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Violences faites aux femmes : La reconnaissance juridique du psycho-traumatisme recommandée

27 novembre 2018 à 11 h 20 min

Les femmes victimes de violences ont toujours peur de recourir à la justice, de porter plainte contre leur agresseur. Les chiffres ne reflètent pas la vérité», s’indigne la représentante de l’association Rachda, lors de la journée d’études organisée par l’association Avife/Réseau Wassila à l’occasion de la Journée internationale de lutte contre les violences faites aux femmes.

Un coup de colère et de vérité partagé par les juristes, médecins légistes et militants féministes qui se sont entendu à cette occasion sur l’importance de la victimologie dans le traitement des affaires liées à ce type de violence.

La présidente de l’association, le Pr Wahiba Maameri, a estimé qu’il est important de prendre en charge tous les impacts de la violence sur la femme dans le contexte global de la victimologie, en tant qu’une science à part entière.

Pour elle, il est indispensable aujourd’hui de prendre en considération le traumatisme psychologique sur la victime dans la déclaration de l’Interruption temporaire de travail (ITT). «C’est une attestation obligatoire délivrée par le médecin légiste pour que la violence soit considérée comme un délit.

Toutefois, le juriste ne prend en considération que l’incapacité fonctionnelle. Même les bleus et ecchymoses ne sont pas considérés comme des éléments aggravants. La destruction psychologique de la victime n’est également pas prise en compte», déclare-t-elle.

Les présents, dont le Dr Kelthoum Messahli, chef du service de médecine légale au CHU Frantz Fanon de Blida, ont jugé qu’il est temps aujourd’hui d’évaluer le renouveau juridique parce que «la violence continue à tuer les plus vulnérables.

Dans les cas que nous recevons au quotidien, l’impact psychologique de la violence est plus important que les dégâts physiques. Durant l’année 2017, 70% des cas que nous avons reçus étaient victimes d’agressions volontaires, dont la femme occupe une grande partie ainsi que les adolescents et les enfants».

Et de certifier que la majorité des femmes qui viennent dans son service suite à des violences ne franchissent pas le pas de la poursuite en justice. Le Dr Messahli a insisté, dans ce volet, sur l’importance du rôle de l’entourage de la victime qui est souvent dissuasif. Ces victimes sont, selon la médecin, alors abandonnées et condamnées au silence. L’absence de ressources s’ajoute à tout cela pour accentuer l’ampleur du traumatisme vécu par la victime dans l’isolement total.

Elle recommande la réhabilitation du rôle de l’assistante sociale, la mise à niveau des services sociaux à l’accueil d’urgence des victimes et la formation des structures juridiques primaires pour encourager les victimes à dénoncer leurs agresseurs et porter plainte.

Les présents ont insisté sur l’obligation que le statut de victime englobe 3 aspects, à savoir le social, le psychologique et le juridique. La création de services de victimologie est également indispensable afin de remédier à la dispersion de la victime et lui proposer une orientation maximale afin qu’elle défende son droit au respect de son intégrité physique et morale.

Reconnaître la victimologie, c’est permettre d’exploiter tous les outils qui favoriseront la prise en charge totale de la victime et traduirait la volonté réelle d’endiguer ce phénomène.

Droits des femmes : L’Afepec appelle à la levée des réserves  sur les conventions internationales

L’Association féministe pour l’épanouissement de la personne et l’exercice de la citoyenneté (Afepec), basée à Oran, a lancé, à l’occasion de la Journée internationale de lutte contre les violences faites aux femmes, célébrée le 25 novembre de chaque année, une campagne contre le déni des droits des femmes, les inégalités et les discriminations codifiées.

Ce thème adopté pour cette 12e édition de cette campagne est l’occasion pour cette association féministe pour appeler à la levée des réserves à la Convention internationale pour l’élimination de toutes les formes de discriminations envers les femmes – Cedaw/Cedef. Dans un communiqué rendu public hier, l’Afepec est revenue sur les différentes pressions exercées sur les militants féministes, l’état de délabrement avancé des locaux, scellés et descellés selon le bon vouloir du pouvoir local, et l’interdiction de disposer de lieux de rencontre avec le public.

«Toutes ces entraves aussi incompréhensibles que brutales au combat féministe que nous menons depuis bientôt trois décennies nous empêchent de dire, de faire et d’agir. Elles comptent aussi parmi ces violences, mais elles ne nous empêcheront pas de rester mobilisés pour faire reculer les violences faites aux femmes, de continuer à revendiquer des lois civiles égalitaires», lit-on dans le communiqué.



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