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lundi, 30 novembre, 2020
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Déferlante et un véritable tsunami humain dans les rues de Bouira

Toutes les craintes sont dissipées !

14 décembre 2019 à 10 h 16 min

Un calme précaire règne depuis hier, après de violentes émeutes enregistrées le jour de vote.

Le calme est revenu, hier, dans la ville de Bouira qui avait été, pendant toute la journée de jeudi, le théâtre de très violents affrontements entre les forces de sécurité et des manifestants. Cependant, la situation a failli dégénérer hier, à l’occasion de la marche du 43e vendredi, au passage de la procession humaine devant le siège de la sûreté de wilaya.

Il a fallu l’intervention de sages pour calmer les esprits, tout en saluant le sang-froid de la police qui n’a pas répondu aux provocations. La marche d’hier était historique. Les appels au calme et à préserver le caractère pacifique du mouvement ont eu un écho favorable. Retour sur une journée mouvementée.

Jeudi dernier, les quartiers du chef-lieu de wilaya étaient lugubres après des heures d’émeutes qui ont fait plus de 200 blessés, dont des cas graves enregistrés parmi les émeutiers et les forces antiémeute de la police. Les affrontements ont causé également dés dégâts matériels importants, à l’image du siège de l’Autorité nationale indépendante des élections (Anie) réduit en cendres.

Ainsi et comme il fallait s’y attendre, l’opération de vote n’a pas eu lieu dans plusieurs localités de la wilaya de Bouira. La région, en particulier le chef-lieu de wilaya, a vécu, depuis les premières heures de la matinée d’avant-hier, au rythme des affrontements et des émeutes opposant les manifestants aux forces de police et de la Gendarmerie nationale.

Si à la région est de la wilaya, à l’image des communes relevant de la daïra de M’chedallah et de Bechloul, le vote a été annulé et aucun centre n’a été prévu, ceux installés au chef-lieu ont été fermés par les manifestants et les urnes saccagées.

Urnes saccagées et centres de vote fermés

Les neuf centres de vote programmés dans la commune de Bouira ont tous été fermés et les urnes saccagées par des manifestants mobilisés en force, a-t-on constaté. Un seul bureau, celui situé au quartier Belmahdi, au nord de la ville, a été ouvert sous une forte présence de la gendarmerie, a-t-on constaté.

9h. Un dispositif impressionnant des forces de la gendarmerie a été déployé le long de la RN05, à proximité de l’Uno, et ce, pour empêcher des milliers de citoyens de la commune d’Ath Laâziz, située au nord de Bouira et qui s’est illustrée récemment par une action qui a été vite généralisée en procédant à la fermeture du siège de l’APC à l’aide de ciment et de briques, de marcher vers la ville.

La tension monte. Arrivés sur les lieux, un officier de la gendarmerie nous a intimé l’ordre, bien que nous ayons décliné notre identité en présentant notre carte de presse, de quitter les lieux et surtout de ne pas prendre de photos. «L’ordre a été donné pour disperser la foule alors quittez les lieux», nous a signifié l’officier.

Le siège de l’Anie incendié

Les premières bombes lacrymogènes ont été lancées en direction des manifestants qui ont répliqué à l’aide de pierres. Les affrontements ont duré plus de deux heures. Les milliers de villageois ont réussi à forcer le cordon de sécurité de la gendarmerie, qui a levé son dispositif, libérant ainsi la route aux manifestants de marcher vers le centre-ville.

Et pendant que les émeutes se poursuivent aux abord de la RN05, des scènes similaires se déroulent au niveau de la commune de Haïzer, où aucun centre de vote n’a été installé. Arrivés sur les lieux, des véhicules de particuliers continuent d’acheminer des blessés, dont des cas graves, vers le service des urgences de l’établissement hospitalier Mohamed Boudiaf de Bouira.

L’accès au centre-ville était quasi impossible. Les affrontements ont duré des heures. Plusieurs blessés et des arrestations ont été opérées par les services de sécurité. Devant le centre de vote Bachir Ibrahimi, les services de police ont été obligés de mobiliser le camion à eau et des renforts pour disperser la foule.

Plusieurs marches ont été improvisées avant que la foule ne décide de converger vers le siège abritant l’Autorité nationale indépendante des élections. En quelques minutes, l’édifice, qui n’est pas loin du siège de la cour de justice et des directions de l’exécutif, a été réduit en cendres.

Des éléments des forces antiémeute étaient obligés de quitter l’enceinte complètement brûlée, après le jet des cocktails Molotov, en direction d’une base de vie de la police. Là encore, nous avons été témoin de la chute d’un manifestant d’un véhicule blindé de la police. Le manifestant s’en est miraculeusement sorti.

A préciser, par ailleurs, que l’opération de vote s’est déroulée dans le calme dans des communes du sud et de l’ouest de la wilaya. Néanmoins, l’affluence est très faible. Un taux de participation estimé à 21,24% a été enregistré au niveau de la wilaya. Le candidat Abdelmadjid Tebboune est arrivé en tête avec 63,67% de voix.

A noter aussi que les appels au calme ont été multipliés hier à l’occasion du 43e vendredi de mobilisation. La foule a dénoncé toutes les scènes de violence qui ont aussi failli faire perdre la tranquillité et le caractère pacifique du mouvement révolutionnaire.

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