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Une élection présidentielle avant la fin de l’année : un délai impossible !

06 septembre 2019 à 13 h 44 min

Jour-J ! Aujourd’hui est le 29e vendredi consécutif de révolution populaire et de marches pacifiques. C’est également l’occasion pour le peuple d’exprimer, sans intermédiaire, son opinion quant à la proposition faite par Gaid Salah, lundi dernier, de convoquer le corps électoral ce 15 septembre, soit dans 9 jours.

 

A en croire les spécialistes, ce délai est invraisemblable. Mohamed Hennad avance trois raisons. La première, selon l’expert est qu’il revient au chef d’Etat de l’annoncer et non pas au chef d’état-major de le «préconiser». La seconde raison concerne le manque de temps. Il explique : «Il faut d’abord procéder à l’installation d’une instance électorale ‘’souveraine’’, changer ‘’certains’’ articles de la loi électorale et réviser les listes électorales». Et dernière raisons et non des moindres : «l’opinion publique refuse une élection présidentielle avec les données actuelles», conclut M. Hennad.

 

De son côté, Louisa Dris Ait Hamadouche, professeure de sciences politiques, explique que ce qui est impossible à tenir d’ici trois mois c’est une élection transparente, équitable qui garantisse à tous les candidats les mêmes chances de parvenir à la victoire. Selon elle, ce type d’élection n’est pas possible dans 3 mois car les conditions politiques et juridiques ne seront pas réunies. A en croire l’analyse de la politologue, les détenteurs actuels du pouvoir ont d’ores et déjà délimité les contours des instruments mobilisés pour cette élection à savoir une loi électorale très partiellement révisée, une instance qui semble-t-il sera en grande partie nommée, un fichier électoral non assaini, des espaces publics sous contrôle et des médias fermés. «De fait, si une élection est malgré tout organisée en décembre, elle sera un moyen de donner au système politique algérien une ’’nouvelle façade’’, et surtout d’aggraver la crise politique car le taux d’abstention sera bien plus spectaculaire que lors des scrutins précédents, y compris dans les régions qui votaient car se sont des régions où se déroulent des manifestations et où les responsables politiques sont rejetés», ajoute-elle. Un avis largement partagé par M. Hennad qui estime qu’une élection qui ne jouirait pas du consentement populaire, incarné aujourd’hui par le Hirak, conduira, inéluctablement, soit à une élection rendue nulle par une forte abstention comme on s’y attend ou bien à une élection frauduleuse à l’ancienne.

«Créer le rapport de forces susceptible de les faire accepter les négociations»

Pire encore, selon Louisa Dris Ait Hamadouche, cette élection ne pourra conférer au candidat victorieux aucune légitimité hormis celle du fait accompli qui nous ramène à avant le 22 février. «Or, tenter de revenir à l’avant 22 février est non seulement impossible mais dangereux», poursuit-elle. Pourtant, au cours de ces derniers mois, de nombreuses options de sortie de crise ont été proposées par diverses parties mais aucune n’a été retenue. Pour Mohamed Hennad toutes les propositions penchent assez nettement vers la tenue d’une élection présidentielle et « dans les meilleurs délais », mais  qui ne soit pas imposée par le haut commandement militaire. «Une élection qui surviendrait après la satisfaction de certaines conditions dont tout le monde parle et que même le Panel en avait fait siennes avant de voir sa mission se rétrécir». Apres 7 mois de Hirak, comment appréhender la suite ? Selon Louisa Dris Ait Hamadouche, tant que les gouvernants  n’auront pas pris conscience qu’il s’agit d’un soulèvement national avec des revendications politiques de fond, ils refuseront  d’envisager des solutions sur la base de compromis.

L’enjeu à venir est donc de «créer le rapport de forces susceptible de les faire accepter les négociations».  Louisa Dris Ait Hamadouche assure que ce rapport de forces a besoin que tous  les acteurs du changement, (anciens et nouveaux) acceptent de créer un front, uni dans sa diversité idéologique et politique. «La force du soulèvement additionnée à des propositions politiques conçues dans la logique d’une transition négociée, peuvent constituer une solution réaliste et salutaire», conclut-elle.


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