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Sit-in en faveur de la liberté de réunion : Le caractère pacifique du mouvement dérange le pouvoir

31 août 2019 à 10 h 21 min

Plusieurs dizaines de manifestants ont participé au rassemblement de soutien à l’association Rassemblement Actions Jeunesse (RAJ), qui s’est déroulée sur la place Saïd Mekbel de Béjaïa après l’interdiction de son université d’été qui devait avoir lieu la semaine passée.

Partis politiques, représentants du mouvement associatif, des syndicats et des parlementaires, des auteurs et des citoyens lambda ont tenu à dénoncer cette énième atteinte à la liberté de réunion.

«Par ce comportement, le pouvoir vise toutes les voix qui s’opposent à la politique du régime en place, qui cherche à se maintenir en divisant et en empêchant toutes les initiatives citoyennes», dira d’emblée le président du RAJ, Abdelwahab Fersaoui. «L’université d’été du RAJ est maintenue sous le nom d’‘‘université populaire’’ et elle sera organisée à la place Teixeira Gomes, en face de la place du 1er du Novembre (ex-place Gueydon) jeudi prochain», a annoncé l’orateur. Le président du RAJ estime, en dressant la chronologie des interdictions de conférences et de réunions qui ont eu lieu à dans le pays, notamment à Béjaïa, que «Bgayet est visée parce qu’elle est un bastion des luttes démocratiques. Elle a joué un rôle très important et c’est l’un des fiefs de la démocratie en Algérie en accueillant plusieurs manifestations». Et de constater que «les pratiques du parti unique sont toujours en vigueur et cela dénote que le système ne veut pas partir».

Lui emboîtant le pas, Hakim Adda, secrétaire général du RAJ, a estimé que «casser le mouvement à Béjaïa est important pour le pouvoir qui est vacillant». Pour le n°2 de l’organisation, «c’est une provocation pour nous amener à sortir du caractère pacifique du mouvement populaire».

Intervenant à l’occasion, le vice-président de la Laddh, Saïd Salhi, analyse que «le pouvoir s’attaque à un fief de la résistance en pleine révolution et cela n’est pas fortuit». «Le mouvement est devant un test et le message du pouvoir est clair Ses attaques systématiques contre les libertés sont une guerre annoncée contre la révolution», ajoute-t-il.

Au pied de la stèle en bronze de Saïd Mekbel, la présidente de l’APW par intérim a lu le communiqué de soutien du groupe FFS de l’APW au RAJ. Les élus du parti majoritaire de l’assemblée se sont déplacés au rassemblement, à leur tête le président d’APW. Ainsi, avec la présence des représentants de l’APW sur la place, c’est carrément l’institution élue qui désapprouve le comportement de l’administration. Ceci étant dit, des voix se sont élevées pour suggérer au président de l’APW «d’ouvrir les salles gérées par l’APW au mouvement associatif qui voit ses espaces se rétrécir comme peau de chagrin».

C’est le souhait de nombreux intervenants, tels Kader Sadji du Café littéraire de Béjaïa et le représentant du comité du défunt Hachemi Chérif qui ont interpellé également les présidents d’APC. «Les élus FFS interpellent les autorités de la wilaya de Béjaïa afin de respecter les libertés individuelles et collectives et de cesser toutes les tentatives d’intimidation visant les acteurs associatifs dans le cadre de leurs activités», lit-on dans la communication du parti, qui qualifie cette interdiction de «grave dérapage dans l’histoire de notre wilaya, citadelle des libertés et de la démocratie».

Du côté du RCD, c’est l’élu à l’APW Réda Boudraâ qui a exprimé son soutien et celui de sa formation politique à l’association RAJ dans une intervention percutante : «Est idiot celui qui veut défier son peuple. Il faut le dire, à travers ces manœuvres, le pouvoir est en train de tenter de reprendre la main.» Constatant le retour des interdictions d’organisation de réunions, l’élu y voit une manœuvre sournoise du pouvoir qui teste la solidité du mouvement populaire : «Ils nous testent. C’est pourquoi nous devons nous organiser davantage et trouver d’autres moyens de lutte pacifiques.» D’autres intervenants, comme le Café littéraire de Béjaïa, qui s’est également vu interdire des salles pour organiser ses conférences, a carrément réclamé le départ du wali. Le rassemblement s’est poursuivi dans la soirée de mercredi avec l’intervention de plusieurs militants et parlementaires ainsi que des représentants de la société civile. 


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