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mardi, 24 novembre, 2020
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Ali Haddad fait appel à des américains pour sa libération : Un lobbying qui cache mal les pressions sur l’Algérie

09 août 2020 à 9 h 51 min

Président du bureau américain de lobbying (SPG) chargé de défendre Ali Haddad au niveau international, Robert Stryk sort de sa réserve en faisant preuve d’une méconnaissance totale de la situation de l’Algérie, son objectif est de blanchir Ali Haddad de tous les faits de corruption, de le présenter comme «une victime de sa réussite» et de le faire libérer sous la pression américaine.

 

Alors qu’il est condamné à une peine de 18 ans de prison ferme, assortie d’une très lourde amende et la confiscation de tous ses biens, Ali Haddad, et à partir de sa cellule, s’est payé, le 26 juillet dernier, les services d’un cabinet de lobbying américain, SPG (Sonoran Policy Group), que préside le républicain Robert Stryk, pour obtenir sa libération sous la pression internationale.

C’est en son nom que «sa proche conseillère» Sabrina Ben, résidente à Paris, a signé le contrat, d’un montant de 10 millions de dollars, pour la «fourniture de services de conseil aux entreprises et aux particuliers» ainsi que «d’autres services sur une base convenue» sur une période d’une année.

Dans une déclaration à El Watan, Robert Stryk commence par nier «toute relation avec Ali Haddad» mais précise, après insistance, avoir été «engagé par ses associés», sans dire lesquels. Il esquive la question relative au montant empoché pour défendre Ali Haddad, puis finit par lâcher : «Tous les fonds promis à SPG proviennent des amis de ce dernier.

Ils ne proviennent ni de la France, ni de l’Espagne, ni de l’Algérie. Haddad ne me connaît pas. Il n’a promis aucun fonds ni à moi ni à mes compagnies.» Déclaration bien réfléchie, sachant que l’ex-patron de l’ETRHB a fait l’objet d’une condamnation pour des actes de corruption et tous les biens qu’il a acquis, et qui sont considérés par la justice comme étant le produit de la corruption, sont confisqués aussi bien en Algérie qu’à l’étranger, particulièrement en Espagne et en France.

De nombreux pays, y compris les Etats-Unis, font de la lutte contre la corruption un principe et il est rare, pour ne pas dire exceptionnel, que les auteurs de ces faits puissent échapper aux mailles du filet, sauf s’ils s’installent dans des Etats considérés comme des paradis fiscaux.

Le président de SPG sait très bien que la justice algérienne vient d’ouvrir une enquête sur cette affaire de bureau de lobbying, auquel a fait appel Ali Haddad, à travers sa proche conseillère de Paris, et qu’une commission rogatoire est sur le point d’être délivrée aux autorités judiciaires françaises. Dans sa déclaration, le patron de SPG avance des arguments peu convaincants sur les raisons qui le poussent à présenter Ali Haddad comme une victime. «Il y a beaucoup d’inquiétude au niveau international depuis l’emprisonnement de Haddad, surtout qu’il risque de se voir déférer devant une cour militaire pour haute trahison», dit-il.

Bureau de lobbying ou donneur de leçons ?

L’affirmation est surprenante, sachant que Ali Haddad a été poursuivi et condamné par un tribunal civil et, à ce jour, il n’a jamais été question qu’il soit déféré devant une juridiction militaire, de surcroît pour haute trahison. Il fait une lecture étonnante de cette proximité de Ali Haddad (et bien d’autres hommes d’affaires) avec le premier cercle du Président déchu, qui lui avait permis d’avoir la mainmise sur les marchés publics et de transférer les revenus de ces opérations douteuses à l’étranger. «Ali Haddad est un Algérien.

Devrait-il être puni pour avoir gagné de l’argent et aidé son peuple à en gagner ? Combien d’Algériens ont des amis qui les aident à gagner de l’argent ? C’est cela le capitalisme. Si on m’emprisonne en raison de mon soutien au président des Etats-Unis, nous perdrions le génie de l’Amérique.» Stryk confond entre la construction de la richesse sur une base légale qui préserve l’intérêt de la collectivité et des deniers publics et celle qui se fait grâce à l’allégeance et la corruption, au détriment du développement du pays.

Se mettant déjà dans le rôle de lobbyiste, Stryk dit «retenir» que le patron de l’ETRHB «a suivi les règles énoncées par le gouvernement précédent» et appelle les Algériens à «diriger» leur «colère» non pas contre Ali Haddad, mais «uniquement contre leurs anciens élus et dirigeants» et va jusqu’à appeler le président à «libérer Ali Haddad».

Le patron de SPG fait un appel du pied au président Tebboune en lui proposant une levée de fonds auprès des entreprises américaines qui veulent investir en Algérie, en contrepartie de la libération de Ali Haddad. Un chantage clair, net et précis.

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