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Simprec , Enimpor et ALDP : Imprimeries sous pression

06 février 2019 à 11 h 20 min

Les trois imprimeries appartenant à El Khabar et El Watan souffrent d’un énorme déficit qui s’est installé dans la durée», selon des informations rapportées par le site électronique bourse-dz.com, quelques jours seulement avant le sinistre qui a frappé hier l’imprimerie de Constantine.

Selon la même source, «avec des bilans financiers négatifs, les imprimeries des deux puissants journaux risquent de ne plus pouvoir convaincre les banquier de l’octroi de lignes de crédit dédiées à l’importation du papier».

Les deux quotidiens ont construit, au début des années 2000, trois imprimeries : Simprec à Constantine, Enimpor à Oran et Aldp à Alger pour «s’assurer une indépendance éditoriale».

Ces imprimeries ont été lancées pour permettre aux deux titres de presse de consacrer les énergies à la mission principale qui consiste à produire des contenus diversifiés et de qualité.

Les annonceurs de leur côté bénéficient d’une technologie d’impression capable de reproduire des annonces toujours plus riches en détails créatifs et en couleurs.

Pour les deux éditeurs, il s’agit d’une «planification stratégique», identifiant l’impression comme un segment d’avenir. L’enjeu, en fait, est d’investir le créneau de l’impression pour élargir l’industrie de la presse et consolider leur position sur le marché.

Les deux associés ont été contraints récemment de fermer l’imprimerie de Ouargla pour des raisons économiques.

Ces imprimeries ont mobilisé un investissement de 37,5 milliards de dinars pour chaque associé. Comme client extérieur, elles n’ont que Liberté. Mais depuis pratiquement cinq ans, les volumes des tirages ont drastiquement chuté.

Du coup, les trois imprimeries ont enregistré une chute de 40% sur les chiffres d’affaires respectifs et sont toutes déficitaires. La plus touchée parmi les imprimeries est celle de Constantine, Simprec, qui a cumulé le déficit depuis 2016.

Au cours de cette année, le chiffre d’affaires est tombé de 315 millions de dinars à 255 millions, accusant au passage un déficit de 23 millions de dinars. En 2017, ce déficit est plus significatif avec un résultat négatif de 60 millions de dinars. En 2018, le déficit a atteint un seuil insupportable de 13 milliards de centimes.

La crise du papier se fait sentir au niveau de ces imprimeries d’El Watan et El Khabar et les deux quotidiens seraient  appelés à réduire leur tirage dans les prochains jours pour amortir le déficit des imprimeries.

Ces difficultés surviennent, faut-il le préciser, dans un contexte de crise de la presse écrite plus que jamais confrontée frontalement au défi du numérique. Le premier média reste le digital, c’est une réalité que nous observons au quotidien, surtout pour les jeunes.

La presse écrite est aussi confrontée à la concurrence des autres médias. Les populations exposées quotidiennement aux médias selon les derniers chiffres d’Immar (société spécialisée dans la médiamétrie), sont comme suit : 16,7 millions de téléspectateurs, 16,1 millions d’internautes, 14,1 millions utilisent les médias sociaux, 3,4 millions sont des auditeurs de la radio et 2,6  millions des lecteurs de la presse écrite.

Dans le contexte pré-électoral actuel, une question se pose avec acuité : quel avenir pour la presse algérienne ? Va-t-elle vers une asphyxie progressive ou programmée ? D’autant plus que l’état de santé du président, la corruption, les biens des dirigeants et les mouvements sociaux deviennent des sujets épineux et de plus en plus difficiles à aborder.

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