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Une marée humaine à Alger : les manifestants rejettent les élections

06 septembre 2019 à 19 h 44 min

Ce 29e vendredi de mobilisation  pacifique aura tenu toutes ses promesses à Alger. Les manifestants ont signé la reprise du Hirak avec des slogans focalisés notamment sur le rejet des élections…

«Vendredi dernier, j’étais en Thaïlande pour des vacances. J’ai même brandi le drapeau national ce jour la. C’est devenu machinal : le vendredi rime avec drapeau. C’est une routine qui dure depuis 7 mois déjà. J’avais hâte de rentrer pour ne pas manquer ce premier vendredi de rentrée, surtout après les récentes déclarations de Gaid Salah», raconte Amina, une jeune femme de 31 ans, rencontrée à la place du 1er mai. Celle-ci n’est pas seule. Elle est accompagnée de ses proches. Eux aussi n’ont, jusque la, raté aucun vendredi depuis le début du Hirak le 22 février dernier.

Il est 14h. La foule commence à se rassembler autour de la fontaine de la Place 1er mai. Sous les yeux des policiers, les manifestants scandent : « Non aux élections organisées par les gangs » ou encore « Etat civil, non militaire ». Comme de coutume, les manifestants ont scandé des slogans hostiles au chef de l’armée, Ahmed Gaid Salah et contre le chef de l’Etat par intérim, Abdelkader Bensalah et son premier ministre Bedoui.


Juste le temps que les retardataires arrivent, la foule entame sa marche direction la grande poste. Vieux, jeunes, hommes, femmes ou encore enfants, tous récitent les mêmes chansons… scandent les mêmes slogans telle une chorale. L’ambiance est festive. Un vendeur de ‘’zlabiya’’ est aux anges. Son plateau posé sur une pile de caisses en carton est presque vide. Il est certain d’épuiser son stock d’ici peu.

Les fast-foods à côté ne désemplissent pas non plus. Au bout du trottoir, de jeunes bénévoles en gilets rouges, prêts à intervenir en cas de nécessité de premiers soins, veillent à ce que tout le monde va bien. Pour l’heure : RAS (Rien à signaler) rue Hassiba. Arrivé à la trémie, quadrillée par la police, la foule se divise en deux pour emprunter les deux trottoirs.  Une fois la foule passée, des bénévoles s’activent pour nettoyer les rues. 14h40.

Arrivé à la grande poste. La première foule est rapidement rejointe par une autre arrivant de la rue Didouche Mourad. Puis une autre venant de la Casbah et enfin celle de Bab El Oued. Qu’elles viennent d’ici ou là, les slogans restent les mêmes : « L’Algérie aura bientôt son indépendance », « C’est soit vous, soit nous… On ne compte pas s’arrêter ! », « Oubliez l’élection ! Y aura pas de vote »… ect. Les différentes foules finissent par se retrouver et accouchent d’un réel tsunami humain. Comme pressentie, la marche de ce vendredi 6 septembre est grandiose. Ils sont des dizaines de milliers, voire des centaines de milliers a avoir répondu présents. La forte température n’a pas freiné les marcheurs. «Je suis déterminée. Je sors depuis le début et je continuerai jusqu’à la fin», assure une grand-mère de 83 ans.

Vêtue d’une robe kabyle, drapeau sur le dos et casquette sur la tête, elle s’aventure au milieu de la foule d’un pas déterminé. Karim, un non voyant de 40 ans, aidé de son ami, assure qu’il n’aurait manqué cette marche pour rien au monde. «Toutes les occasions sont bonnes pour exprimer notre refus à toute éventuelle élection dans les conditions actuelles. Je ne peux certes pas voir les personnes présentes, ni connaitre le nombre qu’il y a, mais je ressens la bonne énergie qui émanent de toutes ces personnes et ça me suffit largement. Alors que rien nous divisait il y a quelque temps, nous sommes aujourd’hui unis et avons le même but : sortir notre pays de la crise», affirme-t-il.


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