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Un juge  a décidé mercredi sa mise sous mandat de dépôt : L’arrestation du journaliste Khaled Drareni largement dénoncée

29 mars 2020 à 10 h 06 min

Le journaliste Khaled Drareni a été arrêté, avant-hier, en exécution de la mise sous mandat de dépôt prononcée mercredi dernier par la chambre d’accusation près le tribunal de Sidi M’hamed et annulant sa mise sous contrôle judiciaire.

Une arrestation qui a provoqué des réactions en chaîne, notamment, de la part des organisations internationales de défense de la liberté d’expression et des droits de l’homme.

Arrêté le 7 mars dernier, alors qu’il couvrait une manifestation, Drareni a été placé en garde à vue, en compagnie des militants Samir Benlarbi et Slimane Hamitouche. Au troisième jour donc, ces deux derniers ont été placés en détention provisoire, alors que le journaliste a été mis sous contrôle judiciaire. Les trois sont poursuivis pour «incitation à attroupement non armé» et «atteinte à l’intégrité nationale».

Ainsi, l’ONG Reporters Sans Frontières (RSF), a dénoncé, dans un tweet, «l’utilisation éhontée du Covid-19 par le régime algérien pour régler ses comptes avec le journalisme libre et indépendant».

De son côté, le Comité pour la protection des journalistes (Committee to Protect Journalists, CPJ), basé aux Etats-Unis, a estimé que les autorités algériennes doivent «libérer Khaled Drareni de cette peine de prison ridicule et abandonner toutes les poursuites retenues contre lui». Human Rights Watch (HRW), par le biais de son directeur de la communication, Ahmed Benchemsi, a indiqué, pour sa part, que «le pouvoir profite de ce que le monde est occupé par le coronavirus pour accélérer la répression du hirak».

Au niveau national, cette arrestation a également suscité des réactions bien évidemment. Tout en rappelant que Khaled Drareni «ne faisait que couvrir une manifestation en sa qualité de journaliste indépendant», l’avocat et président de la Ligue algérienne de défense des droits de l’homme (LADDH), Noureddine Benissad, a tenu à faire savoir que «la mise en détention préventive est une mesure exceptionnelle en vertu des dispositions de la Constitution et du code de procédure pénale». Pour lui, «l’épidémie du coronavirus exige au contraire d’alléger la pression carcérale pour éviter la propagation du virus».

Du côté des partis politiques, le président du Rassemblement pour la culture et la démocratie (RCD), Mohcine Belabbas, a déclaré qu’«après la criminalisation de l’opinion et de l’action politique, la façade civile du pouvoir militaire intensifie sa répression de la liberté de la presse».

«L’emprisonnement du journaliste Khaled Drareni est une escalade qui place le régime algérien comme le pire geôlier de la liberté dans le monde d’aujourd’hui», a-t-il ajouté. Le député démissionnaire, Ramdane Youssef Tazibt, du Parti des travailleurs (PT), a estimé quant à lui que «la politique et la presse ne sont pas des crimes».

Il est utile de rappeler, en dernier lieu, que durant la garde à vue entre le 7 et le 10 mars, les journalistes se sont quotidiennement rassemblés devant le tribunal de Sidi M’hamed.

Aujourd’hui, pour cause de confinement dû au risque de propagation du coronavirus, une action similaire ne peut être envisagée. Néanmoins, des dizaines de journalistes ont signé une déclaration de dénonciation.



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