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Sit-in des juges et marche des enseignants à Boumerdès : La mobilisation contre le système s’intensifie

14 mars 2019 à 9 h 20 min

La contestation du système fait tache d’huile à Boumerdès. Rien ne semble en effet stopper le vent de la révolte et de changement pacifique qui souffle depuis trois semaines sur le pays. Toutes les corporations et les franges de la société ont désormais joint leur voix «pour une Algérie libre et démocratique».

La journée d’hier a connu une effervescence particulière avec des marches des enseignants et les sit-in des magistrats et des auxiliaires de la justice au chef-lieu de wilaya. Après quelques jours d’«attentisme», les juges, les huissiers de justice les notaires de la région se sont rebellés «contre les violations en cascade des lois de la République et le non-respect de la volonté populaire».

Ils ont observé un sit-in aux côtés des avocats devant la cour de Boumerdès. Munis de banderoles, de drapeaux et d’un mégaphone, les contestataires ont entonné des slogans plaidant pour «l’indépendance de la justice» et «l’instauration d’un Etat de droit». «Nos jugements sont rendus au nom du peuple.

Et nous devons être à ses côtés en toute circonstance. En plus si on avait réellement une justice indépendante, on ne serait pas arriver pas au stade où on en est aujourd’hui. Le Conseil constitutionnel est mis sous tutelle du Président, sinon il n’aurait pas accepté le dossier de candidature de Bouteflika, ni ne l’aurait laissé gouverner dans l’état de santé défaillant actuel», appuie un magistrat. Les contestataires ont scandé plusieurs slogans, rappelant leur attachement aux valeurs de la République et leur rejet des dernières mesures de Bouteflika. «Non à la violation de la Constitution», «la tamdid la tamdid errahil errahil (non à la prolongation, dégagez», «Ni Washington ni Paris, notre pays en a marre de l’ingérence», n’ont-ils pas cessé de crier à tue-tête.

Même les chants patriotiques étaient au rendez-vous. «Watani watani, ghali ethamani, linaiche houra toula el zamani (ma patrie ma patrie est chère, nous vivons libres jusqu’à l’éternité», ont-ils entonné. Les manifestants n’ont pas manqué de dénoncer «le silence complice de notre syndicat et les menaces brandies contre les juges contestataires». «Les magistrats sont pour un syndicat national indépendant. Laidouni dégage», lit-on une banderole brandie par un juge.

Parallèlement à cette action, des centaines d’enseignants et d’employés du secteur de l’éducation ont organisé une marche au centre-ville pour demander «le changement du système». «Cela fait six ans qu’on est gouvernés par un président qu’on ne voit pas. Et ils veulent prolonger le 4e mandat de deux ans. C’est absurde. Ils décident et parlent en son nom et ils nous disent qu’il est en bonne santé. Si tel est le cas, pourquoi il ne s’adresse pas au peuple.

Basta ! On en a marre des mensonges. On veut de nouvelles têtes», s’écrie un syndicaliste du Cnapest. Même les enseignants universitaires sont sortis dans la rue pour dire haut et fort leur opposition à la dernière vente concomitante du pouvoir. Avant de se disperser, les enseignants ont rendu publique une déclaration à travers laquelle ils suggèrent «la création d’une cellule de coordination à même d’unifier la parole de toutes les composantes de la communauté universitaire».

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