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Le staff gouvernemental de Abdelaziz Djerad dévoilé jeudi

Tebboune mise sur les «technocrates»

04 janvier 2020 à 10 h 12 min

La Présidence et le Premier ministre ont misé sur de nombreux universitaires et experts, dont certains sont habitués à intervenir dans les médias et sur les plateaux des chaînes de télévision, ces dernières années.

La composante du nouvel Exécutif, dévoilée jeudi soir par le porte-parole de la Présidence, Belaïd Mohand Ousaïd, reflète, en partie, la nouvelle orientation du pouvoir version Abdelmadjid Tebboune. D’abord concernant l’annonce du staff gouvernemental. La nouvelle équipe de la Présidence a, semble-t-il, voulu donner un caractère solennel à cette nomination attendue depuis plus de 15 jours.

Il n’y a eu point de fuite des noms des ministres nommés, avant l’intervention, au journal de 20h de l’EPTV, du porte-parole de la Présidence. Il n’y a pas eu de place pour les faux scoops, cette fois-ci. L’autre remarque concerne les membres du staff gouvernemental lui-même. Celui-ci ne revêt aucune couleur politique, puisque le partage habituel des portefeuilles ministériels entre le FLN, le RND, TAJ et MPA a été abandonné.

La Présidence et le Premier ministre ont misé sur de nombreux universitaires et experts, dont certains sont habitués à intervenir dans les médias et sur les plateaux des chaînes de télévision ces dernières années.

C’est le cas de Ferhat Aït Ali Braham, nommé ministre de l’Industrie et des Mines. L’homme, qui s’est fait «beaucoup d’ennemis» sur les réseaux sociaux ces derniers mois, notamment en raison de ses critiques envers le hirak, avait l’habitude de développer des analyses critiques et osées des politiques économiques des anciens gouvernements.

Chams-Eddine Chitour, ministre de l’Enseignement supérieur, Ammar Belhimer, ministre de la Communication, porte-parole du gouvernement, sont aussi connus pour leurs interventions, notamment dans la presse écrite, où ils signaient des chroniques hebdomadaires.

La Présidence a puisé aussi dans l’université pour chercher la ministre de la Culture, Malika Bendouda (enseignante de philosophie), et le ministre de l’Education nationale, Mohamed Ouadjaout (enseignant en mathématiques). Le professeur Abderrahmane Benbouzid est, pour sa part, nommé ministre de la Santé, de la Population et de la Réforme hospitalière.

11 anciens ministres reconduits ou rappelés

Sur les 39 membres du nouveau gouvernement, 11 ont déjà occupé un poste ministériel. Certains d’entre eux sont en poste depuis quelques mois déjà. C’est le cas de Sabri Boukadoum, ministre des Affaires étrangères dans le gouvernement Bedoui, qui a été nommé, pour quelques jours, Premier ministre par intérim. Ce dernier garde son portefeuille des Affaires étrangères.

Le ministre de la Justice, Belkacem Zeghmati, nommé en juin dernier dans des conditions particulières, est maintenu lui aussi pour aller «jusqu’au bout» dans la fameuse «lutte contre la corruption». L’ancien procureur général, à qui on reproche, notamment, le fait d’avoir cautionné les détentions abusives des hirakistes et des acteurs politiques, a été, rappelons-le, confronté à une véritable insurrection des magistrats, dont le syndicat avait même réclamé son départ. Il aura du pain sur la planche. Tayeb Zitouni, reste le plus ancien ministre dans le gouvernement actuel.

Déjà ministre des Moudjahidine depuis 2014, le cadre du RND garde, lui aussi, le même portefeuille. Mohamed Arkab, lui aussi, garde son poste de ministre de l’Energie.

Dans la liste des rappelés, on retrouve Abderahamane Raouya qui revient au ministère des Finances qu’il avait quitté le 31 mars dernier. Comme lui, Sid Ahmed Ferroukhi, plusieurs fois ministre, avant d’être élu en 2017 député d’Alger sur une liste FLN, revient au gouvernement pour occuper le poste de ministre de la Pêche et des Productions halieutiques. Farouk Chiali (Travaux publics), Hassane Mermouri (Tourisme) retrouvent également les postes qu’ils ont occupés par le passé.

Start-up et économie numérique

Comme il l’avait annoncé au lendemain de son élection, Abdelmadjid Tebboune a consacré un ministère à la Micro-entreprise, aux Start-up et à l’Economie de la connaissance, confié à Yassine Djeridene. Ce dernier sera épaulé par deux ministres délégués chargés respectivement des Incubateurs (Nassim Diafat) et des Start-up (Yacine Oualid).

Le ministère des Statistiques et de la Prospective, abandonné depuis plusieurs années, revient. Il est confié à l’ancien ministre Bachir Messaitfa, nommé ministre délégué. L’autre remarque concerne la disparition d’un poste-clé : le vice-ministre de la Défense nationale, assumé pendant de longues années par l’ancien chef d’état-major de l’ANP, Ahmed Gaïd Salah, décédé le 23 décembre dernier suite à un arrêt cardiaque.

Généralement, le poste de ministre de la Défense est assumé par le président de la République, mais il n’a pas figuré dans la liste annoncée jeudi. Ayant promis «un gouvernement de jeunes», Abdelmadjid Tebboune semble avoir changé d’avis. Comment qualifier ce gouvernement ? Aussitôt après l’annonce, des commentaires ont fusé, notamment sur les réseaux sociaux.

Les commentateurs relèvent, entre autres, la nomination de beaucoup «de vieux» et l’arrivée de personnes inconnues au bataillon ou qui ont eu des réactions indignes sur les réseaux sociaux, à l’image du ministre du Commerce, Kamel Rezig, dont les posts haineux sur l’espace bleu semblent être empruntés à l’inénarrable Naïma Salhi.
                  

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