Remaniement ministériel : «Un non-événement» pour la classe politique | El Watan
toggle menu
lundi, 08 mars, 2021
  • thumbnail of elwatan07032021




Remaniement ministériel : «Un non-événement» pour la classe politique

23 février 2021 à 11 h 08 min

Le remaniement partiel, annoncé par le président de la République jeudi et opéré, à la veille du 2e anniversaire du hirak, est qualifié par la classe politique et des personnalités nationales de «non-événement». Certains réfutent le mot remaniement et parlent surtout de quelques changements visant à écarter le ministre de l’Industrie Ferhat Aït Ali et celui de l’Energie, Abdelmadjid Attar.

Zoubida Assoul de l’UCP dénonce un immobilisme et l’absence de vision. «Ce remaniement est pour moi un non-événement. Au final, le Président a annoncé un remaniement important qui, en fin de compte, n’a concerné que Ferhat Aït Ali et Abdelmadjid Attar», déplore Zoubida Assoul qui pense que les personnes sérieuses n’accepteront jamais de composer dans un gouvernement qui a une durée de vie de quelques mois. Cette femme de loi reste persuadée que le pays se trouve dans une impasse et que le Président lui-même est conscient de cette situation.

Sinon, dit-elle, comment expliquer que pour l’heure, c’est le flou total concernant les prochaines élections. «Va-t-on vers une présidentielle anticipée ou des élections législatives anticipées ? A quand la convocation du corps électoral ? Dans la pratique, le Président doit partir, parce qu’il n’est pas issu de la majorité. C’est le flou total», tranche Mme Assoul, qui s’interroge plus loin sur l’intérêt qu’accordent les partis politiques à ce rendez-vous électoral.

«La classe politique est-elle intéressée par ces joutes ? Les citoyens sont-ils emballés ? Vont-ils participer à ces élections ? Qu’est-ce qu’une APN mosaïque va apporter de nouveau au paysage politique ? Ce sont autant de questions qui méritent des analyses et des réponses», affirme la présidente de l’UCP, qui attendait du Président qu’il fasse un état des lieux et un audit de la gestion de Bouteflika.

Il n’en fut rien. «C’est l’opacité !» La situation, dit-elle, est désastreuse à tous les niveaux et le Président ne propose ni une solution politique ni une démarche allant dans le sens de l’ouverture d’un dialogue. «A mon avis, nous sommes en train de tourner en rond et le président Tebboune est malade et il n’a ni la maîtrise de la situation, ni la certitude d’aller plus loin», croit savoir Mme Assoul.

Le parti d’Ennahda a critiqué à son tour ce qu’il a appelé «l’inflation de ministres» en parlant du nombre important de portefeuilles ministériels composant le gouvernement actuel.

Il considère que cette démarche n’est pas conforme à la philosophie de rationalisation de dépenses. Ennahda trouve inopportun d’opérer un remaniement, alors que le pays s’apprête à organiser des élections législatives. «Aujourd’hui le plus important n’est pas de changer de gouvernement, mais de répondre favorablement aux revendications populaires, notamment le recouvrement de sa souveraineté et le choix des dirigeants», note Ennahda.

Ramdane Taazibt, cadre du PT, estime tout simplement qu’il s’agit là «d’un changement dans le cadre de la continuité du système». Pour le cadre du RCD, Atmane Mazouz, les Algériens ne pourront nullement se satisfaire de «demi-mesures». L’économiste Smail Lalmas regrette l’autisme du gouvernement.

«Le peuple n’a pas revendiqué un changement du gouvernement ni la dissolution de l’APN, mais le départ du système. Nous avons un système qui a terni l’image de l’Algérie. Ce système est sale et l’Algérie est devenue un pays infréquentable. Aujourd’hui, le départ de ce système s’impose pour sauver le pays», affirme Smail Lalmas.


Advertisements


S'IDENTIFIER S'INSCRIRE
Se souvenir de moi
Mot de passe perdu?
S'IDENTIFIER S'INSCRIRE
Registration confirmation will be emailed to you.
Password Reset Registration
Login
Do NOT follow this link or you will be banned from the site!