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Saïd Sadi à Tizi Ouzou : «Les insurrections d’avril 80 et de 2019 n’étaient pas imprévisibles»

19 avril 2019 à 10 h 15 min

Lors d’une conférence animée, hier, à l’auditorium du campus de Hasnaoua et dans le cadre des rencontres «Les débats de l’UMMTO» qu’organisent les enseignants, étudiants et personnel ATS de l’université Mouloud Mammeri de Tizi Ouzou, l’ancien président du RCD et détenu du MCB, Saïd Sadi, a estimé que la graine d’avril 80 a fait éclore les nouvelles formes de luttes qui animent les revendications historiques d’aujourd’hui.

«On peut, je crois, assimiler l’exaspération soulevée par l’interdiction de la conférence de Mouloud Mammeri à l’humiliation provoquée par l’annonce d’un 5e mandat destiné à introniser un cadre», a expliqué le conférencier, qui ajoute que «ce sont deux outrages qui étaient à la fois des signes de l’arrogance d’un système qui se croit tout permis et des catalyseurs d’une colère accumulée pendant des années.

Mais, au-delà des événements déclenchants, les origines profondes de ces deux séquences, celle d’avril 80 comme celle de février 2019, symétriques à maints égards, soulèvent des interrogations bien plus importantes», a analysé l’orateur qui voit que le problème qui handicape le pays depuis toujours est l’inadéquation entre l’Etat et la société. Pour le Dr Sadi, «on peut affirmer que si les insurrections d’avril 80 et celle de 2019 étaient inattendues, elle n’étaient pas imprévisibles.

Dans les deux situations, le soulèvement est dû à l’incapacité des pouvoirs publics d’entendre et de prendre en charge la question de la citoyenneté», a-t-il souligné précisant qu’en 1980, «on nous disait que la mort du parti unique signifiait la fin de la stabilité et de la cohésion nationale.

Les mêmes sources expliquent maintenant que rien ne peut se faire sans l’armée», a-t-il insisté tout en affirmant, en outre, que «la désorganisation interne du régime est dévoilée. L’armée est incompétente pour gérer une transition démocratique.

Gaïd Salah n’a pas de vision ni d’analyse sérieuse sur la situation», a-t-il clamé dans une salle archicomble et devant une assistance composée essentiellement d’étudiants et d’enseignants universitaires. Selon l’ancien leader du RCD, la phase de transition doit être prise comme séquence historiques où tout sera abordé dans les débats car, a-t-il soutenu, le défi que pose l’insurrection de 2019 est la fondation d’un nouvel Etat et de poser les fondements d’une 2e République. «On ne doit pas faire de concessions pour éviter de revenir à 1991, année où l’Algérie a failli sortir de l’histoire», a-t-il prévenu.

Le conférencier estime aussi qu’il est nécessaire que les normes universelles de la démocratie soient sérieusement posées pour libérer l’Algérie de la militarisation politique. «Le mouvement doit rester mobilisé jusqu’à la fin de la transition», a-t-il insisté tout en préconisant la création d’une présidence collégiale et la mise en place d’une commission indépendante d’organisation des élections.

D’autre part, tout en dénonçant la répression dont on fait l’objet des manifestants, vendredi et samedi, à Alger, l’invité des débats de l’UMMTO a déclaré : «Il ne faut pas répondre à la violence, il faut la dénoncer.» «Les futures autorités algériennes devront pouvoir exercer leur mandat sur des bases solides et clairement édictées en amont des processus électoraux», a-t-il souligné.

Par ailleurs, notons que les initiateurs des rencontres «Le débats de l’UMMTO» accueilleront, dimanche, dans le même cadre, Mohand Oumar Oussalem, Ramdane Achab et Salah Outahar, pour parler de «L’avenir de tamazight en Algérie».


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