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Union européenne : Un nouveau partenariat pour les pays du Sud

11 février 2021 à 11 h 26 min

L’Union européenne semble vouloir construire un nouveau partenariat sur les décombres des anciennes initiatives, sans doute mal conçues et qui n’ont pas tellement amélioré la situation politique, économique et sociale des pays du Sud et, partant, le partenariat auquel ceux du Nord ont appelé de leurs vœux.

Pour relancer et renforcer le partenariat stratégique entre l’Union européenne et ses partenaires du voisinage méridional, la Commission européenne et le haut représentant ont adopté aujourd’hui (mardi, ndlr) une communication conjointe proposant un nouvel agenda pour la Méditerranée ambitieux et innovant. Ce nouvel agenda repose sur la conviction que c’est par la coopération et dans un esprit de partenariat que les défis communs peuvent être transformés en des opportunités à saisir, dans l’intérêt mutuel de l’UE et des pays du voisinage méridional.»

Il s’agit là d’une nouvelle initiative politique de la part des pays de l’autre rive de la Méditerranée plus d’un quart de siècle après la mise en mouvement du processus de Barcelone, dont l’objectif, non atteint, était d’instaurer une zone de prospérité partagée dans le bassin méditerranéen.

D’autre politiques adjuvantes qui avaient pour but de soutenir ce processus, telle la signature des Accords d’association de l’UE avec chacun des pays de la région, ainsi que la formulation de la Politique européenne de voisinage (PEV) en 2007, remaniée en 2015, n’ont hélas pas pu permettre d’assurer la stabilité au sein de nombreux pays de la rive Sud et encore moins d’asseoir une coopération ambitieuse parce qu’égalitaire.

L’Union européenne semble ainsi vouloir construire un nouveau partenariat sur les décombres des initiatives sans doute mal conçues et qui n’ont pas tellement amélioré la situation politique, économique et sociale des pays du Sud et, partant, le partenariat auquel ceux du Nord ont appelé de leurs vœux. Le résultat est ainsi d’autant plus décevant que nombre de pays, tels que la Libye, la Syrie, l’Egypte, la Palestine, ou la cause du Sahara occidental, traversent chacun une situation pour le moins dramatique.

Le Printemps arabe n’a pas permis cette démocratisation tant escomptée. L’exemple de la Tunisie est édifiant à plus d’un titre en ce qu’il n’a pas trouvé les soutiens nécessaires qui auraient pu lui permettre de forger un modèle pour les autres pays de la région nouvellement candidats à la démocratie.

Cette nouvelle initiative a-t-elle pour tâche de corriger les erreurs du passé en essayant de s’adapter à la nouvelle donne géopolitique et les nouveaux défis qu’elle comporte ? Ce nouveau plan «comprend un plan économique et d’investissement visant à stimuler la reprise socioéconomique à long terme dans le voisinage méridional. Dans le cadre du nouvel Instrument de voisinage, de coopération au développement et de coopération internationale (IVCDCI) de l’UEjusqu’à 7 milliards d’euros pour la période 2021-2027 seraient alloués à sa mise en œuvre, qui pourrait mobiliser jusqu’à 30 milliards d’euros en investissements privé et public dans la région au cours de la prochaine décennie».

Quid des libertés démocratiques ?

Selon le haut représentant et vice-président, Josep Borrell, «cette communication envoie un message crucial sur l’importance que nous attachons à notre voisinage méridional. Un partenariat méditerranéen renforcé reste un impératif stratégique pour l’Union européenne. 25 ans après la Déclaration de Barcelone et 10 ans après le Printemps arabe, les défis en Méditerranée, dont beaucoup résultent de tendances au niveau mondial, restent considérables. Pour faire face à ces défis, nous devons renouveler nos efforts mutuels et agir en étroite coopération, en tant que partenaires, dans notre intérêt à tous. Voilà l’objectif poursuivi par ce nouvel agenda».

Et de poursuivre : «Nous sommes déterminés à collaborer avec nos partenaires du Sud dans le cadre d’un nouvel agenda qui mettra l’accent sur les personnes, en particulier les femmes et les jeunes, et les aidera à réaliser leurs espoirs pour l’avenir, à exercer leurs droits et à bâtir un voisinage méridional pacifique, sûr, plus démocratique, plus vert, prospère et inclusif.»

Voilà qui pose les jalons d’un nouveau partenariat que ni le processus de Barcelone ni les Politiques européennes de voisinage (PEV) n’ont su accomplir, soit faute de volonté de la part de leurs concepteurs, soit par défaut d’adhésion de ceux à qui elles ont été présentées, si ce n’est les deux à la fois. Aujourd’hui, les pays du Sud ne sont au mieux qu’un marché où les pays européens déversent leur production et encore quand ils en ont les moyens ! Les accords d’association en sont la preuve tangible.

Le cas de l’Algérie est assez édifiant sur ce registre, où il est sommé de ne pas entraver le flux des échanges commerciaux, dans notre cas les importations, alors que le pays dispose de très peu de moyens depuis quelques années. Les pays du Sud ne peuvent continuer de subir les politiques univoques du fait qu’elles ont été mal négociées et devant des périls qui les menacent de faire faillite, faute d’investissement et de politiques mutuellement bénéfiques.

Est- ce cela que le nouvel agenda se propose de mettre en œuvre en ayant d’abord à se prononcer sur des questions aussi fondamentales que celles qui agitent les sociétés des pays du Sud présentement ? Des questions comme celles de la démocratisation des pays, les droits de l’homme et la possibilité d’offrir autre chose que la matière première. Autant d’aspects que l’opinion au niveau de ces pays ne peut ignorer actuellement.

«A travers le partenariat renouvelé avec le voisinage méridional, nous présentons un nouveau départ dans nos relations avec nos partenaires du Sud. Fondé sur des intérêts communs et face à des défis communs, il a été pensé en coopération avec nos voisins. Il montre que l’Europe souhaite contribuer directement à une vision à long terme de la prospérité et de la stabilité dans la région, en particulier dans le cadre de la reprise économique et sociale qui fait suite à la crise de la Covid-19», a plaidé le commissaire au voisinage et à l’élargissement, Olivér Várhelyi.

Le nouvel agenda met l’accent sur cinq domaines d’action : développement humain, bonne gouvernance et Etat de droit : renouveler l’engagement commun en faveur de la démocratie, de l’Etat de droit, des droits humains et de la gouvernance responsable (…). L’UE affirme qu’elle procédera à une révision à mi-parcours de la communication conjointe d’ici à 2024.


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