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dimanche, 07 juin, 2020
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Un directeur de la culture limogé pour «outrage» à un «symbole de la Révolution»

14 janvier 2020 à 10 h 08 min

Ayant tenu des propos jugés indignes sur Facebook, le directeur de la culture de la wilaya de M’sila, Rabah Drif, a été relevé de ses fonctions dans la soirée de dimanche 12 janvier.

La décision de mettre fin aux fonctions du directeur local de la culture a été prise, selon l’APS, par le ministère de tutelle pour «injures et insultes» à l’encontre d’un «symbole de la Révolution», Abane Ramdane en l’occurrence.

C’est que dans un vif échange l’opposant à un réalisateur et producteur algérien, ledit directeur a qualifié Abane Ramdane, l’un des architectes de la Guerre de Libération nationale, de «grand traître» à la Révolution, considérant le Congrès de la Soummam comme un «coup d’Etat contre la volonté du peuple». «Oui, soutient Rabah Drif en substance, Abane Ramdane a vendu l’honneur de la Révolution avant que ne soit alerté le lion des services, j’ai nommé Boussouf (…). Abane Ramdane avait instauré la primauté du politique sur le militaire afin de toucher la Révolution au cœur, et de s’allier avec la France et Mohammed V contre les cinq leaders qui ont fait éclater la Révolution…Lui n’a joué aucun rôle dans la Guerre de Libération.»

C’est la première fois qu’un ministère de tutelle sévit suite à un dérapage verbal tenu sur les réseaux sociaux. Cela sonne comme un avertissement aux commis de l’Etat qui pourraient s’adonner à des dérives langagières sur la Toile. Les justifications du directeur, qui avait brandi le droit à la liberté d’expression, n’ont pas suffi à apaiser les esprits. «Ceci est ma page, je suis Rabah Drif, l’homme et l’écrivain, avait-il écrit sur sa page Facebook.

Ceci n’est pas la page de la direction de la culture, j’y exprime mes idées personnelles, mes convictions intellectuelles et mes engagements nationaux loin de toute pression. C’est de la lâcheté et de l’insolence que les ennemis de la patrie se servent de ma qualité de directeur de la culture pour me faire taire et m’obliger à garder le silence.»

A cela, le département de Malika Bendouda répond, sans ambages, dans un communiqué : «Attenter à la mémoire de Abane Ramdane est un acte inacceptable dans le fond et la forme. L’atteinte à la mémoire des chouhada et moudjahidine qui ont sacrifié leur vie pour la patrie ne relève en aucun cas de la liberté d’expression.»

Le ministère de la Culture s’est défendu contre un tel acte «irréfléchi», un acte «moralement et politiquement inacceptable émanant de l’un de ses cadres», affirmant que cette attitude «ne respecte point les règles de responsabilité, dont doivent faire preuve chaque cadre et homme de culture qui assume la direction de la culture et représente la politique culturelle du gouvernement auprès des citoyens et des habitants de l’une des wilayas du pays».

Le fait que l’auteur de ces propos versant dans le révisionnisme soit également scénariste de nombreux films historiques n’est pas la moindre des coquetteries de cette affaire. Rabah Drif a signé, en effet, le script du film Ibn Badis, retraçant le parcours de la figure de proue du Mouvement des Oulémas, ainsi que celui du long-métrage Ahmed Bey, chef de la résistance dans l’Est algérien, sans oublier celui du film L’ombre et la lumière portant sur le mouvement des étudiants durant la Guerre de Libération nationale.

Il est également cadre au Rassemblement national et démocratique (RND) et avait occupé le poste de directeur du musée national Nasreddine Dinet, avant d’être nommé à la tête de la direction de la culture de la wilaya de M’sila. 



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