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Tahar Ramram. Président de l’Association des chevillards : «L’impact sanitaire de la fermeture est catastrophique»

26 janvier 2019 à 10 h 50 min

La wilaya a décidé de délocaliser l’activité des abattoirs de Ruisseau. Les opérateurs ont été priés de vider les lieux. Qu’en est-il exactement ?

Le directeur a mis à exécution ses menaces de faire sortir les occupants. La décision a été affichée le mardi 7 janvier et l’exécution est intervenue le 9 du même mois. La salle d’abattage et le frigo ont été fermés. Il n’y a plus d’activité sur place. Des policiers ont été réquisitionnés pour empêcher toute action de la part des opérateurs.

Ce que nous trouvons aberrant, c’est que le même responsable nous a assuré, il y a quelques mois, que notre activité ne sera pas délocalisée avant deux ans. Nous avions espoir, d’autant plus que le projet du siège du Parlement, prévu sur l’assiette, a été gelé par la loi de finances 2017. Pourquoi alors cette précipitation ? Visiblement, les autorités veulent en finir avec le dossier de la démolition à cet endroit. Pourtant, la wilaya a ici un EPIC qui fait une recette dépassant les 12 millions de dinars.

Quelle est la situation à El Harrach ?

A El Harrach, où certains s’étaient rendus les premiers jours, l’espace est d’abord exigu : 2000 m2 – alors qu’aux abattoirs de Ruisseau ce sont 24 000 m2­ – soit à peine des carrés où on peut se tenir debout. Les conditions d’hygiène aussi sont absentes, puisque les espaces d’abattage et de nettoiement des abats sont les mêmes. La situation sanitaire était déjà difficile aux Abattoirs, c’est encore pire à El Harrach. Nous demandons aux autorités de dépêcher une commission pour constater l’état dans lequel se trouve la tuerie d’El Harrach, où nous avons été dirigés. Nous proposons qu’elle soit composée, entre autres, du DSA, du DSV et du DCP.

Que proposez-vous à la wilaya ?

On nous a parlé du projet d’un abattoir à l’entrée de la ville de Baraki. Nous constatons qu’il n’avance pas comme nous le voulons ; il n’y a même pas d’appel d’offres en bonne et due forme. Les Abattoirs, c’est un établissement important, qui couvre des wilayas du Centre, à l’instar de Blida, Boumerdès. Nous abattons jusqu’à 1500 agneaux et de 250 à 300 bovins par jour. Même les institutions de l’Etat que nous couvrons exigent notre certification qui est un gage d’hygiène et de qualité. Contrairement au privé, chez nous, les gens n’abattent pas des agnelles ou des génisses. L’impact sanitaire de la disparition des Abattoirs est catastrophique, avec l’absence de séparation des lieux d’abattage et de nettoyage. Et puis, l’impact environnemental est aussi important, avec tous les produits qui seront jetés dans la nature, puisque non recyclés sur place.

Y aura-t-il un impact sur les prix des viandes ?

Certainement, déjà que les prix ont augmenté avec la peste des petits ruminants (PPR). Les prix de la viande ont augmenté de 250 DA. L’agneau est à 1400 DA/kg au gros. L’impact de la fermeture des Abattoirs se fera ressentir dans les prochains jours, les salles d’abattage se vident. Au-delà de l’aspect commercial, il y a un problème que pose la démolition des Abattoirs : la disparition d’un métier principal, chevillard, et d’au moins sept sous-métiers spécifiques, à l’instar des marchands d’abats (42), des bergers (8), les traiteurs de tripes et de boyaux… Nous savons qu’il y a au moins 1000 travailleurs. Par ailleurs, il y a 42 commerçants, marchands d’abats, qui ne seront visiblement pas indemnisés, puisqu’ils ne disposeront pas de locaux dans la nouvelle tuerie.

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