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«Un massacre pour des raisons politiques et racistes»

17 octobre 2015 à 10 h 00 min

Quelle est l’actualité de la commémoration de cette date historique dans la France de 2015 et est-on allé au bout de la reconnaissance ?

Depuis le quarantième anniversaire en 2001, date à laquelle une plaque à la mémoire des victimes de ce crime d’Etat a été apposée sur le pont Saint-Michel à Paris, de nombreuses mairies de la région parisienne, et parfois de province, ont pris des initiatives semblables. Des plaques commémoratives, des stèles, des squares, des rues et des boulevards rappellent désormais ce qui a été perpétré ce 17 Octobre 1961. Les luttes pour la reconnaissance des massacres d’Octobre 1961 ne l’ont donc pas été en vain.

Il n’en reste pas moins que ces initiatives locales, importantes et significatives, qui réunissent chaque année toutes celles et tous ceux qui souhaitent rendre hommage aux victimes et exiger que toute la vérité soit faite sur ce qu’il s’est passé, soulignent toujours davantage la pusillanimité des plus hautes autorités de l’Etat.

Je pense en particulier au trop court communiqué du président de la République, François Hollande, rendu public le 17 octobre 2012.

Ce communiqué n’est pas seulement trop court, il euphémise, une fois encore, et c’est infiniment regrettable, les faits en les qualifiant de la «sanglante répression» alors qu’il s’agit bien d’un massacre commis contre des manifestants qui ont été tués, noyés et exécutés sommairement pour des raisons tout à la fois politiques et racistes.

Le crime n’est donc pas nommé, ses responsables ne sont pas désignés et les responsabilités de l’Etat français sont toujours occultées, alors que M. Papon n’a pu agir seul sans avoir l’aval de son supérieur hiérarchique, le ministre de l’Intérieur, Roger Frey.

En matière de recherche, saura-t-on tout un jour sur ce qui s’est vraiment passé ?

Tout d’abord, je souhaite rendre hommage aux travaux pionniers de Jean-Luc Einaudi, récemment disparu. La bataille de Paris : 17 Octobre 1961, publié aux Editions du Seuil à l’occasion du trentième anniversaire des massacres, en 1991, a joué un rôle essentiel. Comme l’écrivait l’historien Pierre Vidal-Naquet, cet ouvrage a contribué à faire «rebondir l’enquête historique» en mettant «en lumière le mensonge fondamental de Maurice Papon et de ceux qui l’ont couvert».

De même que les autres livres de J.-L. Einaudi puisqu’il n’a jamais cessé de poursuivre ses investigations sur ce sujet. L’ensemble des travaux aujourd’hui existants, conduits par des chercheurs français et étrangers, permet d’avoir une très bonne connaissance de ces événements, de leur déroulement et des responsabilités des uns et des autres.

Pour le dire en ces termes, la bataille de la connaissance est désormais gagnée, même si des zones d’ombre peuvent subsister ici et là.

C’est exactement cette situation qui légitime la revendication d’ouverture de toutes les archives afin que toutes celles et tous ceux qui souhaitent travailler puissent le faire en toute indépendance d’une part, et en accédant au maximum de documents d’autre part. Cette exigence démocratique fonde une exigence de vérité, l’une ne va pas sans l’autre. 

O. Le Cour Grandmaison, dernier ouvrage paru L’Empire des hygiénistes. Vivre aux colonies, Fayard, 2014.

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