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Abdelmadjid Chikhi représentera l’Algérie dans ce travail de mémoire commun

Tebboune parie sur la «coopération mémorielle» avec Macron

21 juillet 2020 à 10 h 07 min

Le président Abdelmadjid Tebboune a annoncé, lors de l’interview télévisée accordée à deux confrères de la presse nationale et diffusée dimanche soir, qu’il a désigné Abdelmadjid Chikhi en qualité de représentant de l’Algérie dans le cadre du travail engagé conjointement avec l’Etat français sur les questions mémorielles.

«On s’est entendu avec le président français Emmanuel Macron en ce qui concerne la mémoire pour travailler de façon normale.

Un crime est un crime et nul ne peut l’occulter», a souligné M. Tebboune en réponse à une question de notre confrère Mohamed Abdoun du Courrier d’Algérie relative à ce dossier. Le président de la République estime que pour «la récupération de nos archives, de notre mémoire, les choses sont devenues claires, sans crispation».

Et de préciser dans la foulée : «Pour faciliter les choses et sortir de la crispation politique et l’exploitation politicienne, il (Emmanuel Macron, ndlr) a nommé un historien connu, et son vis-à-vis est Abdelmadjid Chikhi. Aujourd’hui, c’est le plus au fait (du dossier). Il est responsable des Archives nationales et est un spécialiste. On leur a communiqué son nom

Pour rappel, M. Chikhi a été nommé le 29 avril 2020 conseiller auprès de la présidence de la République chargé des Archives et de la Mémoire nationales.

Dans un entretien au journal français L’Opinion, publié le 13 juillet, le chef de l’Etat a mis l’accent sur l’importance de ce travail de mémoire commun en déclarant : «Nous avons évoqué cette question avec le président Macron. Il connaît bien les événements qui ont marqué notre histoire commune. L’historien Benjamin Stora a été nommé pour accomplir ce travail mémoriel du côté français.

Il est sincère et connaît l’Algérie et son histoire, de la période d’occupation jusqu’à aujourd’hui. Nous allons nommer son homologue algérien dans les 72 heures. Ces deux personnalités travailleront directement sous notre tutelle respective. Nous souhaitons qu’ils accomplissent leur travail dans la vérité, la sérénité et l’apaisement pour régler ces problèmes qui enveniment nos relations politiques, le climat des affaires et la bonne entente

Et de faire remarquer : «L’Algérie est incontournable pour la France, et la France l’est pour l’Algérie. Il faut affronter ces événements douloureux pour repartir sur des relations profitables aux deux pays, notamment au niveau économique. La mémoire ne peut être estompée et nous ne pouvons pas en faire ce que nous voulons

Evoquant le rapatriement par l’Algérie, le 3 juillet, des restes mortuaires de 24 combattants de la résistance populaire du XIXe siècle contre les troupes coloniales, M. Tebboune a considéré que ce geste «constitue un grand pas» dans le sens de ce rapprochement.

Et d’ajouter : «D’autres crimes méritent d’être racontés, comme la prise de l’oasis de Zaatcha où les troupes françaises du général Emile Herbillon ont massacré les combattants du cheikh Bouziane.

Le maréchal de Saint-Arnaud a aussi perpétré de nombreux massacres, qui ont fait plus de victimes qu’à Oradour-sur-Glane. Beaucoup d’historiens français traitent ces événements historiques en toute honnêteté. Une fois ces problèmes de mémoire dépassés, nous pourrons avancer avec beaucoup de sérénité.»

De son côté, Abdelmadjid Chikhi déclarait récemment à l’APS, à l’occasion du 58e anniversaire de l’indépendance, que «la génération actuelle et celles qui lui succéderont demeureront attachées à la demande de restitution de toutes les archives nationales détenues par la France et se rapportant à plusieurs périodes de notre histoire».

D’après lui, «il n’y a pas chez la partie française de réelle volonté de clore ce dossier définitivement». M. Chikhi a fait savoir que les discussions sur ce dossier «sont à l’arrêt depuis trois ans, soit depuis le limogeage du directeur des Archives françaises, une institution qui n’a pas actuellement de responsable à sa tête».

De son côté, l’historien Benjamin Stora a laissé planer le doute quant à ce travail mémoriel commun et ses modalités formelles.

Le 15 juillet, et en réponse à un internaute qui lui demandait sur sa page Facebook : «Est-ce vrai que vous allez contribuer de manière officielle et en collaboration avec un ou plusieurs historiens algériens à une écriture commune de l’histoire de la colonisation ?»

Benjamin Stora précisait : «Il s’agit de notes personnelles, de réflexions que je dois remettre prochainement, à la demande de la Présidence française, sur la colonisation et la Guerre d’indépendance algérienne. Il n’y a donc pas, à ma connaissance, de commission mixte d’historiens sur ces questions d’histoire, mise en place par les Etats


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