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Abdelaziz Rahabi, ancien diplomate et homme politique : «Une nouvelle initiative politique sera bientôt lancée»

12 décembre 2020 à 11 h 05 min

L’ancien ministre de la Communication estime que la scène politique algérienne est très radicalisée et qu’il faut une convergence sur un projet démocratique, cela sans exclure aucun parti.

L’ancien diplomate et homme politique Abdelaziz Rahabi affirme que l’Algérie est bel et bien «encerclée».

Commentant l’éditorial du dernier numéro d’El Djeich appelant les Algériens à être prêts à faire face à toute menace extérieure, cet ancien diplomate considère que l’Algérie est entourée de zones de conflits qui pourraient impacter sérieusement sa sécurité.

«Il y a des conflits armés à nos frontières et dans lesquels beaucoup de puissances étrangères sont impliquées.

Cette implication directe de puissances étrangères dans des conflits à nos frontières est largement suffisante pour sonner la mobilisation», estime M. Rahabi, lors de son passage à l’émission «LSA direct» du quotidien Le Soir d’Algérie, selon lequel le pays est dans une situation conflictuelle difficile.

Ces menaces sont-elles plus pesantes en l’absence du président de la République pour des raisons de santé ?

«Il y a le problème de la sous-représentation diplomatique du pays. Nous avons connu cela pendant l’absence de Bouteflika. Nous avons un système qui concentre tous les pouvoirs entre le chef de l’Etat. Si le Président n’est pas là, pour des raisons de santé ou autres, l’appareil de l’Etat s’arrête.

Je ne souhaite pas que notre pays retrouve la situation qu’on a connue avec Bouteflika», souligne M. Rahabi qui plaide pour la réduction des pouvoirs du Président au profit d’autres institutions de la République.

Droits de l’homme

Interrogé sur la résolution du Parlement européen sur les droits de l’homme en Algérie, Abdelaziz Rahabi relève la persistance de l’Algérie dans sa perception traditionnelle des relations internationales. «Nous avons une perception encore traditionnelle des relations internationales.

Nous ne mesurons pas à quel point le monde change, à quel point la question des droits humains est importante, même si elle est traitée de façon sélective par l’Occident», soutient ce diplomate chevronné.

«Je suis très surpris, voire choqué par le fait que les Algériens soient aussi sensibles et réactifs à ce qui se dit sur eux à l’étranger, tout en étant sourds à ce qui se dit sur eux à l’intérieur», poursuit-il, précisant qu’«il y a des détenus d’opinion en Algérie, ce qui est inacceptable et complètement décalé par rapport aux questions des libertés, antinomique avec l’esprit du hirak et tout à fait en contradiction avec les engagements internes et internationaux de l’Algérie». Abdelaziz Rahabi fait état de «la judiciarisation de la vie politique».

«Le juge fait de la politique en Algérie, c’est lui qui détermine les privations de liberté pour une expression politique.

Nous connaissons une véritable dérive en termes de libertés individuelles et collectives. Qu’avons-nous retenu de l’indépendance ? Très peu de choses. Nous en avons retenu le fait d’avoir chassé le colonisateur.

Mais nous n’avons pas retenu que l’indépendance était aussi un combat pour les libertés. Les Algériens ont besoin de s’exprimer librement. Malheureusement, il y a des dérives autoritaires chez nous sur la question des droits de l’homme», affirme-t-il.

Classe politique

Sur la crise politique qui persiste en Algérie, M. Rahabi affirme être sur le point de lancer une nouvelle initiative, qui sera dans la continuité de la conférence du dialogue national organisée en juillet 2019.

«Il y a des initiatives en ce moment. Mais on préfère attendre que le Président revienne.

Ce qui me préoccupe le plus n’est pas autant la maladie du Président que l’absence d’un accord politique global autour de la situation actuelle et comment sortir de la crise. C’est ce que nous avons essayé de faire à Aïn Benian. Mais nous n’avons pas pu le faire de façon complète.

La scène politique algérienne est très radicalisée. Il nous faut une convergence sur un projet démocratique, sans exclusion», affirme-t-il, refusant de fournir plus de détails sur cette nouvelle démarche politique qui aura pour objectif «un accord politique le plus large possible».

Sahara Occidental

Abordant les derniers développements que connaît le conflit du Sahara occidental, Abdelaziz Rahabi précise qu’il s’agit d’une question de décolonisation.

Pour cet ancien diplomate, le principe du droit à l’autodétermination était admis au début de ce conflit. «Les Sahraouis devaient jouir d’un référendum d’autodétermination, accepté par le Maroc en 1977 et proclamé officiellement par le roi du Maroc au sommet de l’OUA de Nairobi en 1981.

C’est un engagement qui a été répété par le Premier ministre marocain (Mohamed Karim) Lamrani en 1985 à l’Assemblée générale de l’ONU», souligne-t-il, précisant que «quand ils ont repris en 1988 leurs relations diplomatiques avec l’Algérie, les Marocains se sont engagés à organiser dans les meilleurs délais et sans contrainte un référendum d’autodétermination au Sahara occidental».

Mais voilà que le statu quo a bien duré. Selon cet ancien diplomate, les Sahraouis sont en droit de dire que la communauté internationale n’a pas respecté ses engagements. Ils ont eu cette opportunité de sortir du statu quo qui leur a été imposé.

Construction maghrébine

M. Rahabi relève, au passage, une «contrevérité» historique sur la construction de l’Union du Maghreb. «Les chefs d’Etat qui se sont réunis en 1988 à Zéralda et en 1989 à Marrakech avaient décidé de découpler la question du Sahara occidental de la question de la construction maghrébine», souligne-t-il.

M. Rahabi rappelle les soutiens dont bénéficie le Maroc. «Le Maroc bénéficie d’un soutien direct et inconditionnel au Conseil de sécurité de la part de la France et il a le soutien financier à l’effort de guerre des pays du Golfe.

Comme il a incontestablement joué la carte de la Palestine en se rapprochant d’Israël sans aller vers la normalisation à cause d’éventuelles résistances internes», affirme-t-il.

Mais ce qui nourrit cette intransigeance du Maroc à engager un processus de discussions avec les Sahraouis, c’est à la fois «son sentiment d’être fort et la fébrilité de l’Algérie». Abdelaziz Rahabi parle de la stratégie marocaine de tension permanente avec l’Algérie.

«Quand vous mettez un pays sous tension permanente, qu’est-ce qui arrive ? Il mobilise son armée, il démultiplie donc son budget militaire», indique-t-il, assurant qu’il y a une guerre d’usure déclarée contre l’Algérie pour qu’elle change ses priorités : «au lieu de s’orienter vers le développement, on s’oriente vers l’armement».


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