La saisie de deux navires de Sonatrach au Liban divise le gouvernement libanais : Une affaire sur fond d’une grave crise politico-énergétique | El Watan
toggle menu
samedi, 08 août, 2020
  • thumbnail of elwatan08082020




La saisie de deux navires de Sonatrach au Liban divise le gouvernement libanais : Une affaire sur fond d’une grave crise politico-énergétique

05 juillet 2020 à 10 h 05 min

L’affaire de la livraison de fuel «frelaté» par Sonatrach au Liban refait surface avec une déclaration du ministre de l’Energie libanais, Raymond Ghajar, qui pointe du doigt la décision de mise sous séquestre de deux navires de Sonatrach dans la pénurie qui asphyxie son pays. Sonatrach se retrouve ainsi objet de luttes politiciennes sur fond de grave crise énergétique, qui suscite la contestation populaire.

Le dossier du fuel «contrefait» refait surface au Liban, qui vit ces derniers mois une pénurie sans précédant de gasoil, qui a eu pour conséquence le rationnement drastique de l’électricité, qui ne cesse d’alimenter la contestation populaire et attiser la crise politique qui mine le gouvernement libanais.

Jeudi dernier, le ministre de l’Energie, Raymond Ghajar, a mis en cause, lors d’une conférence de presse, la «mise sous séquestre», par les autorités libanaises, de deux navires de la SPC Londres, filiale du groupe Sonatrach, chargés de carburant, au moment où la population se plaint du rationnement. «Le rationnement est dû à un manque de fuel. Si le fuel prend tant de retard à être livré, c’est à cause d’une affaire judiciaire», affirme le ministre, en accusant directement Sonatrach «de refuser» la livraison «avant la levée du séquestre sur ses deux navires».

Il précise que dès «cette levée, nous reviendrons au contrat qui était en vigueur» et «l’alimentation en fuel s’améliorera avec la première livraison, et la seconde qui se fera cinq jours plus tard, ainsi que la troisième qui doit intervenir le 17 juillet». La mise sous séquestre des deux navires a été décidée, il y a près d’un mois, par l’administration douanière à la demande de la justice, qui enquête sur des présumés chargements de gasoil «frelaté», destiné aux centrales électriques de l’EDL, dont elle se serait plaint au mois de mai dernier.

L’affaire avait défrayé la chronique, fait la une de la presse locale et suscité la réaction virulente d’une députée, qui a tiré à boulets rouges sur Sonatrach et l’Algérie, qualifiée de «pays mafieux». Un premier navire est mis sous séquestre, puis un deuxième. Très controversée, la décision ne fait pas l’unanimité, pour preuve, la déclaration du ministre de l’Energie libanais.

Du côté algérien, Sonatrach rejette toute responsabilité en précisant qu’il s’agit d’«une seule cargaison problématique», dont «les analyses effectuées à l’embarquement du fuel, effectuées par un bureau d’expertise indépendant, ont établi le respect des aux normes prévues par le contrat» qui lie la SPC Londres à l’EDL, signé en 2005, pour une période de 15 ans, renouvelable chaque trois ans, et qui expirera le 31 décembre 2020. «Ce n’est qu’à l’arrivée à destination que le ministère libanais de l’Energie a demandé d’autres analyses.

La SPC Londres n’a aucune responsabilité, à partir du moment où ce produit répondait aux normes contractuelles avant son embarquement sur le navire.» Dans une déclaration à El Watan, le directeur de la communication de Sonatrach a tenu à rappeler que «durant toute cette période, il n’y a jamais eu d’incidents ou de problèmes jusqu’à l’avant-dernière cargaison sur laquelle il y a eu des doutes, suivie de la dernière qui a été refusée et bloquée à ce jour à cause de l’affaire».

Depuis, un autre navire a été mis sous séquestre, suscitant l’arrêt de l’approvisionnement par la compagnie et des réactions virulentes à son égards par de puissants lobbys, qui veulent détourner l’attention de l’opinion publique sur la grave crise politico-économique que traverse le Liban, où s’est réfugié l’ex-ministre de l’Industrie, Abdessalem Bouchouareb, pour échapper aux nombreux procès dont il fait l’objet en Algérie, pour «corruption», «détournement de deniers publics», «trafic d’influence», «abus de fonction», etc.

Ould Kaddour rattrapé par Augusta

Il est important de préciser que les livraisons de fuel de la SPC à l’EDL proviennent, depuis janvier dernier, de la raffinerie Augusta, se trouvant en Italie, achetée par Sonatrach, alors dirigée par Abdelmoumen Ould Kaddour, dans des conditions suspicieuses auprès du géant américain ExxonMobil, à plus de 725 millions de dollars, sans compter les dépenses nécessaires à sa mise en conformité avec les normes environnementales.

Un gouffre financier pour le groupe pétrolier, présenté en 2018 comme investissement vital pour l’internationalisation de la compagnie. Pour de nombreux experts, cette transaction a été conclue dans des conditions douteuses, suscitant l’ouverture d’une enquête.

Saisi, le tribunal de Bir Mourad Raïs, près la cour d’Alger, a convoqué, jeudi dernier, de nombreux cadres de la compagnie et, après de longues auditions, a placé en détention l’ex-vice président de la commercialisation, Ahmed Mazighi, premier haut responsable poursuivi dans le cadre de ce dossier, qui certainement tracera la route pour inculper l’ex-PDG de Sonatrach, Abdelmoumen Ould Kaddour, actuellement à l’étranger et qui, faut-il le préciser, fait déjà l’objet d’autres poursuites, liées à d’autres affaires en lien avec l’ex-ministre de l’Energie, Chakib Khelil, réfugié aux Etats-Unis, et qui lui auraient déjà valu un mandat d’arrêt international.



S'IDENTIFIER S'INSCRIRE
Se souvenir de moi
Mot de passe perdu?
S'IDENTIFIER S'INSCRIRE
Registration confirmation will be emailed to you.
Password Reset Registration
Login
Do NOT follow this link or you will be banned from the site!