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Séjours de fin d’année à Béchar : Une directive met les agences de voyages dans l’embarras

26 décembre 2020 à 10 h 54 min

La majorité des agences de voyages avaient pris des engagements envers leurs clients pour le strict respect des dispositifs sanitaires durant les circuits. D’après une agence, les hôtels ont commencé à appeler les agences pour leur dire qu’ils seront fermés du 28 décembre 2020 au 2 janvier 2021 !

Une directive de la direction du tourisme de la wilaya de Béchar a mis dans l’embarras les agences de voyages et de tourisme et a même suscité la colère et l’indignation de certains gérants.

Elle a exigé des établissements hôteliers d’annuler «toutes les réservations pour la semaine du 28 décembre 2020 au 2 janvier 2021 ainsi que les voyages organisés». Le directeur du tourisme et de l’artisanat s’est basé pour prendre une pareille décision sur «la réunion de la commission de sécurité de la wilaya du 22 décembre 2020».

Cette information a fait le buzz sur internet et les réseaux sociaux. Le groupe «Les meilleurs et pires coins d’Algérie» ainsi que beaucoup de voyagistes ont largement commenté et réagi à cette directive.

La note a été communiquée par la wilaya de Béchar aux hôteliers publics et privés, la veille de l’entame des voyages, suite au pic de la demande, les prestataires saisonniers attendaient cette période avec impatience.

Engagements

La majorité des agences avaient pris des engagements envers leurs clients pour le strict respect des dispositifs sanitaires durant les circuits. D’après une agence de voyages, les hôtels ont commencé à appeler les agences pour leur dire qu’ils seront fermés du 28 décembre 2020 au 2 janvier 2021 !

«C’est la panique générale à Beni Abbès, Béchar et surtout Taghit. Mais se rendent-ils compte des impacts sur tout le monde, clients, agences, hôtels, transporteurs et tous ces gens-là qui attendaient pour gagner un peu d’argent et relancer la destination Sud ?» s’interroge Mohamed Bourad, consultant en tourisme durable.

Si les célébrations sont interdites sur tout le territoire, pourquoi à Béchar, on veut d’aller plus loin dans les restrictions en demandant d’annuler carrément les séjours ?

Un autre voyagiste d’Alger déclare : «Il faut agir, la situation devient critique. Toutes les autres décisions des autres wilayas ne concernent que l’interdiction des festivités et seulement ça. Mais ils peuvent accueillir leurs clients le plus normalement du monde.

Si leur objectif est de diminuer le flux, comme certains l’ont dit, qu’ils commencent par les organisateurs en herbe qui n’ont ni agrément ni aucun papier.

Cela va nettement diminuer, et leur objectif sera largement atteint. Mais de là à pénaliser des agences de voyages qui paient leurs impôts et puisent dans leurs économies depuis une année déjà pour payer les employés et charges… là, ce sera vraiment le coup de grâce pour les voyagistes si cette décision est maintenue !»

Il faut préciser aussi que ce genre de décision aura de lourdes conséquences sur les opérateurs du Sud. S’ils s’inquiètent, c’est parce que globalement plus de 80% de la population du Sud et du Grand Sud vivent directement ou indirectement du tourisme.

Dépendance

Une dépendance totale et à la moindre crise, cela se fait ressentir sur le chiffre d’affaires. Le tourisme saharien a ses caractéristiques : c’est un tourisme saisonnier qui permet de travailler quelques mois dans l’année (le pic se situe de fin décembre à fin février).

Par ailleurs, les produits du Nouvel An constituent une bouée de sauvetage pour les nombreuses agences, fortement impactées par la pandémie de Covid-19 et qui ont été obligées de jeter leur dévolu sur la destination domestique après avoir déroulé des années durant le tapis rouge aux destinations étrangères et au business du hadj et de la omra.

En Algérie, le secteur était déjà en crise du fait de plusieurs facteurs endogènes et exogènes, la crise économique, la chute drastique des revenus pétroliers, la perte potentielle de revenus et le pouvoir d’achat rogné par les inflations successives ont réduit la demande «loisirs et voyages», le premier budget sacrifié par les familles algériennes à cause de la crise économique.

Le ministre du Tourisme, de l’Artisanat et du Travail familial doit aussi réagir à cette décision. Il doit apporter du moins des éclaircissements. Le tourisme permet aux Algériens de découvrir la beauté de leur pays. Un élément essentiel de la vie sociale parce qu’il constitue un moment fort de retrouvailles, de vie collective, de découverte, surtout après des mois de confinement.

Aussi, il faut être clair : le fait d’encourager ce type de tourisme en Algérie ne doit pas être un choix de circonstance de la part du gouvernement. 


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