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Saïd Sadi lors de son passage au forum du quotidien Liberté : «Si la mobilisation faiblit, le clan au pouvoir aura gagné»

14 mars 2019 à 9 h 40 min

Lettre surréaliste !» et «des propositions qui figurent dans les annales des souffles burlesques des régimes autocratiques en fin de vie». L’ancien président du RCD, Saïd Sadi, n’est pas allé d’une main morte pour dénoncer le contenu de la dernière lettre du président Bouteflika. «En une lettre surréaliste, le chef de l’Etat nous a ramenés à la case des républiques bananières.

C’est là le sentiment que m’a inspiré la déclaration du chef de l’Etat après l’avoir relue à trois reprises et qui figurera, à n’en pas douter, dans les annales des souffles burlesques des régimes autocratiques en fin de vie», affirme-t-il lors de son passage, hier, au forum du quotidien Liberté. Ce faisant, l’orateur brocarde les décisions annoncées dans la lettre rendue publique, lundi dernier.

«Annulation d’un scrutin, dont normalement seul le Conseil constitutionnel peut décider ; prolongation anticonstitutionnelle d’un mandat présidentiel, dont la durée est laissée à la discrétion de celui dont le peuple exige le départ ; nomination d’un ministre de l’Intérieur, acteur patenté des fraudes et auteur prolifique des lois scélérates, comme chef du gouvernement devant initier le renouveau, le tout agrémenté de l’invraisemblable information qui assure qu’il n’a jamais été question de 5e mandat», explique-t-il.

En faisant référence à ses mesures illégales, le fondateur du RCD se dit à la fois surpris et impressionné par l’ampleur de la mobilisation populaire. «En trois week-ends, notre jeunesse a réhabilité l’honneur, le crédit et le statut du pays dégradés par plus d’un demi-siècle de tyrannie», déclare-t-il, affirmant qu’il ne s’est pas attendu à une «telle insurrection populaire». «Personne ne voyait l’arrivée de cette extraordinaire mobilisation avec cette qualité.

J’ai prévu l’éruption d’une explosion, mais j’avoue ne pas avoir anticipé que la jeunesse algérienne, qui a été livrée à un enseignement dégradant et des médias aliénants, pouvait connaître cette mutation psychologique, culturelle et sociale et administrer une leçon civique», explique-t-il. Mais, dit-il, rien n’est encore gagné.

«Le régime a de la ressource»

Pour Saïd Sadi, «au challenge de l’humiliation nationale, le régime a de la ressource». C’est pourquoi la vigilance doit être de mise et la mobilisation ne doit pas faiblir. «Si la volonté populaire faiblit, le clan au pouvoir aura gagné et le chaos par lequel il a menacé, en vain, le citoyen, mais qu’il parvient encore à vendre à certains partenaires, adviendra inéluctablement et ce sera terrible pour l’Algérie et la région nord-africaine», avertit-il, avant d’ajouter : «Bouteflika, pour des raisons subjectives et objectives, ne partira pas sans un rapport de force qui le contraint à l’abdication.» Ce faisant, il appelle à transformer cette «insurrection citoyenne en une révolution démocratique».

Il recommande ainsi «l’invention de nouvelles institutions, en abandonnant celles héritées du sous-développement». Selon lui, le peuple doit se doter d’instruments d’organisation. «Ce n’est ni à Bouteflika ni à l’armée de gérer cette transition. Il est plus pertinent pour le pays que le peuple se dote d’instruments d’organisation. Oui pour la IIe République, mais il faut mettre du contenu», lance-t-il.

«Encadrement ne veut pas dire embrigadement»

Saïd Sadi ne trouve ainsi aucun inconvénient à la mise en place d’un encadrement de ce mouvement populaire. «Les étudiants commencent à s’organiser. Il faudra aussi qu’il y ait des comités de quartier. Des personnalités connues et reconnues par les citoyens peuvent guider cette insurrection.

Mais, l’encadrement ne devrait pas être synonyme d’embrigadement», précise-t-il. Appelant les leaders de l’opposition à taire leurs ambitions personnelles en ce moment, l’orateur explique que la priorité est de «faire partir le système».

Dans la foulée, il invite aussi à éviter l’amalgame entretenu selon lequel «l’opposition et le pouvoir sont pareils». «Il suffit d’entendre certains affidés, de jeter un œil sur certains sites ou de suivre les plateaux de télévisions parapubliques pour confirmer les visées des slogans qui fuitent des officines.

Faute de pouvoir sauver le système, ces agents et relais s’emploient à disqualifier toute la classe politique en amalgamant pouvoir et opposition (…). ‘‘Il n’y a pas d’opposition ni d’opposants’’ ou ‘‘les politiques se valent tous’’, vieille antienne du DRS, réchauffée et agrémentée pour les besoins de la cause», dénonce-t-il.

Risques islamiste et DRS : les deux existent

Interrogé sur l’existence de risque de voir le mouvement récupérer par les islamistes, comme ce fut le cas en 1988, Saïd Sadi estime que «c’est une possibilité hémiplégique». «Le risque islamiste et les tentatives de récupération de la police politique (DRS) existent. Le retrait des islamistes peut avoir une dimension tactique.

Mais jusqu’à présent je n’ai pas entendu de slogans islamistes», souligne-t-il. L’invité du forum de Liberté nie, au passage, toute volonté de briguer un mandat électif. «Je n’ai aucune ambition partisane ou exécutive. L’ancienne génération doit s’effacer. Même la mienne doit savoir se rendre utile sans avoir de prétention à l’exercice du pouvoir.

Notre rôle est d’aider, quand cela est possible et nécessaire, à passer le gué, mais non à postuler à des responsabilités organique ou exécutive», indique-t-il.

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