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lundi, 10 août, 2020
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Véritable tsunami humain à Tizi Ouzou : «Non à un vote pour le recyclage du système»

07 décembre 2019 à 10 h 17 min

Nul ne peut arrêter un peuple sur le chemin de son destin», lisait-on sur une banderole déployée par des participants à la marche de Tizi Ouzou, hier, à l’occasion du 42e vendredi de protestation pour le départ du système.

Il s’agit d’un slogan qui résume amplement la détermination citoyenne pour maintenir la pression sur le pouvoir, afin d’aboutir à l’instauration d’une nouvelle Algérie, basée sur les principes d’un Etat de droit. Le message de cet étendard reflète aussi la grande mobilisation d’hier, dans la capitale du Djurdjura, qui s’est avérée d’ailleurs trop exiguë pour contenir cette masse humaine qui l’a envahie.

Il était 12h30 quand les premières grappes de gens ont commencé à de se diriger vers la ville des Genêts qui devient, en une heure, le théâtre d’un véritable tsunami humain. Ainsi, au moment où des carrés de marcheurs se constituaient devant l’entrée principale du campus Hasnaoua, des foules nombreuses arrivaient sans discontinuer, au point de voir le centre-ville submergé de monde. Une ruée. De toutes les artères, des citoyens convergeaient pour atteindre la rue Lamali qui longe la DJS et le CHU Nedir Mohamed ou bien l’avenue Abane Ramdane.

Ainsi, en un laps de temps très court, la ville était carrément pleine ! Il était quasiment impossible de se frayer un passage, même sur le trottoir, tant la foule était compacte. C’est un gigantesque rassemblement qui s’est formé en ville, sur tout l’itinéraire de la marche, du campus Hasnaoua jusqu’au mémorial des Martyrs de la Guerre de Libération nationale.

Des slogans hostiles au pouvoir ont été scandés, à gorge déployée, par les manifestants. «Dawla madania, matchi askariya !» (Pour un Etat civil et non militaire), «Klitou leblad ya serraqine !» (Voleurs, vous avez pillé le pays)…

Le rejet de l’élection présidentielle de jeudi prochain était également réaffirmé lors de cette action. D’ailleurs, sur de nombreuses pancartes portées par les marcheurs, nous avons pu lire, entre autres, «Non à un vote pour le recyclage du système» et «Faire tomber la mascarade électorale». La foule a ainsi marqué le dernier vendredi avant le scrutin du 12 décembre par une démonstration de force, pour décrier massivement ce qu’elle qualifie de «vote de la honte». «Le pouvoir veut maintenir cette élection alors qu’elle est rejetée par le peuple. Donc il va faire élire un Président pour qui ? Il va importer un autre peuple ?» a martelé un marcheur, ajoutant que les décideurs veulent un Président qui garantira leur pérennité contre la volonté populaire.

Un autre estime que les tenants du régime ne comptent pas lâcher le pouvoir de peur de se retrouver, eux aussi, derrière les barreaux au même titre que «leurs acolytes actuellement en détention. Ils ont bradé toutes les richesses du pays. Bouteflika, Gaïd, Toufik et les généraux corrompus sont tous responsables de la situation que traverse l’Algérie». «Aujourd’hui, les forces de l’ombre veulent réaménager la façade d’un pouvoir de prédateurs», lance-t-il.

Par ailleurs, comme chaque vendredi, l’exigence de la libération des détenus du mouvement populaire a été réitérée par les marcheurs, qui ont exhibé les portraits de Bouregaâ, Tabbou, Samir Benlarbi et autres jeunes qui croupissent dans les geôles du régime pour avoir brandi l’emblème amazigh.

A souligner que plusieurs localités de la wilaya de Tizi Ouzou ont, durant la semaine, connu des actions de protestation populaire. Les citoyens de Tigzirt, qui ont organisé jeudi une marche pour exiger la libération de Amar Acherfouche et de tous les détenus du hirak, ont également muré les accès au siège de la daïra pour manifester leur rejet total de l’élection présidentielle. Tout comme les habitants d’Azazga, Ath Yenni, Larbaâ Nath Irathen, Aïn El Hammam, Aït Yahia Moussa, Beni Douala et Azzefoun, entre autres, où des manifestations pour décrier le scrutin ont été organisées par la population. Ainsi, la campagne antivote continue à Tizi Ouzou.



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