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Afin de trouver des solutions aux difficultés rencontrées lors de l’écoulement de ce produit, de petites unités de transformation seront installées dans la région.

Sefiane, le nouveau label

22 juin 2015 à 10 h 00 min

Célèbre pour ses abricots, la région sud-ouest de Batna s’apprête à confirmer sa réputation grâce à une hausse impressionnante de la production de l’abricot. Elle a atteint cette année les 500 000 quintaux, dépassant ainsi celle de l’année dernière qui n’était que de 480 000 quintaux. La cueillette concerne une superficie estimée à 4500 ha. Il faut retenir que la moyenne de production est parfois de 184 quintaux à l’hectare.

Les représentants des producteurs ont assisté, la semaine dernière, à une rencontre organisée par la Chambre d’agriculture de Batna, pour trouver des solutions inhérentes aux difficultés qu’ils rencontrent lors de l’écoulement de leur produit. A cet effet, l’érection de plusieurs petites unités de transformation a suscité une lueur d’espoir. Le représentant de la région de N’gaous, Ahmed Megaâche, a témoigné de la grande avancée grâce à cet apport : «Avant, on jetait ce que nous ne pouvions pas commercialiser.

Aujourd’hui, avec ces petites unités de transformation, nous arrivons à écouler toute la production.» Ces unités, créées par des jeunes grâce à l’apport de l’Ansej, facilitent le stockage puisque l’abricot sera dénoyauté, les noyaux seront destinés au secteur des cosmétiques, pour être ensuite mis dans des fûts. Cette méthode permet une meilleure conservation. Quant aux prix, ils sont nettement plus bas que l’année dernière, puisque le kilo est cédé entre 30 et 60 DA au consommateur.

La magie du goutte-à-goutte

La région de Sefiane (80 km au sud-ouest du chef-lieu de wilaya), qui a désormais supplanté N’gaous dans la production de ce fruit, a presque tout récolté, sachant que sa variété est plutôt destinée à la transformation (jus et confiture) qu’à la consommation. La variété la plus prisée par le consommateur est celle appelée le rosé : ce fruit bien charnu, tacheté de points roses est riche en sucre. Une qualité plutôt tardive est produite surtout sur les hauteurs (Maâfa, Aïn Touta, T’kout et la région d’Arris).

N’gaous, pour rappel, a perdu son aura et il ne lui reste que la réputation. D’abord, les vergers ont été décimés par une maladie durant les années 1980, ensuite le béton y est pour beaucoup. Des maisons ont été construites dans des vergers et d’ailleurs il n’en reste presque plus. A quelques kilomètres de là, Sefiane, une commune connue pour ses oliveraies, s’est mise aux plantations d’abricotiers et elle a fini par avoir la vedette.

Les producteurs, satisfaits par la pluviométrie de cette année, étaient unanimes à louer l’irrigation au goutte-à-goutte. «Nous nous rendons compte aujourd’hui à quel point nous gaspillions l’eau et l’énergie !» s’exclame le représentant de N’gaous. «Avec cette méthode, je n’ai même pas besoin de main-d’œuvre pour arroser mes vergers», ajoute-t-il. Seulement, un producteur de T’kout dit : «Nous avons besoin d’aide pour l’installation de ce mécanisme.»

A cet effet, le directeur de la Chambre d’agriculture invite les cultivateurs à se rapprocher de la direction des services agricoles (DSA) ou de la Chambre d’agriculture qui pourraient intercéder en leur faveur pour qu’ils bénéficient de la subvention, estimée, a-t-il précisé, à 50% de sa valeur. Encore mieux, une subvention allant jusqu’à 60% est octroyée lorsqu’il s’agit d’un forage collectif.

L’apprentissage de l’exportation

L’autre point important soulevé est celui de l’exportation. Les producteurs n’arrivent pas à répondre aux exigences des étrangers qui sont intéressés par le produit mais qui ne peuvent être pour le moment satisfaits. Ces derniers expriment des besoins relatifs au calibre du fruit (le même calibre et parfois la différence dans le poids de l’unité du fruit ne doit pas excéder les 10 g !). Pour y répondre, les producteurs doivent passer à un autre niveau de la qualité du conditionnement en introduisant la mécanisation, sachant que, pour le moment, ils se suffisent des méthodes traditionnelles.

A ce titre, les mêmes producteurs rencontrent des difficultés à dénicher la main-d’œuvre qui devient de plus en plus rare et davantage exigeante, d’autant plus que la cueillette coïncide avec le mois de Ramadhan. Néanmoins, à leur bonheur, la wilaya de Batna a signé, il n’y a pas longtemps, une convention avec l’Indonésie. Une délégation présidée par le wali y a séjourné et est arrivée à arracher des contrats.

Ce pays qui compte 300 millions d’habitants est prêt à acheter, sans pour autant poser les mêmes conditions que les Français, tant le fruit que les jus. Quant aux produits phytosanitaires que les producteurs trouvent chers, le directeur de la Chambre d’agriculture n’y va pas par quatre chemins : «Sacrifiez la production d’un arbre de votre verger pour protéger le reste. Considérez que le revenu d’un seul arbre peut amortir le prix de revient de ce remède !»

 

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