها لسان البربر.

5- كتاب الأسماء لإبنتونارت وقد ألفة سنة 1146 ميلادية وفي مقدمته ذكر للأمازيغية و »أمزيغ » بمعنى السي

6- Article, La ruse d’Elissa et la fondation de Carthage, John Scheid et Jesper Svenbro

7- Encyclopédie Berbère

8- Site du Ministère de la défense nationale, « Histoire de l’Armée Nationale Populaire »

9- Encyclopédie Berbère

10- L’ancien testament

11-L’ancien testament


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