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Pris d’un second malaise cardiaque en quelques mois

Une semaine électorale des plus éprouvantes pour Gaïd Salah

24 décembre 2019 à 10 h 02 min

Après plus d’une année de tension, dont dix mois de contestation populaire et trois semaines électorales à haut risque, le vice-ministre de la Défense nationale et chef d’état-major de l’Anp, le général de corps d’armée Ahmed Gaïd Salah, a fini par tirer sa révérence, très tôt dans la matinée d’hier. Pris d’un malaise cardiaque (le second en quelques mois) chez lui, au siège du commandement des forces terrestres, à Alger, il a rendu l’âme avant même qu’il ne soit transféré à l’hôpital militaire de Aïn Naâdja, situé à quelques encablures.

Tôt dans la matinée d’hier, il s’est levé comme à son habitude pour rejoindre son bureau, mais son cœur l’a lâché. Pris d’un malaise cardiaque, le deuxième en quelques mois, le vice-ministre de la Défense nationale et chef de l’état-major de l’Anp, le général de corps d’armée Ahmed Gaïd Salah, est mort dans sa demeure, au siège du commandement des forces terrestres, à Aïn Naâdja, à Alger, à 20 jours de ses 80 ans. Son transfert à l’hôpital militaire, situé à proximité, n’a servi à rien.

Mis au-devant de la scène politique durant plus de dix mois, il s’est lourdement exposé aux tensions. Tantôt «trahi» par ses subalternes, tantôt mis face à de lourdes pressions externes et souvent au centre de la contestation populaire qui lui reproche les nombreuses arrestations de militants du hirak, il a continué à être sur tous les fronts et contre vents et marées, il est allé jusqu’au bout de sa logique pour organiser le scrutin présidentiel «dans des conditions acceptables», comme il ne cessait de le dire.

Jamais un chef d’état-major de l’Anp n’a sillonné le pays comme lui, inspectant les unités de combat des six Régions militaires et occupant le devant de la scène médiatique par ses discours aussi longs que prolifiques. A tort ou à raison, il a géré d’une main de fer les dossiers de nombreux officiers supérieurs «impliqués dans des affaires d’enrichissement illicite».

Après les avoir limogés durant l’été 2018, Gaïd Salah a renvoyé cinq généraux-majors, Menad Nouba, ex-patron de la Gendarmerie nationale, Abderrazak Cherif, ex-commandant de la 4e Région militaire, Lahbib Chentouf, ex-commandant de la 1re RM (en fuite à l’étranger), Boudjemaa Boudouaouer, ex-directeur des finances au ministère de la Défense, et Saïd Bey, ancien commandant de la 2e RM, devant le tribunal militaire qui les a placés sous mandat de dépôt, avant que le Président déchu n’intervienne pour les mettre en liberté provisoire.

Une année plus tard, en novembre 2019, à l’exception de Lahbib Chentouf toujours à l’étranger, ils sont jugés et condamnés à 15 ans de réclusion criminelle avec confiscation de tous leurs biens.

Qualifiées par certains d’«opération mains propres» et par d’autres de «règlement de comptes», les poursuites qu’il a engagées contre de nombreux hauts cadres de l’armée ont même touché certains de ses plus proches collaborateurs, placés d’ailleurs en détention.

Mais, ce sont les événements ayant marqué le scrutin présidentiel qui semblent, selon des sources bien informées, l’avoir lourdement affecté. «Contrairement à ses directives», des éléments des services de renseignement militaire auraient utilisé leurs réseaux au profit de Azzedine Mihoubi, présenté comme candidat favori de l’armée.

Certains ont exploité quelques médias pour «bien vendre» l’image de l’ex-ministre de la Culture, qui obtient le soutien du RND et du FLN, deux partis en totale déconfiture.

Mardi dernier, à deux jours de l’investiture de Abdelmadjid Tebboune en tant que nouveau président, le chef de l’état-major a convoqué à son bureau les patrons de la Direction de la sécurité intérieure (DSI), le général-major Bouazza, et de la Direction de la sécurité de l’armée (DCSA), le général Nabil, ainsi que le général-major Mohamed Kaïdi, en présence de son chef de cabinet.

Selon nos sources, le vice-ministre aurait été très en colère contre celui auquel il avait confié la sécurité intérieure et exigé du directeur de la DCSA une enquête sur ce qui s’est passé durant la campagne et le jour du vote. A la fin de cette réunion, il aurait limogé son chef de cabinet «en attendant d’autres décisions à la fin de l’enquête», nous a-t-on expliqué.

Selon nos sources, de mardi 17 au jeudi 19 décembre, la situation était très tendue, qui a vu la cérémonie d’investiture du nouveau Président et le limogeage, par ce dernier, du ministre de l’Intérieur, Salah Eddine Dahmoune, qui aurait joué un rôle prépondérant, nous a-t-on expliqué, dans la promotion du candidat Azzedine Mihoubi.

Pour nos sources, Gaïd Salah semblait «trop fatigué» en ce jeudi 19 décembre, mais cela ne l’a pas empêché de rejoindre son bureau, dimanche «très tôt, comme à son habitude» et de tenir une réunion avec ses collaborateurs directs en son bureau, au ministère de la Défense.

Après plus d’une année de tension, dont dix mois de contestation populaire et trois semaines électorales à haut risque, le chef d’état-major de l’Anp a fini par tirer sa révérence, très tôt dans la matinée d’hier.

Des funérailles d’un chef d’état 

Mort d’une crise cardiaque, le chef d’état-major de l’Anp et vice-ministre de la Défense nationale, Ahmed Gaïd Salah, aura des funérailles d’un chef d’Etat.

Sa dépouille sera déposée au Palais du peuple, à Alger, pour permettre aux citoyens de lui rendre, aujourd’hui, un dernier hommage. Il sera enterré demain au cimetière El Alia. Trois jours de deuil national ont été décrétés à la suite de son décès, hier très tôt dans la matinée.


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