Vendredi 22 février 2019, le début d’une longue série | El Watan
toggle menu
vendredi, 29 mai, 2020
  • thumbnail of elwatan28052020




Les algériens ont tenté de marcher sur El Mouradia lors de la première manifestation

Vendredi 22 février 2019, le début d’une longue série

20 février 2020 à 10 h 10 min

Cela fait une année que les Algériennes et les Algériens sortent en masse, dans la rue, chaque mardi et vendredi, pour réclamer la démocratie et la liberté. Et en ce 21 février 2020, le peuple signera son «vendredi 53».

Le 22 février 2019, au matin, et durant les quelques jours précédant cette date, personne ne se doutait que le «mouvement», qui adoptera par la suite l’appellation de «hirak» ou «harak», allait s’inscrire dans le temps.

Aujourd’hui, cela fait une année que les Algériennes et les Algériens sortent, en masse, dans la rue, chaque mardi et vendredi, pour réclamer la démocratie et la liberté. Et en ce 21 février 2020, le peuple signera son «vendredi 53».

S’il y a eu quelques manifestations au début de ce mois de février de l’année passée, comme ce fut le cas à Chlef, le 13, Kherata le 16 et Khenchela le 19 du même mois, contre le 5e mandat de Abdelaziz Bouteflika, ou comme c’est le cas à Khenchela pour dénoncer la provocation d’un P/APC (une manifestation durant laquelle un portrait géant de Bouteflika, accroché la veille sur la façade de la mairie, a été arraché et piétiné), le coup de starter des marches du vendredi a été donné donc le 22 février, et ce, suite à des appels anonymes lancés et partagés sur les réseaux sociaux. Pourtant, à la veille de ce «premier vendredi», des appréhensions ont été exprimées par plus d’un.

L’appel à manifester après la prière du vendredi a fait naître chez certains des craintes par rapport à une quelconque «manipulation» islamiste. Il n’en fut rien. Le mouvement a été sans «couleur» idéologique. Il l’est toujours aujourd’hui.

Ce vendredi-là, au matin, il y avait de l’hésitation dans l’air. Les services de sécurité s’étaient bien évidemment préparés à toute éventualité. Un fort dispositif de sécurité était déployé dans différents coins de la capitale, notamment à la place du 1er Mai.

Or, dès 11h, des groupes de citoyens, femmes et hommes, ont commencé à affluer vers cette place. Quelques rares personnalités connues ont également tenu à être présentes. Mais elles n’étaient pas nombreuses. Ces premiers noyaux ont été vite réprimés par les policiers antiémeute.

L’économiste Smaïl Lalmas, qui s’exprimait devant des journalistes, a été gazé par un policier. Des jeunes du quartier se sont proposés pour lui fournir du vinaigre. Les policiers ont bloqué les accès menant vers la place du 1er Mai sur le boulevard Belouizdad et la station urbaine. Plusieurs jeunes ont été interpellés et il y a eu usage de gaz lacrymogènes.

Ce n’est qu’avec l’arrivée des plus gros contingents, après la prière, que les choses ont commencé à se tasser. La grande foule était là finalement. Les manifestants cherchaient d’autres passages, évitant du coup de se confronter à la police. Il avait fallu contourner ces «barrages».

La marche a fini par s’ébranler. Le caractère pacifique du mouvement s’est installé donc dès ce premier jour, même si, de temps à autre, quelques jeunes, dont le nombre n’était pas important, tentaient d’en «découdre» avec les policiers.

Le mot d’ordre principal était relatif au rejet du 5e mandat. «Makanch el khamsa ya Bouteflika, djibou l BRI zidou Sa3ika !», «Klitou lebled ya serakine !», «Cha3b la yourid, Bouteflika oua Said !» étaient les principaux slogans scandés lors de cette première manifestation.

Durant ce premier vendredi, les manifestants sont passés par le palais du gouvernement pour tenter d’arriver à El Mouradia, le siège de la présidence de la République.

Parmi les manifestants, certains tentaient de convaincre d’autres qu’il est inutile d’aller vers ce lieu. «De toute façon, il n’y a personne là-bas», disaient-ils, faisant allusion au fait que Bouteflika avait élu domicile, depuis un moment déjà, dans une résidence médicalisée à Zéralda, à l’ouest d’Alger.

Des échauffourées ont éclaté au Télemly et au niveau de la place Adis-Abeba. Pas question de laisser passer qui que ce soit vers la Présidence. En fin d’après-midi, des affrontements ont eu lieu également aux abords de la place du 1er Mai.

En début de soirée, le calme était revenu un peu partout. Des arrestations, quelques blessés, mais pas de gros dégâts. Le peuple algérien sortira-t-il lors du prochain vendredi, se demandaient les uns et les autres. La réponse est oui.

En effet, le vendredi d’après, le deuxième du hirak, la mobilisation était encore plus forte. Les craintes quant à une manipulation des islamistes se sont dissipées. Lors de ce deuxième vendredi, des échauffourées ont également eu lieu.

Des dizaines de blessés et aussi des arrestations. Mais peu à peu, le pacifisme l’a emporté. Ceci, d’autant plus que les policiers, devant l’insistance des protestataires, ne tentaient plus de fermer certains accès.



S'IDENTIFIER S'INSCRIRE
Se souvenir de moi
Mot de passe perdu?
S'IDENTIFIER S'INSCRIRE
Registration confirmation will be emailed to you.
Password Reset Registration
Login
Do NOT follow this link or you will be banned from the site!