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Retour sur la visite du chef du Pentagone, Mark Esper, à Alger : Sahel, antiterrorisme et un parfum de «guerre froide»

03 octobre 2020 à 11 h 14 min

C’est la première fois depuis 14 ans qu’un chef du Pentagone effectue une visite officielle en Algérie, la dernière en date étant celle de Donald Rumsfeld en 2006.

Le chef du Pentagone, Mark Esper, a effectué, avant-hier, une visite à Alger dans le cadre d’une tournée maghrébine de trois jours qu’il a entamée mercredi dernier à partir de Tunis.

Il convient de souligner que c’est la première visite d’un ministre américain de la Défense en Algérie depuis près de 15 ans, la dernière en date étant celle de Donald Rumsfeld, en 2006. Et c’est la première sortie sur le continent africain du responsable américain depuis sa nomination.

M. Esper a été reçu par le président Abdelmadjid Tebboune, qui occupe, par ailleurs, faut-il le rappeler, le poste de ministre de la Défense et chef des Forces armées.

Ont assisté également à cette entrevue le chef d’état-major de l’ANP, le général de corps d’armée Saïd Chengriha, le général-major Mohamed Bouzit, directeur général de la Documentation et de la sécurité extérieure (DDSE) au ministère de la Défense, ainsi que Noureddine Bardad Daidj, directeur de cabinet à la Présidence.

Au cours de cette audience, il a été question des «relations bilatérales et les perspectives de leur renforcement dans plusieurs domaines» a précisé la présidence de la République sur sa page officielle sur Facebook.

«Les deux parties se sont penchées également sur la situation en Libye et au Sahel» et sont tombées d’accord sur «la nécessité de poursuivre la concertation et la coordination en vue de consolider la paix et la sécurité dans la région, dans le cadre du respect de l’unité et de la souveraineté de ses Etats» poursuit la même source.

De son côté, le secrétaire d’Etat américain à la Défense a fait une déclaration à la presse à l’issue de ses entretiens dans laquelle il a souligné que «les discussions ont été très fructueuses». Les deux parties ont insisté sur l’importance de «l’amélioration de la coopération militaire entre l’armée américaine et les forces armées algériennes», a assuré le haut responsable américain.

Mark Thomas Esper a fait savoir que cette coopération s’articulera, notamment, autour de «la lutte contre le terrorisme, l’échange d’expertises et la formation militaire». L’hôte de M. Tebboune a indiqué, par ailleurs, que durant cette audience, il a beaucoup été question de sécurité régionale. «Nous avons abordé la situation en Libye pour voir comment la sortir de cette crise à travers une solution politique.

Il en va de même pour le Mali et le Sahel», a-t-il affirmé. Dans un communiqué rendu public par l’ambassade des Etats-Unis en Algérie à l’issue de cette visite, il est précisé que Mark Esper a «formulé son soutien à l’élargissement des relations militaires et a souligné le leadership constant de l’Algérie en matière de sécurité régionale».

«Le ministre Esper et le président Tebboune ont discuté de la question sécuritaire en Afrique du Nord et au Sahel ainsi que des moyens pouvant faire progresser le partenariat militaire et diplomatique stratégique entre les deux pays», ajoute le communiqué.

Il convient de souligner qu’une semaine seulement avant la venue du chef du Pentagone, un autre haut responsable américain, en l’occurrence le général d’armée Stephen Townsend, chef de l’Africom (commandement des Etats-Unis pour l’Afrique), avait fait un saut à Alger. Il a été reçu le 23 septembre par le président Tebboune.

Notons, en outre, que le directeur du Service fédéral pour la coopération militaire et technique de la Fédération de Russie, Dimitrii Chougaev, était récemment de passage aux Tagarins. Il a été reçu le 29 septembre par le chef d’état-major de l’ANP, Saïd Chengriha. Il est important de signaler que la Russie demeure un partenaire historique de l’Algérie dans le domaine militaire.

«Le partenaire de défense préféré de l’Algérie est la Russie, à qui elle achète 85% de son armement», note le Waghington Post dans un article consacré à la virée algéroise de Mark Esper. Décryptant les motivations de cette visite, le journal américain écrit : «Les responsables du Pentagone disent voir une ouverture pour élargir les liens de défense des Etats-Unis avec l’Algérie et, espèrent-ils, contrer l’influence croissante de la Russie à travers l’Afrique.»

Le journal poursuit : «Bien qu’elle soit une puissance militaire régionale significative, l’Algérie n’achète pratiquement aucun équipement militaire américain, rejetant les conditions américaines sur les exportations d’armement. Les seules troupes américaines du pays sont stationnées à l’ambassade. Le pays n’invite pas les forces américaines à mener de grandes missions de formation comme le font d’autres Etats de la région.»

Cet activisme US en Afrique doit donc être lu et analysé à l’aune de la compétition féroce qui oppose les Etats-Unis, la Russie et la Chine, et le souci de contrer l’influence sino-russe sur le continent.

Lors d’une allocution prononcée mercredi dernier au cimetière nord-américain de Carthage, M. Esper a déclaré : «Aujourd’hui, nos concurrents stratégiques que sont la Chine et la Russie continuent d’intimider et de contraindre leurs voisins tout en étendant leur influence autoritaire dans le monde entier, y compris sur ce continent.

Parallèlement, des extrémistes violents continuent de poser une menace non seulement pour la stabilité régionale, mais aussi pour notre pays. Le partenariat durable des Etats-Unis avec des pays partageant la même vision – y compris ici en Afrique du Nord – est essentiel pour relever ces défis.»


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