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Solidarité avec les manifestants incarcérés pour port du drapeau amazigh : «Libérez les détenus, libérez la justice !»

25 juin 2019 à 10 h 04 min

L’arrestation de plusieurs citoyens vendredi dernier, à Alger, pour avoir simplement défilé avec le drapeau amazigh lors des manifs de cette 18e «Silmiya», a donné lieu à un formidable élan de solidarité pour exiger leur libération.

Rappelons que 17 manifestants ont été présentés ce dimanche devant les tribunaux de Sidi M’hamed et Bab El Oued, et placés sous mandat de dépôt pour «atteinte à l’unité nationale». Ils sont actuellement incarcérés à la prison d’El Harrach. Des rassemblements se sont ainsi tenus avant-hier devant le tribunal de Sidi M’Hamed et à Baïnem (où se trouve le tribunal de Bab El Oued) à l’appel du Réseau de lutte contre la répression, pour la libération des détenus d’opinion et pour les libertés démocratiques.

Le Réseau «a appris avec sidération la décision inacceptable rendue par les tribunaux de Sidi M’hamed et Bab El Oued, cet après-midi, 23 juin 2019. L’ensemble des prévenus ont été mis sous mandat de dépôt, sous l’inculpation d’ ‘‘atteinte à l’unité nationale par le port d’un emblème autre que l’emblème national’’», peut-on lire dans un communiqué rendu public dimanche.

Et de préciser : «Le port de l’emblème amazigh est une revendication identitaire reconnue par la Constitution et par les lois de ce pays, elle ne constitue nullement, par conséquent, une menace pour l’unité nationale.» Le Réseau a ensuite appelé à «rejoindre le rassemblement populaire initié par les familles et les comités citoyens de Aïn Benian aujourd’hui même (dimanche, ndlr) à 18h, au rond-point Aissani. Tous déterminés à poursuivre le combat pour les libertés démocratiques en Algérie !» Dans une courte vidéo diffusée par l’un des participants au rassemblement de Guyotville, on voit les manifestants brandir des pancartes reproduisant ce même slogan : «Libérez les détenus du drapeau amazigh et tous les détenus d’opinion». Ils ont également scandé : «Atalqou el messdjounine, nahnou amazighiyine» (Libérez les prisonniers, nous sommes Amazighs).

«à bas la dictature !»

Un autre rassemblement s’est tenu hier devant le tribunal de Sidi M’hamed, rue Abane Ramdane, aux cris de «A bas la dictature», «A bas la répression», «Libérez les détenus, libérez les innocents»…

Les slogans entonnés appelaient, par ailleurs, à la libération du pouvoir judiciaire : «Libérez la justice», «Ya lil âre ya lil âre adala be’tilifoune» (Quelle honte, justice du téléphone), «Adala bel awamer» (Justice aux ordres), «Adala intiqaliya machi intiqamiya» (Pour une justice transitionnelle, non à la justice vengeresse)… Gaïd salah en a une nouvelle fois pris pour son grade, lui dont le discours, où il s’en prenait au drapeau amazigh, a été, faut-il le rappeler, à l’origine de cette vague de répression : «Y en a marre des généraux», «Les Algériens khawa-khawa, wel Gaïd Salah maâ el khawana» (Les Algériens sont des frères, Gaïd Salah est avec les traîtres), «Had echaâb la yourid hokm el askar min djadid» (Ce peuple ne veut pas d’un nouveau régime militaire), «Ennidhal ennidhal hatta yasqota ennidham» (La lutte jusqu’à la chute du régime), «Pouvoir assassin !» «Djazair horra democratia» (Algérie libre et démocratique), «Dawla madania, machi askaria» (Etat civil, pas militaire), «Dawla madania, machi poulicia» (Etat civil, non à l’Etat policier).

D’autres slogans tenaient à rappeler à l’autocrate qui a pris le relais de Boutef IV que l’identité amazighe qu’il assimile presque à un «délit» est inscrite dans notre ADN immémorial et sur les tablettes de nos lois : «Amazighiya-djazairiya» (Amazighe et algérienne), «Houwiyati djazairia, ma rahiche djarima» (Mon identité est amazighe, ce n’est pas un crime), «Al amazighiya houwiya djazairiya» (l’amazighité est une identité algérienne), «L’amazighité est protégée par la Constitution», «Chamal Ifriqiya d’Imazighen» (L’Afrique du Nord, des Amazighs).

Actions de protestation dans plusieurs localités

Des rassemblements et actions citoyennes ont été initiés dans d’autres localités pour dénoncer ces incarcérations arbitraires. C’est notamment le cas des villes dont sont issus quelques-uns des citoyens arrêtés vendredi dernier. Des habitants de Haïzer, dans la wilaya de Bouira, ont protesté devant la cour de Bouira en criant «Pouvoir assassin !» «Ulac smah ulac» (Pas de pardon). D’après la liste des détenus publiée par le Réseau de lutte contre la répression, au moins trois citoyens originaires de cette commune ont été interpellés à Alger en ce 18e vendredi : Hamza Roudjate, Akli Oukbi et Ali Lakehal.

A Ifri Ouzellaguen, dans la wilaya de Béjaïa, les citoyens ont observé une grève générale et ont fait une marche en soutien à l’ensemble des détenus du hirak et aussi pour exiger la libération d’un enfant de la ville qui figure parmi ces détenus : Tahar Oudihat. Ces actions ont été menées à l’appel du Collectif des citoyens d’Awzellaguen (CCA) et dont Tahar était membre. «Nous appelons l’ensemble de la population d’Ifri Ouzellaguen (citoyens, comités de village, comités de quartier, associations, entreprises et établissements privés et étatiques) à une : grève générale de 8h à 12h ; une marche citoyenne à 10h, du marché communal (souk) jusqu’au carré des martyrs (mairie) (…) ;
rassemblement à la place des Martyrs», détaille l’appel du CCA diffusé sur sa page Facebook en précisant : «Les transporteurs, le secteur de la santé et les pharmacies sont appelés à assurer leurs services.»

Selon une vidéo de la manif’ postée par Yani Aidali, un membre du Réseau de lutte contre la répression, les citoyens d’Ifri Ouzellaguen ont hissé plusieurs banderoles et pancartes appelant à la libération des manifestants embastillés. Sur une large banderole, on peut lire : «Ifri Ouzellaguen, terre des hommes libres, exige la libération des détenus d’opinion». Sur d’autres bannières accrochées aux artères principales, ces mots d’ordre : «Libérez Tahar», «Libérez la justice, libérez les détenus». Même revendications exprimées à travers les pancartes exhibées : «Libérez les détenus», «Libérez Tahar Oudihat», «A bas la dictature».

«Prenez-moi à la place  de mon fils !»

A Naciria cette fois, dans la wilaya de Boumerdès, les citoyens ont marché dimanche soir pour dire «Libérez tous les détenus d’opinion», comme le proclame une banderole. Les manifestants mettaient en avant également des pancartes qui disaient : «Libérez Bacha Bilal». Il s’agit là aussi d’un enfant de la ville, président de l’association Arrach n’Laâzib.

Sur une vidéo publiée sur la page Facebook de Bordj Menaïel News, on découvre avec émotion l’admirable maman de Bilal qui prend la parole lors d’un rassemblement nocturne. Elle parle dans un mégaphone, avec beaucoup d’assurance. Ses mots, pleins de dignité, sont ceux d’une véritable mère-courage : «Moi aussi je porte ce drapeau.

Prenez-moi à sa place, tout simplement !» lâche-t-elle d’emblée en caressant un étendard berbère. «Il a 23 ans, vous l’emmenez en prison, vous gâchez son avenir, vous le poussez à détester l’Algérie (…). C’est pour ça (en désignant l’emblème berbère) qu’il a été embarqué ? Eh bien voilà, je le porte aussi. Vous avez des yeux pour voir, vous avez une conscience, vous avez des enfants, prenez-moi, moi aussi, pourquoi vous ne m’arrêtez pas ? J’ai 52 ans, je suis malade, je suis atteinte d’un cancer.

Prenez-moi et relâchez mon fils. Ne gâchez pas sa vie. Rana chabîne lamrar, notre vie est déjà assez difficile comme ça.» Bouleversant ! Il nous faut aussi citer cet appel du Collectif des avocats pour le changement et la dignité : «Nous réitérons notre engagement et notre disponibilité à prendre en charge juridiquement toutes personnes arrêtées et/ou poursuivies dans le cadre des manifestations de la révolution populaire pacifique, et cela, devant toutes les juridictions d’Algérie, tribunaux et cours.

Contactez le Collectif au numéro suivant : 0672 900 637.» Peut-être pourraient-ils faire quelque chose pour ce jeune médecin néphrologue, le Dr Khaled Chouater, exerçant à l’hôpital de Bordj Bou Arréridj. Il a été placé sous mandat de dépôt hier, en raison d’une simple photo prise dans son bureau dans laquelle il pose fièrement avec le drapeau amazigh, et qu’il a diffusée sur les réseaux sociaux.

Retenons enfin ce message de Messaoud Leftissi, l’un des manifestants arrêtés vendredi, qu’il a transmis à son avocate Me Aouicha Bekhti : «Madame, s’il vous plaît, j’insiste ! Dites aux Algériens dehors que je suis plus que jamais déterminé. Etre libre dans un pays pris en otage n’a aucun sens. Dites leur de continuer à libérer le pays.» Respect !

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