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Victorina Garcia. Experte auprès du programme AFEQ Algérie-Union européenne : C’est le bon moment pour parler de l’égalité comme base de cohabitation en Algérie

31 mai 2019 à 9 h 20 min

Quelles sont vos impressions après la constitution de ce premier réseau d’agents de l’égalité à Ouargla ?

Nous avons d’abord posé un questionnement qui n’était pas évident, à savoir la relation entre l’éducation –qu’elle soit universitaire ou dans la formation professionnelle – et l’emploi pour les jeunes diplômées. Elles sont en grand nombre à l’université, elles ont un bon niveau de formation mais ça ne se reflète pas dans le monde du travail.

Et c’est une perte pour la société puisque le taux de chômage des diplômées universitaires est le double de celui des hommes. Pour concrétiser cette idée d’égalité des chances, nous voulions aller plus loin que la présence des femmes, surtout écouter et savoir ce qu’elles veulent vraiment et les inclure dans nos programmes de développement.

Vous avez commencé par l’employabilité des diplômées de l’université de Ouargla et conclu par un réseau d’agents de l’égalité. Vos objectifs ont-ils évolué par rapport à l’idée initiale ?

Oui beaucoup, parce qu’il y a eu beaucoup d’idées et d’initiatives, le groupe était très actif et au fait du concept mais aussi de la réalité du terrain. C’est leur propre vision de ce qui se passe à Ouargla qui a fait qu’on ait abouti à la constitution d’un réseau d’agents chargé d’abord du diagnostic de l’égalité des chances à Ouargla avec un objectif fixé et une volonté d’aller de l’avant et développer tout un programme d’actions spécifique à la réalité locale aussi bien à l’université qu’avec la population et les entreprises, donc diagnostiquer et comprendre ou les choses convergent et divergent et ou faut-il agir pour améliorer les choses.

Que cela se fasse dans une région saharienne conservatrice ne laisse-t-il pas appréhender des difficultés?

Je pense, bien au contraire, que ce pourrait être un exemple pour d’autres régions d’Algérie, y compris la capitale, où le réseau pourrait avoir des difficultés à se constituer et à agir d’un commun accord. L’équipe de Ouargla m’a donné l’impression d’être très constructive, très volontaire et ce sont des atouts parce que l’idée de travailler sur la question de l’égalité des chances entre les genres est ancrée. L’idée peut justement sortir d’ici pour être essayée ailleurs.

Vous êtes chargée de la mission de former des agents de l’égalité des chances entre les genres à Alger, Oran et Ouargla, pensez-vous que la question importe vraiment ?

Je pense que cela importe beaucoup quelle que soit la dénomination qu’on donnera à cette initiative, qui véhicule l’idée de ce qu’est l’identité, les relations de pouvoir, la possibilité des choix… Ce qui est très important pour les femmes qui ne veulent pas être juste là, mais se faire écouter.

Pensez-vous que la dynamique sociale et politique populaire du hirak que vit l’Algérie est un moment opportun pour la question de l’égalité des genres ?

Je pense que oui, parce que le contexte met en avant des gens qui se sont constitués dans un collectif national pour revendiquer des choses. C’est le bon moment pour se rendre compte que l’autre a les mêmes besoins et les mêmes droits et vice-versa.

C’est le bon moment pour parler de l’égalité comme base de cohabitation de toute société, car s’il n’y a pas d’égalité la société, perd beaucoup. Et je souhaite beaucoup de chance aux Algériens.


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