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Abdelkader Bessaïh, 5 ans déjà, du militant de l’ombre du CRUA au témoin du 22 octobre 1956

24 novembre 2021 à 10 h 05 min

Comme l’évoque l’historien Gilbert Meynier dans un passage de son livre, Histoire intérieure du FLN 1954 a 1962, préfacé par Mohamed Harbi, dans le Sud-Ouest oranais, les enfants Bessaih étaient soit en prison soit des moudjahidine dans les maquis, tous fidèles aux valeurs et au combat du résistant cheikh Bouamama.

L’un d’eux, Abdelkader Bessaïh, né à El Bayadh en 1917, militant de la première heure, a été emprisonné en 1946 avec interdiction de tout séjour dans sa ville natale. C’est ainsi qu’il a décidé de s’installer à Alger où il n’a pas tardé à nouer des contacts avec les membres de l’Organisation secrète (OS), puis militant du CRUA.

Selon plusieurs témoignages, il a eu la responsabilité d’accueillir en août 1954, à l’initiative d’un autre camarade militant du CRUA, le martyr Si El Hadj Ould Mohamed, néanmoins correspondant de Mohamed Boudiaf à La Casbah, une réunion de haute importance, dans son hôtel appelé Hôtel du Palais, pas loin de la Basse Casbah, un des rounds préparatoires à la réunion des 6 chefs historiques pour le déclenchement du 1er Novembre 1954, où il y avait, d’une part, Krim Belkacem et Ouamrane, avec sept «chefs de daïra» de maquis, à savoir Zamoum Mohamed, le futur colonel Si Salah, Babouche Saïd, Hammouche Hocine, dit Moh Touil, Zamoum Ali, Mellah Ali, Yazourene Mohand Ameziane et un certain Guemraoui de Bouira, et d’autres part, Boudiaf, en compagnie de Ben Boulaïd, Ben M’hidi et Bitat,

Les négociations ont eu lieu au 1er étage dudit hôtel. A l’issue de cette réunion auréolée d’entente, les deux groupes s’entendent pour une nouvelle réunion pour le mois d’octobre 1954 pour préparer la réunion communément appelée la réunion des 6 chefs historiques,
L’ensemble de ses activités, lui ont valu (à l’instar de beaucoup d’autres militants), d’être détenu une troisième fois à la villa Susini, au lendemain du déclenchement de la guerre de Libération nationale dans le cadre du démantèlement par les forces de l’occupation, des réseaux du 1er Novembre 1954.

Forcé à l’exil après sa remise en liberté

Il s’installe à Rabat, Abdelkader Bessaïh a continué la lutte au sein des réseaux du FLN au Maroc ; l’histoire aura voulu que Abdelkader Bessaïh soit enterré le 22 octobre 2016 une date d’anniversaire du 22 octobre 56 et la veille d’un 1er novembre.
Deux dates hautement symboliques dans sa mémoire. Durant la guerre de Libération, il était l’un des coordinateurs politiques du FLN à Rabat et témoin de l’épisode du détournement de l’avion des cinq chefs historiques, le 22 octobre 1956, à destination de Tunis, l’avion civil qui transportait ce jour-là Ahmed Ben Bella, Mohamed Khider, Mostefa Lacheraf, Mohamed Boudiaf et Hocine Aït Ahmed a été contraint par l’armée coloniale d’atterrir à Alger.

Les cinq chefs historiques qui s’étaient rendus à Rabat pour rencontrer le roi du Maroc Mohammed V et son fils Hassan II ont été immédiatement arrêtés et emprisonnés. Il n’est revenu à Alger qu’à l’indépendance de l’Algérie. Ses proches le décrivent comme quelqu’un d’humble et de discret.

Après son retour à la capitale, il choisit de se retirer définitivement de la vie militante et politique et s’est consacré à ses activités industrielles. El Bayadh gardera longtemps son nom et son image de patriote en mémoire, et comme par hasard, c’est lui qui a initié la première école «badissienne» du Sud-Ouest, et le destin aura voulu que l’Organisation des moudjahidine de la Wilaya rende hommage à ce fils de la région en bâtissant une école primaire le 1er novembre 2016 en son nom, lui qui avait été interdit de séjour dans sa ville natale à cause du financement de cette école au nom du savoir pour tous dans une Algérie colonisée et inégalitaire.

Malgré son éloignement et ses déplacements de plus en plus rares dus au poids de l’âge, son amour et son attachement à tous les Algériens libres et indépendants et ainsi qu’à la population de sa région natale, dont il a été privé jeune pour laquelle il exprimait un attachement viscéral, et dans l’esprit des valeurs exprimées dans la proclamation du 1er novembre 1954, il avait tenu à léguer de son vivant, à titre gracieux, ses biens immobiliers fraîchement construits d’El Bayadh aux autorités locales afin de servir de toit aux personnes âgées et sans abris appelé aujourd’hui Diar El Rahma, Hommage rendu à ce militant de l’ombre et par la même occasion à tous les martyrs et militants de cette Algérie libre et indépendante.

Gloire à nos martyrs et gloire à tous les patriotes.

 

Par Youghourten Ayad

 


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