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Emigration clandestine : Un centre d’accueil pour migrants à Djanet

17 avril 2021 à 10 h 50 min

Très concernée par le flux migratoire subsaharien, l’Algérie va construire un centre d’accueil dans la ville de Djanet (Bordj El Haouès), relevant de la wilaya d’Illizi, pour les migrants clandestinement installés sur le territoire algérien.

Selon un avis d’attribution du marché, publié en janvier dernier (algeriemarches.com) par la wilaya d’Illizi (direction de l’administration locale), ce projet coûtera plus de 400 millions de dinars (plus de 3 millions de dollars). Partagé en plusieurs lots, ce centre comportera, selon la fiche technique du projet, 11 logements, un bloc administratif, une clôture de protection, sécurisée par un poste de garde de police.

Avec la construction de ce centre d’accueil, l’Algérie veut, nous dit-on, sécuriser ses frontières contre l’émigration clandestine. Dans un passé récent, elle était contre la construction des centres pour les émigrants clandestins.

Les autorités procédaient néanmoins à des reconductions de migrants vers leur pays d’origine. Toutes ces reconductions se faisaient de commun accord avec les autorités des pays concernés, a-t-on toujours argué. A rappeler que c’est à partir du 1er août 2017 que les opérations de rapatriement des migrants ont été reprises en Algérie.

Des actions qui ont coûté à l’Algérie 1,2 milliard de dinars, à en croire Fafa Benzerrouki Sid Lakhdar, ancienne présidente du Conseil national des droits de l’homme (CNDH), en marge d’une journée d’étude organisée le 30 juillet 2017 à l’occasion de la Journée mondiale contre la traite d’êtres humains.

«Entre 2014 et 2016, l’Algérie a dépensé 800 millions de dinars pour rapatrier 18 000 femmes et 6000 enfants subsahariens. Les autorités algériennes ont débloqué aussi 400 millions de dinars supplémentaires pour rapatrier davantage de migrants», avait-elle révélé à la même occasion.

L’Algérie, qui partage avec le Niger et le Mali quelque 2280 km de frontières, est la première destination des migrants de ces pays subsahariens. Plusieurs dizaines avaient trouvé la mort par soif en traversant le désert algérien. En effet, 34 migrants avaient été découverts, en juin 2016, sans vie dans le désert entre le Niger et l’Algérie. Trois années auparavant, le même sort avait été réservé aux 92 Nigériens, dont des femmes et des enfants.

Mais qu’est-ce qui a fait revenir Alger sur sa décision ? Il faut savoir qu’entre 2017 et 2018, l’Algérie avait été l’objet d’acerbes critiques de la part des organisations locales et internationales, notamment en ce qui concerne la manière avec laquelle elle reconduisait les Subsahariens vers leur pays.

Dans un de ses communiqués, daté de juin 2017, la Ligue algérienne pour la défense des droits de l’homme (LADDH) avait appelé l’opinion internationale et les ONG à assumer leurs responsabilités envers les migrants subsahariens en Algérie.

Dans une de ses tribunes sur El Watan, Mohamed Saïb Musette, sociologue et directeur de recherche au Cread, avait estimé que «la gouvernance algérienne devrait évoluer vers plus de transparence et de coordination entre les différents secteurs.

Cette évolution permettrait l’institutionnalisation d’un comité intersectoriel auprès de la plus haute instance de l’Etat. De même, la production des données sur les indicateurs des migrations internationales, consignées dans l’Agenda de développement 2030, permettrait aussi d’observer les flux migratoires vers, à travers et à partir de l’Algérie, ainsi que l’évolution des transferts d’argent vers et à partir de l’Algérie».


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