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Une revalorisation insignifiante du SNMG selon les syndicats : «Une augmentation qui profitera aux hauts cadres»

07 mai 2020 à 10 h 02 min

Les pouvoirs publics doivent tenir compte de trois paramètres : les prix à la consommation, la production et la conjoncture économique et sociale du pays.

Une augmentation de 2000 DA du SNMG ne répond pas aux attentes des fonctionnaires. Mieux, c’est une revalorisation insignifiante qui profitera beaucoup plus aux salaires des cadres.» C’est là un avis unanime des syndicats autonomes.

Selon eux, pour élaborer le SNMG, les pouvoirs publics doivent tenir compte de trois paramètres : les prix à la consommation, la production et la conjoncture économique et sociale du pays. Selon Meriane Meziane, président du Syndicat national autonome des professeurs de l’enseignement secondaire et technique (Snapest), la nouvelle réglementation fait que le SNMG est composé du salaire de base plus les primes ; donc, ceux qui vont bénéficier réellement de cette augmentation sont les travailleurs qui ont leur salaire indexé sur le SNMG.

M. Meriane illustre ses propos par un exemple palpable : «Le salaire d’un haut cadre dont le revenu est calculé par rapport au Smig est égal à 20 fois le SMIG, donc s’il a comme salaire 360 000 DA, avec cette revalorisation de 11,11% il atteindra les 396 000 DA.»

Pour Meriane, tant qu’il n’y a pas une «réelle politique» des salaires, les travailleurs ne pourront jamais voir un jour leur salaire couvrir leur pouvoir d’achat. Messaoud Boudiba, porte-parole du Conseil national autonome des professeurs du secondaire et technique (Cnapeste), estime qu’une augmentation de 2000 DA est très loin de la nécessaire revalorisation des salaires en raison d’abord de l’inflation due à la planche à billets et le pouvoir d’achat qui a chuté de 60%.

«Nous n’avons pas de détails sur le nombre de fonctionnaires qui seront touchés par cette revalorisation, mais il est clair qu’elle ne profitera pas aux travailleurs de la Fonction publique», estime-t-il.

Tous sont unanimes à dire que ceux qui profiteront de cette revalorisation ne sont autres que les cadres des entreprise (DG et P-DG), les hauts fonctionnaires, notamment les parlementaires, les ministres, les SG du ministère, les directeurs centraux… dont les salaires sont indexés sur le SNMG. Pourquoi ceux de la Fonction publique ne bénéficient pas de cette revalorisation ? Parce que tout simplement, explique Boudiba, souvent le SNMG pour les fonctionnaires inclut toutes les indemnités, ce qui fausse le calcul du SNMG, d’où d’ailleurs les bas salaires.

Lyes Merabet, du Syndicat des praticiens de la santé (SNPSP), fait un diagnostic critique de cette augmentation du SNMG, qui se répercutera, de son avis, sur les pensions des retraités. Il rappellera, à cet effet, les nombreuses études et rapports élaborés par plusieurs organismes quant aux salaires dont ont besoin les ménages pour vivre dignement et subvenir aux besoins de la famille.

Au minimum, il faut, selon lui, 40 000 DA. «Comme chaque année, nous ne sommes pas concernés par cette revalorisation car nos salaires sont indexés sur un point indiciaire qui est de 40 DA, et ce, depuis 2008. 12 ans après, nous sommes toujours au même niveau.

Rien n’a changé», constate Merabet qui précise que cette augmentation et la suppression de l’IRG aideront néanmoins les plus bas salaires, notamment ceux qui touchent depuis de longues années moins du SMIG. «La moyenne des salaires dans le secteur économique varie entre 41 000 DA à 42 000 DA et dans la Fonction publique elle se situe autour de 32 000 DA. De manière significative, la majorité des salaires ne seraient pas concernés. Mais pour les bas salaires, cela va ramener une plus-value pour leur pouvoir d’achat.

Revaloriser les salaires, mais en tenant compte de trois facteurs : le niveau de la monnaie nationale, le pouvoir d’achat et la production. Il faut revoir la politique de l’import et agir afin de maîtriser le taux d’inflation», affirme Merabet.

Du côté du patronat, Mohamed Saïd Naït Abdelaziz, président de la CNPA, qualifie cette revalorisation d’un simple geste de la part du président en ce mois sacré. «Aujourd’hui avec la crise sanitaire, on ne peut rien faire car il faut tout revoir pour aller vers une Algérie nouvelle», affirme Naït Abdelaziz. Interrogé sur l’ordre du jour de la tripartite, il dira qu’il s’agit beaucoup plus d’une prise de contact pour faire un état des lieux sur les plans économique, politique et social.


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