Tizi Ouzou : «Il n’y aura pas d’élections sans transition» | El Watan
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lundi, 11 novembre, 2019
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Tizi Ouzou : «Il n’y aura pas d’élections sans transition»

19 octobre 2019 à 10 h 06 min

Véritable démonstration de force, hier, dans la ville de Tizi Ouzou, à l’occasion du 35e vendredi de protestation pour le changement du système. Cette déferlante populaire qu’a connue le chef-lieu de wilaya a été des plus imposantes, et ce, compte tenu des centaines de milliers de personnes qui ont battu le pavé pour exprimer leur désapprobation au régime, dont le départ, pur et simple, est revendiqué depuis plus de huit mois.

La marche a drainé une foule impressionnante, qui a carrément submergé les rues de la ville des Genêts, qui s’est avérée trop exiguë pour contenir toute cette masse humaine, qui nous rappelle les première marches hebdomadaires organisées juste après le 22 février dernier. Ils sont, d’ailleurs, venus de toutes les communes de la wilaya de Tizi Ouzou pour prendre part à cette action de rue qui marque un retour triomphal de la mobilisation citoyenne contre le régime en place.

Ce dernier se voit acculé par les citoyens qui ne veulent plus lâcher prise jusqu’au départ de la caste au pouvoir. «Les décideurs sont acculés de toute part. Ils doivent partir avant qu’il ne soit trop tard. Gaïd Salah et Bensalah dégagez», a martelé un père de famille qui a porté un panneau en contreplaqué sur lequel ont pouvait lire : «Il est vrai que lorsqu’on bâtit un pouvoir sur la division, l’union fait peur». C’est la même détermination chez un autre, un septuagénaire, qui ajoute que «l’Algérie n’est pas à vendre. Nous n’allons pas cesser de manifester jusqu’à la chute de la bande qui continue à gâcher l’avenir de nos enfants».

Plusieurs slogans ont été transcrits sur les pancartes brandies par les participants à cette marche. «Un peu de respect pour la Loi fondamentale du pays : la Constitution n’est pas un self-service», «Hommage aux frères tunisiens qui nous ont montré la voie de la démocratie», lit-on sur les étendards portés par les marcheurs qui ont aussi réaffirmé leur rejet de l’élection présidentielle prévue pour le 12 décembre prochain. «Ulach lvot ulach !» (Il n’y aura pas d’élection), ont-ils scandé, à gorge déployée.

Les manifestants ont également déployé des banderoles en faveur de la libération des détenus d’opinion, dont ceux arrêtés pour avoir hissé l’emblème amazigh. Dans la foule, nous avons également remarqué des manifestants brandissant des pancartes de soutien aux membres de confession chrétienne après la fermeture de leurs églises. «Silence. Ici, en Kabylie, on interdit le droit de culte et on ferme les églises. Silence. Ici, en Algérie, on tabasse les manifestants pacifiques et on les emprisonne, On arrête le capitaine d’industrie Issad Rebrab, et le commandant de l’ALN, Lakhdar Bouregaâ», est-il aussi écrit sur une grande banderole déployée au-devant d’un carré de marcheurs.

Des femmes, des personnes âgées et même des enfants ont pris part à cette démonstration de force. Il était d’ailleurs très difficile de se frayer un chemin dans cette marée humaine très compacte. Les portraits des détenus ont été exhibés par la foule, tout comme celui du chantre engagé Matoub Lounès. Les photos des révolutionnaires, comme Hocine Aït Ahmed, Abane Ramdane et Mohamed Boudiaf, ont été également portées par des manifestants qui ont crié, haut et fort, «Libérez l’Algérie !» et «Y en a marre des généraux !»

Au moment où les premiers marcheurs ont observé un gigantesque rassemblement devant le mémorial des martyrs de la Guerre de Libération nationale, en face de l’ancienne gare routière, plusieurs autres carrés étaient encore à la rue du CHU Nedir Mohamed. La révolution continue…


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