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mercredi, 20 mars, 2019
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Vente de psychotropes et de stupéfiants : Les pharmaciens d’officines dans l’embarras

03 mars 2019 à 10 h 29 min

De nombreux pharmaciens font l’objet de condamnation par la justice dans le cadre des enquêtes portant sur la dispensation illicite des psychotropes, alors qu’ils sont victimes de nombreuses agressions de la part des délinquants pour la dispensation des psychotropes. Une situation qui prend de l’ampleur et inquiète de plus en plus les pharmaciens, qui disent être en danger et sans protection.

Le bureau du Syndicat national des pharmaciens d’officine d’Alger (Snapo) a organisé hier une journée d’information sur cet épineux problème tout en évoquant la réglementation en vigueur. Revenant sur l’aspect judiciaire, Me Nechar Bilal a tenté d’expliquer la différence entre la responsabilité civile et pénale du pharmacien dans le cadre de l’exercice de sa profession, en se basant sur le code de déontologie. «Face à un vide juridique, le pharmacien risque d’être inculpé, alors qu’il n’a pas commis d’infraction et en l’absence de loi, on ne peut parler de condamnation, notamment pour ce qui est des psychotropes et des produits non classés comme la prégabaline pour lesquels de nombreux pharmaciens ont été condamnés», a-t-il souligné, précisant que les dispositions pénales qui ont été revues par la loi 08/13 prévoient des peines plus lourdes. «Ces peines sont passées du simple au double, voire ont été multipliées par cinq.

Il en est de même pour les amendes qui peuvent atteindre les 25 millions de dinars», a-t-il encore précisé. Concernant l’aspect médical et pharmacologique lié aux psychotropes et aux stupéfiants, le Pr Nadir Bourbon, chef de service de psychiatrie à l’hôpital de Blida, a tenu à préciser que cette classe thérapeutique concerne plusieurs disciplines et fait partie des substances les plus prescrites dans le monde. Il revient sur la prévalence des troubles mentaux qui touche, selon lui, entre 10 à 15% de la population, et le budget alloué occupe la cinquième place dans les dépenses de santé des Etats dans le monde. Le Pr Bourbon a ainsi insisté sur le respect des règles de prescription et surtout la vérification des ordonnances, tout en prenant les précautions nécessaires pour la dispensation de ces produits en usant du carnet à souche qui permet une traçabilité «pour justement éviter des incohérences, notamment les prescriptions irrationnelles qui risquent d’être effectivement préjudiciables», a-t-il ajouté. Le président du Snapo, Messaoud Belambri, est revenu sur les textes réglementaires dans la loi 04/18, dans lesquels seulement trois articles concernent le pharmacien d’officine (arts. 16,17 et 29).

Il a ainsi évoqué le problème de la classification des produits qui tarde à venir, alors que des pharmaciens font l’objet de condamnation pour ces produits précis. «Des pharmaciens sont poursuivis et condamnés sur la base de la loi 04-18 qui concerne les psychotropes pour des affaires liées à des produits non classés, comme Atarx, Tramadol, prégabaline, Trihexyphénidyl, etc., par la législation médicale et pharmaceutique comme étant des psychotropes, mais sur le terrain, ces mêmes produits font l’objet d’un énorme usage à des fins détournées du fait de leurs effets ”secondaires” assimilés à des psychotropes», a-t-il déploré. Et d’annoncer que de nouvelles dispositions réglementaires sont en cours d’élaboration, comme le fichier électronique, la protection du pharmacien, le nouveau modèle d’ordonnance, psychotropes assimilés, etc.

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