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Saïd Salhi. Vice-président de la Ligue algérienne pour la défense des droits de l’homme : De la rupture au changement par la transition démocratique

07 juin 2019 à 10 h 05 min

Nous travaillons dans le collectif de la société civile pour une transition démocratique et pacifique qui s’est créé dès le début du mouvement, et qui regroupe la majorité des organisations nationales (des droits humains, des femmes, des jeunes, de l’immigration, des disparus, des syndicats autonomes, beaucoup de nouveaux collectifs qui se sont créé dans le hirak et des individualités personnes ressources) qui étaient déjà en conflit avec le système avant même le 22 février.

Nous avons porté au débat une proposition pour une transition démocratique apaisée et inclusive, qui souhaite une refondation démocratique et sociale à même de remettre le pays définitivement sur les rails pour en finir avec la crise et l’instabilité.

Il faudra une transition qui permettra de fonder un nouveau ordre constitutionnel fort et légitime, un nouveau édifice institutionnel authentique qui permettra à la société de s’auto-réguler et de vivre une nouvelle République qui doit permettre aux citoyen-ne-s de vivre ensemble en paix et sans discrimination ou exclusion dans leur diversité culturelle, religieuse, idéologique, linguistique…

Une République des libertés, de l’égalité citoyenne, sans distinction de race, de couleur, de sexe, de langue, de religion, conformément aux standards universels des droits humains et ancrés dans notre histoire et nos traditions. C’est cette Algérie dont rêvaient nos valeureux martyrs de la Révolution et de la démocratie.

Pour aller à la transition consensuelle, ou à la solution politique, il est vital que le pouvoir réel, représenté par le général Gaïd Salah, affiche sa bonne volonté d’aller à un dialogue sincère et sérieux. Le système, à sa tête l’armée qui refuse de dialoguer directement, peut créer rapidement une instance de médiation qui pourra l’engager et ouvrir de larges consultations avec la société civile et politique, les représentants du hirak, en vue d’aller vers une transition.

Ces consultations système-peuple peuvent déboucher sur une sorte d’assises nationale du consensus qui décidera, en dehors de la Constitution, de la transition, de ses institutions (instance présidentielle, gouvernement de compétences, instance indépendante d’organisation des élections), des personnalités qui seront désignées et qui vont la conduire, de l’agenda et de sa durée.

La transition peut bien être encadrée par des dispositifs moraux et légaux. Mais avant tout retour aux élections, il est impératif de revoir toutes les lois liberticides, (élections, partis, associations, médias…) notamment la Loi fondamentale qui est viciée et rédhibitoire. Aller à un nouvel ordre constitutionnel par le biais d’un processus constituant est vital.

La Constitution ne devra pas être une affaire de majorité qui va écraser ou étouffer les minorités, mais bien un dispositif de médiation qui doit garantir le vivre-ensemble, la protection de tous les membres de la communauté nationale, dans sa contradiction et sa diversité. Elle doit assurer la plénitude citoyenne et l’égalité à tou-te-s les Algérien-ne-s sans discrimination ou exclusion aucune.

C’est ça l’esprit de la démocratie. Au final, il faudra permettre au peuple d’exercer sa volonté à travers des élections libres, transparentes et qui doivent garantir l’authenticité démocratique.

Cette conférence va encadrer la transition à travers un texte consensuel qui aura une force morale qui donnera la légitimité aux institutions de transition que tout le monde est tenu de respecter. Il faudra aller vers un nouveau pacte national, la jeunesse de 2019 a aussi le droit d’écrire son histoire, de pacter et d’acter sa révolution qui est comme celle de 1954, unique au monde.

C’est ce pacte qui dessinera les contours de la nouvelle République, qui engagera l’ensemble des acteurs qui doivent lui prêter serment. Il aura une force morale qui devra transcender le moment et les conjonctures.


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