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Tomate industrielle : l’importation taxée à 200%

11 janvier 2019 à 10 h 25 min

C’est l’une des annonces majeures faites par le wali d’El Tarf lundi lors d’une seconde rencontre sur la filière de la tomate industrielle, la première ayant eu lieu le 12 décembre dernier, mais cette fois en présence des transformateurs venus en force des wilayas voisines, celles d’Annaba, de Guelma et de Skikda.

A noter également la présence du directeur de la succursale régionale de la Banque algérienne du développement rural (BADR) d’Annaba. Le décret qui fixe à 200% – le taux le plus fort – la taxe douanière pour l’importation du double et triple concentré de tomate est à la signature, selon Mohamed Belkateb, le wali d’El Tarf.

Ceci pour essayer de mettre fin aux interpellations des producteurs (agriculteurs) et transformateurs (conserveurs) pour qui la situation dans laquelle est plongée la filière est la conséquence directe des importations massives qui n’ont pas cessé du concentré de tomate de Chinois alors que la production nationale est en mesure de couvrir les besoins nationaux et même d’exporter.

C’est ce qu’a tenté d’expliquer dans une intervention, au nom des transformateurs, le patron de la conserverie Seybouse et Aurès, Hanafi Fawzi. Le wali n’a pas eu la patience de l’écouter jusqu’au bout et l’assistance également par la même occasion. Dialogue de sourds. Le wali, comme les pouvoirs publics au plus haut niveau, semble mettre en doute les assurances des producteurs et de transformateurs de pouvoir couvrir les besoins nationaux en concentré de tomate.

Une ambiguïté que confirmera le patron des conserveries Izdihar et Lalla Salha, M. Mansouri, l’un des deux gros importateurs décrié par sa corporation, et qui lors de son intervention reconnaîtra que lors d’une réunion au secrétariat général du ministère de l’Agriculture à laquelle il a été convié, le représentant du commerce n’a pas été en mesure de se prononcer sur la question.

A tirer au clair ou pas, comme le signalera un observateur pour qui cette confusion probablement entretenue profite aux importateurs et ceux qui les soutiennent dans les arcanes du pouvoir.

Transformation

Autre question à élucider : les unités de transformation existantes – certaines sont fermées depuis plusieurs années – sont-elles en mesure d’absorber la production annoncée pour 2019, soit près de 6 millions de quintaux sur les 7000 ha d’emblavement prévus à El Tarf ? Oui, selon le Directeur des services agricoles (DSA), Kamel Benseghir, qui indique que pour la prochaine saison il y aura en activité à El Tarf 8 unités de transformation qui pourront traiter 8600 quintaux par jour.

La chaîne des camions et tracteurs pleins à ras bord devant les conserveries est la hantise des producteurs impuissants devant le fruit de leur labeur qui fond au soleil de juillet et d’août. Autre épineuse question qui inhibe le redéploiement de la filière, objet de la rencontre, souhaité par le wali qui veut redonner à El Tarf son cachet perdu de première région du pays pour la tomate industrielle, c’est le financement.

Les agriculteurs ne sont pas payés parce que les conserveurs n’ont pas d’argent au moment opportun pour cause de mévente de leurs produits qui sont pourtant bien présents en stocks. Le directeur de la succursale de la BADR a été mis en cause par des intervenants. Selon eux, les aides, essentiellement les rééchelonnements, seraient accordés aux uns et pas aux autres.

Favoritisme ? Fort possible dans un pays rongé par la corruption et où on parle d’un système bancaire défaillant à deux vitesses. Le directeur de la Badr explique que les situations sont différentes d’un transformateur à un autre et que les dossiers sont traités à Alger au cas par cas. Ils ont accumulé au fil des ans dette sur dette et à la longue cela complique les cas qui n’ont pas les moyens de s’en acquitter.

Le wali a promis de saisir les ministres concernés pour essayer de trouver une solution, comme celle proposée par un intervenant d’ajuster le rééchelonnement des dettes aux capacités de production de l’unité concernée. Autre annonce par le wali, celle d’un contrat type pour régir les relations entre les producteurs et les conserveurs.

En effet, les agriculteurs se sont plaints de cette carence qui donne libre cours aux humeurs des uns et des autres.

Il a également déclaré que la CRMA, la Caisse nationale de mutualité agricole, l’organisme d’assurance du monde agricole, a décidé d’ouvrir une succursale régionale à El Tarf.

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