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Silence gêné au sommet

24 février 2019 à 11 h 25 min

Quelle sera la réponse du pouvoir à la revendication populaire de vendredi dernier ? Les partisans du 5e mandat du président Bouteflika s’entêteront-ils à maintenir leur option et défier la vague, grossissante, de la contestation ?

Au lendemain de la mobilisation historique contre la candidature du chef de l’Etat et pour le changement, les tenants du pouvoir observent toujours le silence. Assommés visiblement par l’ampleur du mouvement, ils n’ont toujours pas repris conscience.

Ni le gouvernement, ni la Présidence et encore moins le directeur de campagne du chef de l’Etat n’ont réagi, jusqu’à hier après-midi, aux demandes des Algériens.

Seuls deux partis de l’alliance présidentielle se sont exprimés sur la question. Ils réagissent maladroitement. Le premier est le FLN, locomotive des soutiens du Président sortant. En déplacement hier à Oran, le coordinateur de l’instance dirigeante de cette formation, Mouad Bouchareb, donnait l’impression de ne rien comprendre aux revendications des manifestants.

Dans son discours devant ses militants, le responsable du FLN n’envisage pas le retrait de la candidature du président Bouteflika.

Il s’en prend même à l’opposition qui réclame cette option. «Je dis à ceux qui veulent le changement, faites de beaux rêves !» déclare-t-il. Une manière pour lui de défier les milliers de manifestants qui ont exprimé clairement le vœu d’un changement démocratique dans le pays. Mouad Bouchareb a réitéré à nouveau la «menace de désordre» qui réduirait, selon lui, «à néant le rêve du changement».

«La Constitution algérienne garantit la liberté d’expression pour tous les Algériens qui ont le droit d’exprimer leurs revendications, leurs opinions et mêmes leur mécontentement avec les méthodes pacifiques. Mais vous avez tous vu ce qui s’est passé dans des pays que vous connaissez.

Il a fallu que des adeptes de la fitna infiltrent le mouvement pour que ces pays sombrent dans la violence et le désordre», affirmait-il, comme pour dire qu’il ne sert à rien de recourir à la rue.

Ce faisant, il tente de réduire la mobilisation à une simple «histoire de réformes» qui, selon lui, seront engagées par le président Bouteflika. «Bouteflika veillera sur les réformes en cours. C’est d’ailleurs le but de la conférence nationale annoncée par le président. Celle-ci sera basée sur les revendications de la population», dit-il.

Très prudent, le président du parti TAJ, Amar Ghoul, a salué «le caractère pacifique des manifestations qu’ont connues, hier, plusieurs régions du pays». Il rend aussi hommage aux services de sécurité «pour leur professionnalisme lors de ces événements caractérisés par le calme et la perspicacité des médias qui ont su prendre en charge la marche loin de toute provocation ou exacerbation».

Le président de TAJ ne s’est pas gêné aussi de faire référence «aux fléaux de la violence et des agendas extérieurs» qui pourraient profiter de la ferveur des jeunes. «Il est impératif d’ouvrir les portes d’un dialogue responsable, sérieux et fructueux avec toutes les parties et de traiter les questions et préoccupations soulevées avec sagesse et raison pour l’intérêt du pays», déclare-t-il.

Ces deux responsables des partis au pouvoir expriment-ils les grandes orientations du régime ?


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