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mardi, 12 novembre, 2019
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Un sujet de langue arabe au Bac critiqué par les militants berbéristes : Un texte controversé en plein hirak

18 juin 2019 à 10 h 15 min

Photo : el watanPhoto : el watanLe texte proposé dans le deuxième sujet de la langue arabe de la filière mathématiques et sciences appliquées, dimanche dernier, premier jour de la session 2019 du baccalauréat, a provoqué une polémique qui, dans le contexte actuel, pourrait prendre de l’ampleur. Signé par Fodil El Ouartilani, membre de l’association des Oulémas algériens, décédé en 1959, c’est-à-dire avant l’indépendance de l’Algérie, le texte en question est relatif à la politique «arbitraire» du colonialisme à l’égard de la langue arabe, «la langue de tous les Algériens», lit-on dans ce texte controversé. «En colonisant l’Algérie, les Français ont trouvé une population pratiquant l’islam et parlant l’arabe qu’ils sacralisent (…). Ils ont donc décidé de donner d’abords un coup à la langue (…). Alors, ils ont promulgué une loi faisant du français l’unique langue officielle (…)», ajoute-t-on encore. En d’autres temps, ce «sujet» aurait pu passer inaperçu, provoquer juste un débat circonscrit à certains milieux, mais dans le contexte actuel, en plein hirak, marqué par des polémiques et clivages importants à propos de l’identité, avec des attaques en règle contre tamazight, via les commentaires «désobligeants» vis-à-vis de l’étendard amazigh exprimé sur les réseaux sociaux, notamment par certaines personnalités politiques, il est clair que le choix de ce texte allait donner du grain à moudre aux tenants des discours racistes, qui cherchent à diviser le mouvement populaire. A cet effet, le choix de ce texte a vite fait réagir des militants berbéristes qui ont tenu à dénoncer cette attitude jugée attentatoire à l’identité amazighe, pourtant consacrée depuis quelques années par la Constitution. Ainsi, dans une déclaration rendue publique hier, le Rassemblement pour la Kabylie (RPK), présidé par Hamou Boumedine, a estimé que le texte en question était de «nature raciste» et qu’il «porte une atteinte flagrante au caractère multiculturel de l’Algérie». Par contre, certains milieux, notamment parmi ceux qui s’opposaient farouchement à l’ancienne ministre de l’Education nationale,
Noria Benghebrit, à l’image de la syndicaliste du Cnapest, Naima Boudissa, ont applaudi ce choix, le prenant comme une «victoire» du courant «badissiste – novembriste» contre ceux qui voulaient reléguer, d’après leurs dires, la langue arabe à un second plan. Sans s’attarder sur le contexte dans lequel a été rédigé ce texte par Fodil El Ouartilani, il est effectivement compréhensible de se poser des questions sur les visées des membres de la commission des examens du ministère de l’Education nationale qui ont opté pour ce choix.
La sagesse aurait commandé de faire l’impasse, en ce moment précis, sur un sujet qui allait forcément faire polémique. Les questions identitaires sont extrêmement délicates pour être traitées avec légèreté. Même si la langue amazighe a été officialisée en 2016 et que Yennayer est devenu une fête nationale (journée chômée et payée) depuis 2018, il n’en demeure pas moins que certains cercles mènent des combats d’arrière-garde en profitant de la moindre occasion pour tenter de remettre en cause cet acquis. Les débats relatifs à l’identité passionnent toujours. Par conséquent, les questions y afférentes doivent bénéficier d’une attention très particulière.
Abdelghani Aïchoun


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