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mardi, 13 novembre, 2018
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Sétif : Le nouveau visage de Aïn fouara dévoilé

05 août 2018 à 0 h 17 min

A l’aide d’un marteau et d’un burin, un barbu portant un kamis détériore, le lundi 19 décembre 2017, le visage et la poitrine du monument emblématique de la capitale des Hauts-Plateaux sétifiens.

L’acte du forcené ébranle non seulement l’antique Sitifis, mais l’Algérie toute entière qui condamne le forfait. Le fanatique, qui s’est avéré être un aliéné mental, a été placé par le magistrat instructeur près le tribunal de Sétif dans un hôpital psychiatrique. Cet acte a mobilisé les pouvoirs publics et les forces vives de la République, lesquels décident de restaurer la vieille dame de 120 ans, qui retrouve ainsi une seconde jeunesse.

Confiée à des experts algériens ayant travaillé sept mois durant sous l’autorité de Abdelkader Bensalah, un archéologue-restaurateur, la délicate opération a été une réussite. Ainsi, le juvénile visage de la célèbre statue du sculpteur français Francis de Saint-Vidal (qui l’a sculptée en 1898), victime une première fois d’un acte terroriste perpétré le mardi 22 avril 1997, puis d’un deuxième le 31 mars 2006, a été dévoilé, hier, à un public aux anges.

Ayant drainé une grande foule et un contingent de journalistes, la cérémonie a été présidée par le ministre de la Culture, Azzedine Mihoubi, et le wali de Sétif, Nacer Maskri, qui a suivi de près la restauration, dont le coût, qui avait fait l’objet de surenchères et de spéculations malsaines, n’a pas dépassé les 3 millions de dinars.

«Réalisée par des compétences algériennes qui n’ont rien exigé, l’opération, qui n’a pas été une simple sinécure, a connu différentes étapes. Après le diagnostic, on a procédé au nettoyage, la restauration, la consolidation du socle et l’ensemble du squelette. Le coût de l’opération n’a pas dépassé les 3 millions de dinars. Le montant représente la facture de la matière première, sans plus. Comme annoncé précédemment à El Watan, la statue est désormais plus belle», nous confie, non sans fierté, Abdelkader Bensalah, qui s’est déplacé de Cherchell, où il exerce depuis plus de 32 ans.

Interrogé par El Watan sur la polémique lancée par des députés islamistes qui l’ont interpellé pour la «séquestration» de la mythique statue, le ministre répond sans ambages : «La République ne plie pas. Faisant partie intégrante du patrimoine national, Aïn Fouara, qui retrouve son rayonnement, restera là où elle est.» La question de la protection du site est abordée par le wali : «En plus des caméras de surveillance, un dispositif sécuritaire est mis en place. Pour sa préservation, il est désormais interdit de s’approcher de la statue.» Apostrophés par El Watan, de nombreux Sétifiens présents sur les lieux ne cachent pas leur bonheur : «En restaurant Aïn Fouara, la République prend, une fois de plus, le dessus sur l’obscurantisme.

Nous sommes heureux de revoir la majestueuse statue, radieuse et belle. Nous tenons à rendre hommage aux experts qui ont relevé le défi. N’en déplaise à ses détracteurs, sa nudité ne dérange personne.» L’unique bémol de la cérémonie est l’absence des architectes de l’université Sétif I (Ferhat Mekki Abbas) qui n’ont pas été associés à la fête. Dire que les chercheurs du Laboratoire d’architecture méditerranéenne (LAM) de l’université précitée ont grandement contribué dans la restauration de la statue.

Rencontré non loin du cortège officiel, le professeur Hamza Zeghlache, directeur du LAM, a bien voulu nous parler de la protection des biens culturels à travers la numérisation préventive. «Cette technique présente un double avantage pour les monuments et biens culturels, car elle permet non seulement d’obtenir une documentation dotée de métadonnées, voire une empreinte numérique préventive de l’objet en vue de sa conservation, mais aussi une action nécessaire pour une future restauration.

Pour illustrer l’utilité de cette technique, le cas de la fontaine de Aïn Fouara est l’exemple concret. Celle-ci a fait l’objet d’une expertise numérique accompagnée d’une restitution numérique 3D de l’état d’origine en vue de sa restauration. Il faut savoir qu’une opération de numérisation préventive a été effectuée par notre équipe de recherche en mars 2017.

C’est grâce à cette empreinte originale que l’opération de restitution de la fontaine de Aïn Fouara a été possible. Il convient de préciser que nos équipes ont effectué une restauration numérique de l’objet avant et après détérioration par nuage de points laser et de texture 3D, à partir du relevé scanner laser. Ils ont par la suite procédé à un traitement de données par une expertise des altérations structurelles et esthétiques de la statue de la fontaine, accompagnée d’une analyse de l’objet en question», précise notre interlocuteur n’ayant, dit-il, fait que son devoir.

 

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