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Agressions et condamnations des pharmaciens d'officines

Vers l’abandon de la vente des psychotropes

04 mars 2019 à 11 h 30 min

Le Snapo appelle les pouvoirs publics pour la promulgation et la publication de la nouvelle loi portant révision de la loi 04/18 qui «va mettre fin de manière rapide et efficace à beaucoup de contraintes techniques, et combler le vide juridique constaté et vécu depuis 2004».

Vingt-deux pharmaciens ont fait l’objet de poursuites judiciaires, dont six ont été condamnés de cinq à dix ans de prison, au cours de l’année 2018, dans des affaires liées à la dispensation des psychotropes. De nombreux autres pharmaciens ont été victimes d’agressions verbales et même physiques à l’arme blanche par des bandes de voyous.

Deux pharmaciens ont été assassinés en moins de trois mois au sein de leur officine. «Une situation insoutenable pour ces professionnels de la santé qui se retrouvent livrés à eux-mêmes face à un vide juridique criant. Ce qui fait courir aux pharmaciens de véritables risques sur le plan pénal et sur le plan sécuritaire», a déclaré hier Messaoud Belambri, président du Snapo, lors d’une conférence de presse organisée à l’issue de la réunion extraordinaire du bureau national du syndicat.

«Ce qui a d’ailleurs, a-t-il souligné, poussé de nombreux pharmaciens à abandonner la commercialisation de ces produits.» Alors que «d’autres pensent également à en faire de même si des mesures concrètes ne sont pas prises pour les protéger au plan pénal et sécuritaire», menace le Snapo qui, selon M. Blambri, «n’écarte aucune éventualité pour agir, même par des actions de protestation, si rien n’est entrepris pour faire face à ce climat d’insécurité sur tous le plans, aussi bien réglementaire, juridique que professionnel».

Le Snapo interpelle ainsi les pouvoirs publics, en l’occurrence le ministère de la Justice, pour la promulgation et la publication de la nouvelle loi portant révision de la loi 04/18 qui «va mettre fin de manière rapide et efficace à beaucoup de contraintes techniques, et combler le vide juridique constaté et vécu depuis 2004».

Il appelle également le ministère de la Santé pour la publication des tableaux portant liste des psychotropes, tel que précisé par les articles 2 et 3 de la la mise en place de mesures spécifiques et concrètes pour la sécurité et la protection des pharmaciens d’officine et leurs pharmacies. «Les tableaux portant classification officielle de ces produits n’ont pas été publiés au Journal officiel, malgré l’existence d’un arrêté ministériel visant leur classification depuis juillet 2015.

Ce qui laisse planer un flou total sur l’identification exacte de ces produits et fait courir aux pharmaciens d’énormes risques sur le plan pénal, au vu des articles 16 et 17 de la loi 04-18 du 25 novembre 2004 et qui prévoient de lourdes peines de prison allant de 5 à 20 ans», a rappelé M. Belambri, en précisant que le détournement d’usage de certains médicaments destinés au traitement de la douleur et qui ne sont pas classés comme étant médicaments psychotropes, tels que Tramdol, Prégabaline, fait courir aux pharmaciens, et ce, à tort, des risques d’ordre juridique et pénal.

«Dans la pratique, l’usage de fausses ordonnances, ou ordonnances falsifiées ou de complaisance expose dangereusement le pharmacien aux risques de poursuites et des condamnations pénales, alors que leur responsabilité n’est pas engagée», a-t-il encore précisé. Pour Merghmi Karim, vice-président national du Snapo chargé des affaires juridiques, «la recrudescence de la violence contre les pharmaciens, dont la majorité sont des femmes, est liée à l’absence d’une loi qui sécurise la prescription, la distribution et la dispensation».                     


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