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samedi, 08 août, 2020
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La gestion de la crise sanitaire dénoncée par le personnel hospitalier

Sit-in de protestation au CHU de Constantine

20 juillet 2020 à 10 h 06 min

Le manque d’équipements soulevé depuis le début de l’épidémie, s’il a été un tant soit peu comblé, revient tel un leitmotiv en haut de la liste des revendications brandies actuellement par le corps médical et assimilés dans les centres de référence Covid.

La gestion de la crise sanitaire à Constantine est davantage décriée par, notamment, le personnel soignant qui est monté au créneau depuis quelques jours.

Le manque d’équipements soulevé depuis le début de l’épidémie, s’il a été un tant soit peu comblé, revient tel un leitmotiv en haut de la liste des revendications brandies actuellement par le corps médical et assimilés dans les centres de référence Covid.

Hier, ce sont les médecins résidents qui ont tenu un sit-in de protestation au niveau du centre hospitalo-universitaire (CHUC) pour dénoncer «la situation sécuritaire et le manque de moyens au sein des unités Covid».

Rassemblés devant le service Scanner, des dizaines de médecins ont dressé «un constat inquiétant des dépassements récurrents et des agressions verbales et physiques» contre leurs collègues exerçant au niveau des unités Covid du CHU.

Les protestataires ont, en outre, égrené un chapelet de carences, dont le manque d’oxygène au sein des unités Covid, ainsi que le manque de lits de réanimation.

«Nous voulons des solutions face au nombre croissant de malades, du 1er juillet au 17, il y a eu plus de 500 admissions au CHU, alors qu’il n’y a pas de place en réa», ont protesté certains. Et de réclamer des équipements de protection, masques, bavettes et autres tenues médicales, ainsi que le renforcement des capacités d’accueil.

Le collectif qui a scandé «SOS, SOS, les médecins en détresse, les malades en détresse !» ont interpellé le wali ainsi que le DSP afin qu’ils prennent leurs responsabilités. Mais ils ne sont pas les seuls en milieu hospitalier à être exacerbés par la gestion de l’épidémie au niveau local.

Ce ras-le-bol a tendance à se généraliser à toutes les structures sanitaires de la wilaya, mais il est d’autant perceptible au niveau de celles dédiées aux malades Covid.

«Entre le manque d’oxygène, la saturation des capacités d’admission et le peu de moyens de protection, le personnel soignant, au demeurant épuisé, ne peut plus mener sa mission convenablement», reconnaît un résident qui dénonce dans la foulée la hausse des agressions à l’encontre de ses collègues : «Récemment, des consœurs qui assuraient leur garde ont été contraintes à se barricader dans un bureau pour ne pas subir les foudres de quelques accompagnateurs de malades.»

Un ras-le-bol général

Une réalité qui vient d’être confirmée pas plus tard que jeudi dernier. En effet, l’auteur d’une agression ayant provoqué une fracture du nez d’un médecin du CHU a été condamné par la justice à trois années de prison ferme.

Et partant, le collectif avertit qu’il se réserve le droit d’entrer en grève, à la moindre agression dirigée contre les personnels médical et paramédical. Les conditions pénibles de travail ont aussi été décriées par les paramédicaux et les travailleurs du CHUC via une action contestataire organisée, in situ, jeudi dernier.

Au même moment, le staff soignant de l’établissement hospitalier (EH) Didouche Mourad exprimait sa colère devant «l’inaction de l’administration», selon ses dires. «Les médecins des urgences Covid protestent en raison de la non-application de la dernière directive du ministre de la Santé stipulant le renforcement des consultations et unités Covid par une liste de garde commune, où tous les médecins participent à cet effort», explique l’un d’eux.

Et pourtant, lors d’une réunion sur l’évaluation de la crise sanitaire, tenue le 13 juillet, par le chef de l’exécutif, Saci Ahmed Abdelhafidh, et les responsables du secteur de la santé, il a été annoncé plusieurs mesures susceptibles de soulager les effectifs en premières lignes de la lutte anti-coronavirus, en matière d’équipements et de renforcement des structures en lits.

Ainsi, il a été décidé, entre autres, de l’aménagement de l’Institut supérieur de formation paramédicale en centre d’accueil doté de 85 lits, ainsi que d’un budget de 800 millions de centimes, destiné à l’acquisition de réactifs et de produits consommables indispensables au dépistage PT-PCR.

Mais, jusqu’alors, l’institut en question n’est toujours pas opérationnel. Idem pour le centre de chirurgie générale et d’orthopédie Ibn Sina du CHU, censé devenir un service Covid. 



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