Slogans et pancartes pour la libération des détenus | El Watan
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mercredi, 13 novembre, 2019
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Slogans et pancartes pour la libération des détenus

06 juillet 2019 à 10 h 25 min

Des drapeaux et encore des drapeaux décoraient hier la capitale assiégée par un dispositif policier des plus impressionnants. Dès la fin de la matinée, sous un soleil de plomb, de petits groupes de femmes, d’hommes et d’enfants, arborant les couleurs nationales, commençaient à affluer vers la place du 1er Mai. Aâmi Ali, sexagénaire, est là depuis 10h.

Chapeau de paille sur la tête, drapeau pendant sur les épaules et une immense banderole sur laquelle on peut lire : «Tous unis pour une nouvelle Algérie», il ne cesse de crier : «Echaab yourid tenahaw gaa» (Le peuple veut que vous partiez tous). Non loin, deux manifestants d’une quarantaine d’années, vêtus de treillis militaires, la tête recouverte d’un béret noir, et de larges lunettes de soleil posées sur le nez, tiennent une immense pancarte : «Djeich chaâb khawa khawa, Gaïd Salah maa al khawana» (Armée et peuple sont des frères, Gaïd Salah avec les traîtres), et crient haut et fort sans s’arrêter : «Gaïd Salah dégage !».

Eux aussi étaient parmi les premiers à s’être installés juste en face du jet d’eau de la place du 1er Mai, où l’ambiance était plutôt festive en cette journée de chaleur torride. De nombreux jeunes en profitent pour vendre de l’eau fraîche et des drapeaux. Tout le long de la rue Hassiba Ben Bouali, en petits groupes, la foule avance lentement en reprenant d’une seule voix : «La intikhabate maa al isabate !» (Non aux élections avec la bande), «Djazair hora démocratiya !» (Algérie libre et démocratique), «Klitou leblad ya serrakine !» (Vous avez pillé le pays, espèce de voleurs), etc. Des balcons, des femmes et des hommes aspergent les manifestants d’eau fraîche. La chaleur est insupportable.

13h30. La foule devient de plus en plus dense. L’emblème amazigh a laissé place aux tenues kabyles, portées par de nombreuses femmes, jeunes filles et petites filles, qui renvoient les Algériens à cette richesse identitaire dans laquelle ils se reconnaissent tous. «Ni Kabyle, ni Chaoui, ni M’zabi, nous sommes tous Algériens», «Pas de régionalisme, notre objectif est d’aller vers une IIe République», «Nous sommes tous des Amazighs algériens», sont les messages qui reviennent le plus sur les banderoles.

14h. Des vagues humaines imposantes se déversent sur la place de la Grande-Poste, désormais assiégée par les manifestants. Sur les pancartes hissées très haut, les slogans appellent majoritairement à la libération des détenus.

Des portraits de bon nombre de ces derniers, particulièrement celui du grand moudjahid Lakhdar Bouregaâ, font irruption. «Libérez les détenus, libérez Bouregaâ !», scandent des jeunes manifestants, vêtus de t-shirts aux couleurs de l’Algérie, portant la photo de Bouregaâ, avec un seul message : «Libérez le moudjahid Bouregaâ». Jamais les policiers n’ont été aussi présents dans les marches des vendredis qu’hier. Ils tentent de saucissonner les grappes de marcheurs, en vain.

Certains camions sont carrément encerclés par des manifestants qui scandent : «Dawla madaniya machi askariya, dawla madaniya machi boulisiya !» (Etat civil et non pas militaire, Etat civil non pas policier). Imperturbables, les policiers se dressent comme un mur coupant les marcheurs de la place de la Grande-Poste. Mais les manifestants poursuivent leur marche et continuent à entonner leurs slogans aussi variés que nombreux. En plus de réclamer le départ du chef de l’Etat, Abdelkader Bensalah, et du Premier ministre, Noureddine Bedoui, ils crient aussi et à chaque fois : «Gaïd Salah dégage !».

En face de la Fac centrale, un groupe de militantes des droits des femmes portant des portraits de moudjahidate, mais aussi de femmes victimes du terrorisme, appellent elles aussi à un Etat civil et à une Algérie libre et démocratique. Parmi elles, de nombreuses représentantes d’associations, de syndicalistes, de professeurs universitaires, mais aussi de simples citoyennes qui aspirent à vivre dans un Etat de droit, où l’équité entre hommes et femmes est garantie.

A quelques centaines de mètres, place Maurice Audin, des banderoles rappelant le combat des martyrs pour la liberté sont aussi nombreuses que les drapeaux qui flottent sur les épaules des manifestants et sur les balcons. De la rue Hassiba Ben Bouali à la rue Didouche Mourad, une marée humaine converge vers la Grande-Poste, avec pour slogan «Echaab yourid tetnahaw ga3» (Le peuple veut que vous partiez tous).

14h30. Le centre de la capitale est submergé. Retour à la place du 1er Mai, où un immense drapeau avec le nom des 48 wilayas, brandi par des jeunes, entoure la fontaine. Une foule nombreuse s’est encore amassée des deux côtés de la rue.

En ce 20e vendredi, la grande marche pour le changement n’a pas faibli. Rien n’arrête cette quête pour une nouvelle Algérie. Ceux qui ont misé sur un affaiblissement en raison du Ramadhan, puis des grosses chaleurs ont perdu. Depuis l’effondrement du mur de la peur, le 22 février dernier, les Algériens ont décidé de prendre leur destin en main.


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